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Ecole de Dégustation de vins
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Domaine de la Mordorée (Châteauneuf-du Pape, Lirac et Tavel) PDF Drucken E-Mail

Domaine de la Mordorée
Châteauneuf-du-Pape, Lirac et Tavel

Dégustation commentée par Christophe Delorme

 

 

Ecole Grains Nobles le 7 juin 2004

 

C’est un jeune domaine puisque créé seulement en 1986 par Christophe Delorme et son père. Ceux-ci se sont lancés dans la viticulture et le monde du vin suite à un héritage leur apportant quelques vignes du côté de Tavel. Leur manque de connaissances techniques au début de cette aventure a été compensé par une aide familiale et une forte volonté de découverte et d’apprentissage. Ils ont ensuite fait l’acquisition de vignes du côté de Lirac et puis en 1989, d’une très belle parcelle de 2,5 ha (vieilles vignes de 45 ans mini.) située à la Crau en appellation Châteauneuf-du-Pape. D’autres acquisitions ont eu leu au cours des dix dernières années pour constituer un domaine faisant actuellement 50 ha, se répartissant comme suit : 25 ha en appellation Lirac ; 15 ha en appellation Côtes du Rhône ; 10 ha en appellation Tavel ; 4,5 ha en appellation Châteauneuf-du-Pape ; quelques parcelles en vin de Pays et une nouvelle parcelle sur un coteau à Condrieu.

Le terroir de Châteauneuf-du-Pape est constitué des fameux galets roulés sur une base sableuse et un sous-sol d’argiles. Celui de Lirac est très proche du précédent avec une inversion des couches de sables et d’argiles, le rendant plus sensible à la chaleur. Enfin, celui de Tavel se divise en trois parties distinctes, une comprenant des galets roulés sur argiles, une seconde sur des loess calcaires et une troisième à dominante sablonneuse.

Un grand nombre de cépages sont utilisés, plus de 15, avec le souci de conserver ou de réintroduire des cépages classiques de la Vallée du Rhône. Le premier objectif de Christophe Delorme est de produire les plus beaux raisins possibles pour ensuite appliquer les techniques de vinification les plus simples. Pour cela, les méthodes culturales adoptées sont proches de l’agriculture Biologique et de la Biodynamie, qui a été mise en œuvre directement pendant 8 ans. On cherche ici à rentrer dans un processus d’agriculture durable. Cela implique un enherbement total du vignoble, une replantation d’arbustes pour recréer un écosystème efficace dans les vignes et des traitements ad minima avec des produits biodégradables (sans cuivre). Les rendements obtenus sont faibles, compris entre 20 et 30 hl/ha.

Tous les raisins sont vinifiés à la cave de Tavel sur la base d’un tri à la vendange, d’un égrappage total, de l’absence de levurage et d’acidification. De plus, que ce soit pour les vins rouge, rosé ou blanc, les différents cépages sont vinifiés ensemble et non pas séparément puis assemblés. L’élevage est adapté en fonction des cépages, de l’appellation et du millésime, c’est-à-dire en fonction de la matière initiale du vin et le % de bois neuf ne dépasse jamais 20%.

Les particularités de chaque millésime sont les suivantes : en 2003, pour lutter contre la chaleur exceptionnelle de l’été, un arrosage manuel, pied par pied, a été pratiqué sur pratiquement tout le vignoble. Les raisins grillés ont été éliminés et ceux restants ont été vendangés aussi tard que d’habitude pour donner selon Christophe Delorme, des vins à la maturité extraordinaire. En 2002, l’épisode des fortes pluies et des inondations a compromis une partie de la vendange. Néanmoins, l’enherbement a permis un meilleur drainage et a retardé le développement du botrytis. Le domaine a ainsi vendangé 10 jours après les pluies. Millésime de concentration moyenne. Le millésime 2001 est le plus équilibré des trois et constitue un des grands millésimes du domaine.

Le nom du domaine et celui de ses premières cuvées, la « Reine des bois », font référence au gibier, et plus particulièrement à la bécasse.

Dégustation :

1. Lirac blanc Reine des bois 2003 (9 cépages : grenache blanc, marsanne, roussane, viognier, clairette, picpoul …) : d’une robe plutôt légère, il se révèle d’une grande maturité et d’une grande richesse au nez comme en bouche. Le bouquet complexe comprend des fruits jaunes, des fruits exotiques, des plantes aromatiques comme l’anis et des notes de noisettes. La bouche est très aromatique, plutôt ronde avec du corps et de l’alcool. Très peu d’acidité perceptible mais un bon équilibre et une bonne longueur pour un vin chaleureux et très plaisant.

2. Lirac blanc Reine des bois 2002 (seulement trois cépages cette année : grenache, viognier, roussane) : robe légère, nez offrant de légères notes fruitées et balsamiques, plutôt fermé mais fin. L’attaque est plus fine et fraîche que sur le millésime précédent. De corpulence moyenne, la bouche présente une belle maturité où l’on retrouve des fruits jaunes et des notes florales. Bonne longueur. A attendre pour une expression optimale.

3. Lirac blanc Reine des bois 2001 : Robe toujours très légèrement dorée, nez offrant de la finesse et de la fraîcheur sur quelques notes fruitées. Bouche nettement supérieure aux deux millésimes précédents, qui combine finesse, fraîcheur, du volume, une matière assez profonde et mûre dans un très bel équilibre. Très bonne longueur sur la fraîcheur malgré les 14,5°. Vin possédant manifestement de la réserve, que l’on peut rapprocher des meilleurs Châteauneuf-du-Pape blancs.

4. Tavel Dame Rousse 2003 (à majorité de grenache noir, cinsault, syrah, mourvèdre … tous les raisins sont vinifiés ensemble. Après macération pelliculaire, est pratiquée une fermentation lente et à basse température) : Robe rosée intense. Nez riche de fruits rouges mûrs (groseille, framboise, fraise des bois) et de bonne finesse. La bouche surprend par sa matière élevée et très mûre, son côté sphérique. On retrouve les notes de fruits rouges presque confiturés dont l’intensité est révélée par une note de gaz rafraîchissant l’ensemble. On a affaire à un vin solaire, présentant un véritable caractère tannique et se terminant sur une jolie amertume.

5. Tavel Dame Rousse 2002 : Robe intensément colorée. Après un nez plutôt discret délivrant quelques notes de fruits rouges, la bouche est elle aussi assez fermée en l’état. On retrouve néanmoins beaucoup de richesse équilibrée par une acidité plus perceptible que sur le 2003. La matière est fine et ne laisse pas transparaître les 14° d’alcool de ce rosé, qui présente une assez bonne longueur malgré les difficultés du millésime.

6. Tavel Dame Rousse 2001 : Robe proche de celle des deux autres millésimes, aucune trace d’évolution. Nez offrant par rapport aux précédents un supplément de finesse dans l’expression aromatique. Cela annonce en fait une bouche d’une matière très fine, dense et complexe, présentant nettement plus de puissance et de caractère que les deux autres millésimes. Une acidité pas encore fondue contre balance des tannins serrés et une jolie amertume en finale. La longueur est excellente et se compare à celle des Lirac qui suivent. On a affaire à un grand vin rosé, un vin de table.

7. Lirac rouge Reine des Bois 2002 (En général 1/3 Syrah, 1/3 Mourvèdre, 1/3 Grenache sauf en 2002 où les mourvèdres n’ont peu être récoltés; élevage 12 mois) : robe profonde rouge cerise. Nez complexe de fruits noirs très mûrs, d’olive noire, de poivre, de garrigue et d’autres épices. La bouche est elle aussi très fruitée, mûre, douce, avec un bon volume. Elle présente une finesse moyenne et une longueur correcte. En résumé, C’est un vin plutôt voluptueux et orienté vers un plaisir immédiat.

8. Lirac rouge Reine des Bois 2001 : Robe très profonde et brillante tirant sur le pourpre. Un nez complexe et fin présentant des arômes poivrés mélangés aux fruits noirs (mûre, prune) confiturés, de la fraîcheur aussi. Comme pour les autres appellations, ce millésime a donné au vin une puissance et une profondeur supplémentaires. Après une attaque fruitée intense, apparaît une structure forte aux tannins très fins et serrés, sans sécheresse. La longue finale garde de la fraîcheur pour équilibrer les 14.5° du vin. Un excellent vin encore jeune, avec beaucoup de réserve et hors norme par rapport aux autres vins de l’appellation.

9. Lirac rouge Reine des Bois 2000 : Robe profonde rouge cerise sans trace d’évolution. Nez peux expressif dénotant un vin en phase de fermeture. La bouche est marquée par une matière puissante, riche et grasse où le fruité apparaît progressivement. L’alcool ressort en finale pour donner un vin très solaire et voluptueux. Jolie bouteille.

10. Châteauneuf du Pape Reine des Bois 2002 (En moyenne 80% Grenache, 10% Mourvèdre, 5% Syrah) : Robe pourpre sombre. Nez fermé laissant apparaître quelques notes de fruits noirs. La bouche débute par un fruité généreux. Elle présente un volume supérieur au Lirac, les tannins sont puissants et gras. L’effet du millésime se ressent au niveau de la longueur inférieure à celle des millésimes suivants. Un joli vin.

11. Châteauneuf du Pape Reine des Bois 2001 : Robe très sombre et brillante. Nez fin et complexe (épices, poivre, fruits noirs confiturés, chocolat) bien qu’il semble encore sur la réserve. On monte ensuite de deux crans par rapport au vin précédent. La bouche présente une très grosse matière, très fruitée, très mure, et en même temps très structurée et serrée. Ce vin est profond et présente une excellente longueur, pas dominée par l’alcool (15,3°). Un Grand vin jeune avec beaucoup de réserve.

12. Châteauneuf du Pape Reine des Bois 2000 : Robe pourpre sombre. Un nez très riche, un fruité généreux se mélange aux épices et à des notes caramélisées et chocolatées. La bouche apparaît sphérique, puissante, très riche, veloutée et même grasse. Un vin très solaire, savoureux et voluptueux.

13. Châteauneuf du Pape Reine des Bois 1999 : Robe pourpre sombre. Nez moins expressif que pour le millésime précédent. Bouche présentant une matière légèrement inférieure à celle des millésimes qui l’entourent mais qui trouve un bel équilibre entre la puissance, la fraîcheur et la finesse des tannins. Le côté serré des tannins dénote une belle réserve ainsi que la très bonne longueur.

14. Châteauneuf du Pape Reine des Bois 1998 : Robe sombre présentant quelques traces orangées d’évolution. Nez très complexe entre les fruits, des notes de café, de chocolat, de camphre, de sous-bois et quelques notes animales. La bouche est d’emblée très fruitée, concentrée et savoureuse. Les tannins commencent à se fondre mais restent encore très serrés pour offrir beaucoup de profondeur. Excellente longueur sans déséquilibre alcoolique. Un grand vin qui commence à s’exprimer, le plus beau de la soirée.

L’ensemble des vins dégustés dénote la recherche d’une grande maturité, d’une expression très juste des terroirs et des millésimes.

Stéphane Arbault

 
 
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