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Domaine Montevetrano (Campanie) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

 Domaine Montevetrano

(Campanie)

avec Silvia Imparato

 

 

Grains Nobles le jeudi 18 mars 2010

 

Silvia Imparato, photographe de métier, a eu l'occasion de goûter de nombreux vins à travers le monde et, illustratrice de nombreux ouvrages sur la vigne et le vin, elle a décidé de franchir le pas au début des années 1980, suite à plusieurs rencontres décisives. Avec l'aide de quelques amis passionnés de grands vins elle a créé le domaine Montevetrano, son souhait initial étant de faire un vin de l'amitié sans arrière pensée commerciale.

La propriété familiale, située à 6 km de Salerne dans le maquis méditerranéen, à 50 km au sud de Naples, près de la côte amalfitaine, a appartenu aux Bourbons pour finir par être achetée en 1940 par le grand-père de Silvia.  Sur les 27 ha, seuls 5,5 ha sont actuellement dédiés au vin, le reste étant dévolu à la polyculture, vergers et arbres fruitiers notamment.  Les sols sont assez diversifiés, volcaniques - proximité du Vésuve -, argileux et calcaires et les vignes sont protégées des vents froids du nord par la chaîne des Apennins. Leurs expositions et altitudes sont diverses.

Le vin est constitué de 60% de cabernet sauvignon, 30% de merlot et seulement 10% d'aglianico, cépage local qui possède plusieurs déclinaisons au sud de l'Italie (en Campanie, en Basilicate ...). Tous ces cépages ont tous été greffés sur des pieds de barbera, piedirosso et troia, cépages rouges autochtones constituant à la base le petit vignoble.

L'œnologue Ricardo Cottarella, ami de Silvia, célèbre pour la cuvée Montiano du domaine Falesco - 100% merlot - est en charge de la vinification ; il est à l'origine de cet encépagement d'inspiration internationale, même si la part du merlot tend à diminuer sous l'impulsion de Silvia.

 

Le premier millésime produit fut 1991 et, très rapidement, le vin a été « parkerisé », sa production évoluant de 700 bouteilles le premier millésime à 30 000 depuis quelques années. Le travail des vignes a changé au fil du temps pour passer de vignes hautes et larges à des densités plus importantes et une taille plus basse. Les vendanges se déroulent de la mi-septembre à la mi-octobre - selon les années - et les raisins sont systématiquement égrappés. Après une vinification séparée, les raisins sont assemblés pour être élevés de 10 à 12 mois en barriques bourguignonnes neuves ou d'un an.

 

 

La dégustation :

 

Les millésimes ont été « remontés » du plus ancien au plus récent afin de percevoir l'évolution du style des vins du domaine.

 

Montevetrano 1995 : année compliquée, pluvieuse et froide

Nez sanguin, sur la tomate, la terre, le végétal, avec des notes de cèdre et encore un soupçon de bois. On retrouve en bouche les notes sanguines du nez, avec de la fraîcheur, de la fumée et une pointe de truffe. Le vin ne semble pas issu d'une matière imposante mais il est élégant et tendu.

 

Montevetrano 1997 : année chaude

Un nez puissant, sur les alcools supérieurs, avec - peut-être - de l'acidité volatile. Le type « merlot » prédomine avec de l'alcool, du poivre, une forme de violence, des tanins présents. L'ensemble s'affine à l'air pour évoluer vers des arômes de mine de crayon, de réglisse.

 

Montevetrano 1999 : année chaude avec stress hydrique

Un peu de réduction au nez laquelle a rapidement disparu pour offrir des arômes de plantes de montagne, de liqueur. En bouche, une forme de sévérité, de la sève, une acidité étonnante et une finale avec de l'amertume typée  « merlot » ici aussi ; les tanins ont peut-être manqué d'un peu de maturité.

 

Montevetrano 2001 : année équilibrée

Nez élégant sur la truffe, la boite à cigare, le cèdre. Bouche stricte, bordelaise plutôt typée Pauillac, avec des sensations métalliques et graphitées, le tout dans un ensemble gras et ferme à la fois. Un vin tendu et pur, avec une belle amertume.

 

Montevetrano 2002 : année difficile, une demi-récolte

Nez, fumé, mentholé, rappelant un peu celui du 1995. Bouche sur la terre, le goudron avec une pointe de sécheresse mais de l'élégance. Seule la finale présente des tanins anguleux et une amertume qui doit se fondre.

 

Montevetrano 2003 :

Nez fin au boisé intégré avec  des épices et une sensation de rondeur. La bouche présente des caractéristiques un peu similaires au nez avec de la suavité, de la sapidité, des tanins intégrés, de l'élégance. Le vin est encore très jeune et possède un gros potentiel. Rétro olfaction sur du cacao.

 

Montevetrano 2004 : année régulière

Après une courte phase de réduction le nez a présenté des arômes mentholés, des notes de garrigue dans un style méditerranéen. En bouche, de la suavité, presque de la sucrosité - maturité ou effet du bois pas encore fondu -, des tanins légèrement granuleux. En finale, de la fève de cacao et un élevage - de qualité -  encore un peu perceptible.

 

Montevetrano 2005 : millésime moins réussi qu'en France avec des pluies et des températures inégales ne convenant pas toujours à la vigne

De la minéralité, des touches de graphite et un élevage plus fin et « travaillé » ont caractérisé le nez de cette bouteille. Tension, caractère salin, austérité relative, profondeur, sensation d'être sur un sol très calcaire - le sol n'a pourtant pas changé entre deux millésimes ! - telles sont certaines sensations ressenties en bouche ...

 

Montevetrano 2006 : année assez difficile, austère

L'élevage marque encore le vin avec des notes de café, mais ne masque pas le fruité, cassis, fruits noirs.

En bouche, un style rappelant le 2004 avec de la suavité mais plus de fermeté : tanins mentholés et gras, un beau jus, beaucoup de précision dans une forme « civilisée » mais n'occultant pas le type du vin. Belle rétro olfaction serrée et sapide.

 

Montevetrano 2007 : année régulière et équilibrée

Beaucoup de jeunesse qui s'exprime par un fruité simple mais frais, des tanins bien présents mais manquant de gras à ce jour. Indéniablement, un vieillissement s'impose pour que la complexité apparaisse ...

 

 

Il est rare de pouvoir effectuer une verticale de ce vin « culte » et rare. Silvia Imparato - avec le concours de Jean-Emmanuel Simond - nous a permis de le faire ; nous avons pu ainsi apprécier l'évolution des vins vers une finesse et une complexité de plus en plus marquées, depuis la fin des années 1990  jusqu'aux millésimes les plus récents.

 

C-R : Yaïr Tabor

 
 
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