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Cru Barréjats

présenté par Mireille DARET 

 

 

le lundi 11 janvier 2010

 

Entre Climens et Caillou, sur le plateau du Haut-Barsac, le Cru Barréjats repose sur un terroir argilo-calcaire de 5 hectares de très vieilles vignes, certaines ayant plus de 80 ans, d'autres postérieures à la seconde guerre mondiale, ainsi que d'1 hectare de jeunes vignes.

Le domaine a été créé par Mireille Daret et Philippe Andurand, tous deux médecins et natifs de la région.

De 1 ha en 1990 - les vignes du grand-père de Mireille - le domaine est progressivement passé à sa taille actuelle.

Les sols du Cru Barréjats sont situés sur des parcelles échelonnées entre 13 et 18 mètres d'altitude, avec un mélange de sables d'alluvions et de limons issus de l'altération du calcaire à astéries. A noter l'absence de véritables argiles et la présence d'oxyde de fer.

Le calcaire sous-jacent donne de l'acidité et permet un bon drainage naturel des sols à faible pente, orientés au nord / nord-ouest. Ceux-ci travaillés à la charrue et en surface depuis le début, sans produits désherbants et le domaine est en lutte raisonnée.

L'encépagement comporte 85% de sémillon, 10% de sauvignon - avec du sauvignon gris sur les nouvelles parcelles - et 5% de muscadelle ; les raisins sont taillés à côt[1]. Comme souvent en Sauternais, les rendement moyens sont très bas, de l'ordre de 10 h/ ha, voire inférieurs selon les millésimes.

Un pressoir vertical hydraulique permet d'extraire tous les sucres et arômes des grains de raisin confits de Botrytis, sans triturage et en pressées très lente. S'ensuit un léger débourbage au froid, puis des fermentations en barriques 100% neuves issues de plusieurs tonneliers dans un chai à température contrôlée. L'arrêt des fermentations s'effectue au froid,  ce qui permet de limiter les doses de soufre. L'élevage long - entre 12 et 36 mois -, un minimum de SO2 et des conditions d'hygiène stricte lors des soutirages permettent d'obtenir un vin exempt de levures et de bactéries viables avant la mise en bouteille. Une seule filtration très lâche est réalisée lors de l'embouteillage pour garder le fruit.

L'équilibre usuel du vin est de 13,5 à 14° d'alcool acquis et de 110 à 115 g de sucre résiduel, sans aucune chaptalisation ou autre procédé d'enrichissement.

Les vins sont exportés à 90%.

Cru Barréjats fait partie de l'association SAPROS créée au printemps 2001 par 13 vigneronnes et vignerons ayant la même éthique des vins liquoreux et souhaitant la faire partager. Les membres de SAPROS se refusent de recourir aux procédés artificiels de concentration et d'enrichissement des vins. 

 

La dégustation :

Le deuxième vin - Les Accabailles - ainsi que les cuvées exceptionnelles, l'Insoumis entre autres, n'ont pas été goûtés lors de cette soirée. Les vins les plus anciens ont été dégustés en premier de façon à apprécier notament l'évolution du domaine au fil des ans. 

 

Cru Barréjats 1990 (moins d'un ha à l'époque et élevage court d'un peu plus d'an seulement pour cette première vendange)

La bouteille dégustée n'était pas parfaite - problème de bouchon - avec une sensation de boisé manquant de pureté. Derrière ce désagrément, on a pu percevoir des notes d'oranges confites, de rhum, de vanille.

En bouche, de la délicatesse et de l'équilibre, avec, certes, du botrytis mais également une acidité perceptible - bien qu'analytiquement fable - laquelle a bien affiné le vin. 

 

Cru Barréjats 1991 (près de deux ans d'élevage et deux hectares en production pour ce vin dont les raisins ont été vendangés entre la fin septembre et la fin novembre)

Beaucoup de pureté aromatique pour cette bouteille d'un millésime difficile en bordelais (gel) : bel équilibre entre acidité et alcool, ainsi qu'une salinité délicate. La sucrosité semble moins présente que dans le millésime précédent avec des notes rafraîchissantes : ananas, agrumes, fruits blancs. 

 

Cru Barréjats 1995 (près de trois ans d'élevage en barriques neuves et moins de trois ha en production avec des raisins récoltés assez rapidement entre la fin septembre et la mi octobre)

Nez complexe où apparaît un botrytis « plein » avec de l'abricot confit, et une trace d'élevage encore légèrement perceptible. En bouche, élégance, puissance et pureté pour ce vin dont la finale évoque les agrumes (écorce d'orange). A noter également une grande persistance aromatique. 

 

Cru Barréjats 1996 (32 mois d'élevage et vendanges pendant tout le mois d'octobre)

Au nez, des phénomènes de réduction en premier lieu avec des notes truffées un peu entêtantes, puis une oxydation progressive avec perception d'une pointe d'acidité volatile. Beaucoup de fraîcheur en bouche combinée à un alcool présent et à une moindre sucrosité que dans les millésimes précédents. Des notes de rhum, de malt, de fruits à l'alcool ont signé ce vin puissant et long. 

 

Cru Barréjats 1997 (millésime de botrytis et de passerillage avec une acidité plutôt basse)

Cette cuvée classique a présenté une robe assez évoluée, presque plus que celle des vins plus anciens dégustés précédemment.

Au nez, une certaine finesse faite de touches de calisson (amande), de fleurs et de quelques senteurs plus lourdes (mélasse) et également de fumée. La bouche a montré un profil plus large, puissant avec du gras, du confit, et de la liqueur sans lourdeur 

 

Cru Barréjats 1997 l'Andalouse (certaines barriques ont repris leur fermentation, ou ne l'ont pas arrêté à temps, et la mise en bouteille - noire et épaulée -  fut faite en 2003 avec 17° d'alcool et 70 g de sucre résiduel)

Très clairement un vin oxydatif se rapprochant des Amontillado, des Jerez - d'où son nom - avec, au nez, des notes de mie de pain, de noix verte. En bouche, beaucoup de salinité, des notes de curry, de safran, dans un ensemble très énergique, porté par une acidité volatile « dynamisante ».

 

Cru Barréjats 1998 (millésime difficile ayant nécessité 4 tries de raisins assez passerillés)

Nez fin sur de la dragée, des fruits exotiques qui évolue vers des agrumes. La bouche se présente fraîche, plutôt tendue, avec une puissance retenue, voire un léger creux en milieu, et c'est le premier vin de la soirée où l'amertume est perceptible. 

Cru Barréjats 1999 (année tardive, vendanges du 1er au 19 octobre, acidité importante avec une botrytisation assez lente et 30 mois d'élevage)

Une oxydation ménagée accompagne le développement aromatique ce vin : pointe de noix, légères notes viandées, humus ...bref de l'élégance terrienne.

La tension acide, la salinité, des touches de citronnelle précisent le contour du vin dont la finale s'adoucit grâce au confit apporté par le botrytis. Bel exercice de style ! 

 

Cru Barréjats 2000 (millésime difficile avec des pluies pendant les vendanges faites en 4 tries du 26 septembre au 17 novembre. Rendement très faible de 9 h/ha et élevage court de 12 mois)

De l'élégance au nez avec des notes de rhum, de fruits à l'alcool, de zestes. La bouche est moins complexe que celle du 1999 mais présente de la tension et du fruit. Une petite pointe d'amertume en finale, ici aussi, pour ce vin qui peut déjà se consommer. 

 

Cru Barréjats 2001 (vendanges rapides du 8 au 24 octobre en 3 tries quasi consécutives, très bel état sanitaire. Acidité des moûts plutôt basse)

Le vin a eu besoin de quelques minutes pour sortir de sa réserve. Alors sont apparues des arômes de nougatine, d'ananas dans un contexte encore boisé. En bouche, un vin « intériorisé » avec un botrytis pur et complexe ainsi que quelques notes de pâtes d'amande. Indéniablement un gros potentiel qu'il va falloir attendre encore quelques années ... 

 

Cru Barréjats 2002 (vendanges étalées du 19 septembre au 31 octobre, 4 tries et botrytisation par vagues. Acidité plutôt élevée et sélection importante lors de l'assemblage en déclassant certains lots en Accabaille, élevage de 3 ans)

Le boisé vanillé encore présent n'a pas masqué des senteurs fines d'agrumes et de citronnelle. Bel équilibre de bouche avec beaucoup de fraîcheur et d'allonge pour ce vin réussi pour ce millésime difficile. 

 

Cru Barréjats 2004 (vendanges très étalées du 22 septembre au 4 novembre avec plusieurs tries rendues nécessaires à cause d'une botrytisation lente. Acidité assez élevée)

Nez encore grillé, voire brulé, avec de la mie de pain, le fruité arrivant derrière. Une légère dissociation en bouche indique que le vin n'est pas encore prêt, mais des notes d'ananas, de poire, de poivre blanc apparaissent progressivement. Fraîcheur et salinité caractérisent aujourd'hui ce vin. 

 

Cru Barréjats 2003 (vendanges relativement précoces et équilibre alcool/sucre différent : assez peu d'alcool et beaucoup de sucre résiduel (177 g))

Nez complexe, mentholé, fumé, tourbé avec des fruits exotiques (mangue). Une bouche grasse mais saline, intégrant le fumé perçu au nez, précède la perception du confit. L'ensemble est puissant sans lourdeur avec une sensation de peaux de fruits et la finale épicée, poivrée laisse entrevoir un grand potentiel.

Il est rare de pouvoir goûter une quasi verticale du cru Barréjats, compte tenu des faibles volumes produits. Merci à Mireille Daret de nous avoir permis de le faire !

 

C-R : Yaïr Tabor



[1] Le gobelet sauternais  est constitué par un tronc et deux bras divergents dans un plan vertical, chacun portant un courson

 
 
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