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Ecole de Dégustation de vins
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Château Angelus et La Fleur de Boüard Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

 

Château La Fleur de Boüard et Château Angelus

Présentés par Corinne et  Hubert de Boüard

le jeudi 24 septembre 2009 

Le Château La Fleur de Boüard - anciennement La Fleur Saint Georges - est la propriété personnelle de Hubert de Boüard depuis le milieu des années 1990. Il y travaille en famille et c'est principalement son fils qui la gère désormais, assisté d'une équipe technique.

En appellation Lalande de Pomerol - 1150 ha de vignes au nord de Pomerol - les vignes de ce château sont situées sur deux plateaux :

•●      Celui de Néac, terroir plutôt froid avec des sols argilo-sableux en surface et des petites graves en profondeur, avec un peu plus de 11 ha.

•●      Celui de Lalande Pomerol, sur une coupe graveleuse - galets roulés - sur un peu d'argile, avec près de 9 ha.

Comme partout dans cette appellation, le merlot domine l'encépagement et le cabernet sauvignon, plus adapté aux sols de graves, remplace progressivement le cabernet franc à la propriété. Les sols ont été remis en culture, avec enherbement si besoin, le palissage a été relevé et un drainage réalisé.

Compte tenu de la diversité de ces deux terroirs, Hubert de Boüard a décidé de créer en 2000 un autre vin, Le Plus de la Fleur de Boüard, sur une partie des 9 ha en sélectionnant les vignes les plus âgées et en les vinifiant et élevant différemment.

La vaste appellation de Saint-Emilion comporte environ 5500 ha répartis sur des zones géologiquement différentes. Parmi les plus qualitatives le plateau calcaire, sur lequel repose le village, et les côtes argilo-calcaires entourant le plateau sommital. Différents classements existent dont : Saint-Emilion Grand Cru,  Saint-Emilion Grand Cru Classé,  Saint-Emilion Premier Grand Cru Classé (A et B).

Dans la famille d'Hubert de Boüard depuis 1782, le Château Angelus est géré conjointement par Hubert de Boüard et, depuis 1987, également par son cousin Jean-Bernard Grenié.

Le vignoble se situe dans un cirque sur la côte et le pied de côte sud de Saint-Emilion. Il s'étend sur 32 ha mais seuls 25 ha constituent le premier grand cru classé (il a été classé premier grand cru B en 1996 suite à la révision décennale usuelle).

Les raisins des 7 ha restant peuvent composer le deuxième vin ou intégrer le Château Mazerat, autre vin de la famille. Les merlots - environ 50% - sont situés sur la côte, plus argileuse alors que les cabernets francs - environ 47%  - de  se trouvent en pied de côte, sur un sol sablo-argilo-calcaire bien drainé.
Les cabernets francs sont plutôt âgés, notamment une parcelle de 10 ha, et proviennent de sélections massales. Ils sont souvent récoltés en légère surmaturité, ce qui n'est pas le cas des merlots.

Les vignes - 30 ans en moyenne - sont partiellement enherbées, la densité de plantation est de 6500 à 7500 pieds/ha et le rendement moyen se situe aux environs de 35 hl/ha.

La dégustation :

Celle-ci a débuté par les deux vins de la propriété de Lalande de Pomerol.
Il a été jugé plus instructif de goûter les vins par paire, en commençant par la Fleur de Boüard suivi du Plus de  la Fleur de Boüard afin mieux percevoir les différences - et les convergences - entre ces deux produits.

La Fleur de Boüard

Caractéristiques générales : Généralement, de 80 à 90% de merlot, le reste en cabernet franc et, depuis peu, également en cabernet sauvignon, avec un élevage de 15 à 18 mois dans 70% à 80% de barriques neuves.

2005

Pour cette bouteille, un premier nez boisé, avec des fruits rouges, qui a évolué vers des arômes de café, de moka, puis de menthe. En bouche, de la tension, de la structure, pas de surmaturité et une rétro-olfaction graphitée avec des touches de cèdre.

Le Plus de La Fleur de Boüard

Caractéristiques générales : Dans cette cuvée au rendement de 20 h/ha, 100% de merlot,  une vinification de baies entières en cuves très larges (3m X 1,3m) en bois ou inox pour moins extraire, avec quelques pigeages et remontages en phase fermentaire ; des élevages longs de 34 mois en barriques neuves, dont 15 mois sur lies, pas de soutirage, ni de collage ou de filtration. Il est produit environ 3500 bouteilles de ce vin.

2005

Une toute petite réduction passagère puis des notes lactiques, crémeuses. Au nez, l'élevage luxueux a besoin de se fondre. La bouche a présenté une belle sapidité - plus d'acidité que sur le vin précédent -, des notes minérales et salines avec un fruité assez frais qu'on n'imaginait pas trouver dans ce millésime de soleil. Le vin s'est considérablement affiné par rapport à celui goûté en primeur.

La Fleur de Boüard Lalande de Pomerol 2002

Boisé discret au nez, quelques notes florales (violette), mais, globalement, un nez plutôt simple. En bouche, la matière est plus souple - millésime oblige - sans être diluée ; en finale des tanins un peu pointus cependant.

Le Plus de La Fleur de Boüard Lalande de Pomerol 2002

Cette bouteille a été moins marquée par le millésime. L'élevage est bien intégré et le nez présente des épices, des notes de torréfaction évoluant vers le moka. En bouche, sapidité, élégance, matière déliée avec notes de cacao et menthe en rétro-olfaction.

La Fleur de Boüard Lalande de Pomerol 2001

En libournais, 2001 fut un beau millésime, souvent éclipsé par le précédent. Le vin commence à évoluer sur des notes de sous-bois, de café vert avec une bouche souple, fraîche mais manquant peut-être de densité. Les deux bouteilles présentées se sont dégustées différemment.

Le Plus de La Fleur de Boüard Lalande de Pomerol 2001

Plus de précision, de charme, de matière et de tension pour cette bouteille aux arômes fins et nets dont la finale commence à « truffer ». De l'élégance pour cette cuvée à la construction sophistiquée, laquelle est encore perceptible.

Le deuxième vin d'Angélus a servi d'entrée en matière pour la dégustation du premier Grand Cru Classé (B) Château Angelus.

Carillon de l'Angélus 2006

En règle générale, Carillon - second vin d'Angélus - comporte plus de merlot - environ 70 %  - que le grand vin. Il est vinifié à plus basse température et élevé seulement pendant 12 à 13 mois dans des barriques neuves à 30 ou 40%.

En 2006, un nez aux fruits frais, avec une touche de melon et d'amande - assez paradoxal pour un vin rouge - mais pas beaucoup de définition à ce jour. Une bouche tendue, manquant d'un peu de gras, avec une matière en retrait. Ce vin a sans doute besoin d'un peu de temps.

Angélus

Les vins sont vinifiés en cuve inox, bois ou béton, la cuvaison dure de 3 à 5 semaines et la mise en barriques est effectuée immédiatement après l'écoulage pour un déclenchement rapide de la fermentation malolactique. Angélus est élevé pendant 22 ou 23 mois en barrique neuves dont 4 à 6 mois sur lies. 80 000 à 90 000 bouteilles sont produites chaque année.

2006 40% de cabernet franc et 60% de merlot, assemblage classique selon Hubert de Boüard.

Au nez, des fruits noirs, un boisé élégant, des notes de pain grillé évoluant vers du moka. La bouche est précise, tendue, sapide, élégante avec de la fève de cacao et des tanins enrobés. Une belle réussite dans un millésime de maturité tardive. Se goûte beaucoup mieux que le second vin.

2005

45% de cabernet franc ici, peut-être pour redonner de la fraîcheur à un vin issu d'un millésime solaire. Un nez plus « compoté », au boisé intégré avec des touches pauillacaises (cèdre, boîte à cigare). La puissance du millésime se retrouve en bouche avec des tanins gras et enrobés. La finale est assez terrienne avec des notes d'humus. Belle longueur et gros potentiel.

2004

40% de cabernet franc.
Un nez assez « aérien » et minéral avec des notes de mines de crayon. Une bouche  pleine, élégante, avec une sensation de kirsch et une légère présence d'alcool. Les tanins sont moins veloutés qu'en 2005 mais la finale s'affine et possède une belle allonge. Se goûte beaucoup mieux qu'en primeur.

2003

56% de cabernet franc, sans doute pour compenser la chaleur des merlots.
Un nez sudiste - figue séchée, fruits à l'eau de vie - mais manquant un peu d'élégance. En bouche, de la puissance certes, mais également de l'amertume, des tanins très serrés. Globalement le vin semble refermé sur lui-même et manque aujourd'hui de délié.

.2001

40% de cabernet franc, pour ce millésime classique
Quelques arômes d'évolution au nez - fleur fanée, truffe -  apparaissent derrière des épices et des touches de fumée. Gustativement, de la fraîcheur, peu d'extraction, des tanins « aboutis » en milieu de bouche, et des notes légèrement animales sans lourdeur, bref une belle finesse. Seule une petite angulosité en finale indique que le vin n'est pas encore à son apogée.

Lors de cette belle dégustation, Hubert de Boüard a fait preuve de beaucoup de franchise et a fourni des explications précises et claires aux questions posées. Son activité parallèle de consultant dans une vingtaine de domaines - il est œnologue de formation - lui permet sans doute de prendre du recul, d'enrichir ses connaissances et donc de faire bénéficier ses domaines de l'expérience acquise ailleurs.

C-R : Yaïr Tabor

 
 
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