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Ecole de Dégustation de vins
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Château Pontet-Canet (Pauillac) et Cognac Tesseron Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
 

Château Pontet-Canet (Pauillac),

Maison Tesseron (Cognac)

avec Alfred TESSERON

 

 

Grains Nobles, jeudi 16 septembre 2010

 

Le Château Pontet-Canet, 5ème Grand Cru Classé, 120 ha dont 81 de vignes, appartient depuis 1975 à la famille Tesseron originaire du Cognac. Celle-ci l'a racheté à la famille Cruse qui a géré la propriété pendant 110 ans.

Le domaine est situé au nord de l'appellation Pauillac et il jouxte les Châteaux Mouton Rothschild et d'Armailhac sur leur partie sud. Le sol est principalement composé de graves günziennes du quaternaire reposant sur un socle argilo-calcaire et le cabernet sauvignon domine l'encépagement (62%) avec 32% de merlot, 4% de cabernet franc et 2% de merlot. Les vignes sont plantées à plus de 9000 pieds/ha.

Après avoir arrêté le désherbage chimique en 2002, le domaine a entamé une démarche biodynamique en 2004 sous l'impulsion de Jean-Michel Comme, régisseur faisant office de directeur technique. Ce dernier, de formation scientifique (ENITA[1] et œnologue), propriétaire avec son épouse d'un petit domaine familial à Sainte-Foy-Bordeaux - Le Champ des Treilles - , cultive ses vignes en biodynamie depuis 2000, ce qui lui permet faire des expériences à petite échelle.

Cependant, le difficile millésime 2007, avec une très forte pression de mildiou, a partiellement remis en cause la démarche : Alfred Tesseron a eu trop peur de perdre une part importante de la récolte, crainte qu'il regrette aujourd'hui. La certification a donc du repartir à zéro à partir de 2008.
Parallèlement à la démarche biodynamique, le respect des sols est favorisé, en évitant le plus possible les tassements dus aux multiples passages dans les vignes pour le labour ou la pulvérisation des préparations biodynamiques. Le cheval s'est donc imposé et les ateliers du château ont fabriqué des bâtis métalliques ressemblant beaucoup à la partie arrière d'un tracteur et qui peuvent être entrainés sans problème par un cheval, tout en offrant de bonnes conditions de travail. Aujourd'hui, trois chevaux travaillent 24 ha. A terme, avec le renfort d'autres chevaux (il en faudra 10), ce sera la totalité du vignoble qui sera travaillé ainsi, que ce soit pour les labours ou pour les traitements.

Depuis 1999 - année où Michel Rolland a conseillé le domaine - un système de ramassage par petites cagettes a été mis en place afin d'éviter tout tassement ou écrasement. Les raisins sont doublement triés, avant et après l'égrappage.

Au niveau de la vinification, uniquement des levures indigènes, des remontages très courts, pas d'intrants sauf le SO2. Les fermentations alcooliques durent trois semaines sans dispositif de régulation électronique des températures mais avec une surveillance humaine des cuves permanente. L'élevage fait appel à 60% de bois neuf environ et les barriques proviennent de plusieurs tonneliers.

Trois vins sont produits au domaine : le grand vin, un second vin issu des jeunes vignes (environ 10 ans d'âge) « Les Hauts de Pontet » et un Pauillac générique commercialisé comme tel.

 

 

La dégustation :

 

Château pontet-Canet :

 

Afin de mieux apprécier le changement de style des vins depuis une vingtaine d'années, les millésimes les plus anciens ont été goûtés en premier.

 

1990 :

Une bouteille qui commence à évoluer, peu marquée par la surmaturité du millésime, dotée d'une belle fraîcheur et d'une forme d'élégance, malgré un boisé manquant légèrement de noblesse. Ce vin est assez représentatif de son appellation avec des notes de tabac, de cèdre, une petite pointe végétale et une rétro-olfaction sur des pruneaux

 

1994 :

Une assez belle réussite pour un millésime réputé austère et tannique.

Les arômes de moka, de cacao perçus de prime abord ont évolué dans un registre plus fin, floral (violette) avec une touche de cendre. En bouche, de la tension, du menthol, de la fraîcheur et des épices sans traces de tanins trop présents ou asséchants comme souvent dans cette année.

 

2000 :

Un boisé très - trop ? - marqué au nez avec  des arômes fumés et grillés.  De la puissance, des tanins intégrés, de la rondeur, voire une pointe de surmaturité en bouche, peut-être au détriment de la complexité. Mais le vin est encore très jeune et l'âge l'affinera certainement ...

 

2001 :

Changement de millésime et changement de style : intégration du bois, notes fumées très fines, pointe de goudron, soupçon de tomate séchée. En bouche, plus d'acidité qu'en 2000, moins de « démonstration », de la finesse, du réglisse, du Zan et de la longueur ... Belle bouteille !

 

2002 :

Une réussite pour un millésime compliqué. Certes le nez est un peu végétal - touches de poivron - mais le boisé est discret et fin, la matière souple, fraîche, avec une sensation acidulée. C'est un vin de repas où les tanins un peu accrocheurs et la petite pointe d'amertume passeront inaperçus.

 

2003 :

Les millésimes se suivent et ne se ressemblent pas : une année chaude succède à une année tempérée.

Comme souvent en 2003, le vin présente un caractère plus « sudiste » avec des fruits noirs, une acidité en retrait, une sensation de liqueur, voire de sucrosité et des tanins un peu secs.. C'est un vin chaleureux et gourmand à défaut d'être vraiment fin.

 

2004 :

Beau succès pour ce vin qui commence à se goûter ...

Nez élégant, floral et mentholé avec une sensation de liberté !

Bouche fraîche, vineuse sans lourdeur, tendue, avec un côté encore « primeur » et beaucoup de sapidité. En rétro, on retrouve le cèdre et la boite à cigares. Encore un millésime décrié à sa naissance qui évolue bien ...

 

2005 :

De nouveau un millésime de soleil mais plus équilibré que le 2003.

Des notes fumées, du cèdre, des touches crémeuses - ou lactiques -  ont marqué le nez de cette bouteille après une courte phase de réduction. En bouche, de la structure, des tanins présents mais gras, de la tension et une forme d'austérité indiquent que ce vin - encore un peu démonstratif - est loin d'être en place et nécessite un long vieillissement.

 

Hauts de Pontet-Canet 2006 :

Une approche plus facile, de prime abord : un nez fruité au boisé discret, une bouche fraîche, moyennement concentrée et beaucoup de buvabilité pour ce second vin. Seule la finale est un peu accrocheuse : tanins pas totalement mûrs ou vieillissement indispensable ?

 

2006 :

Très différent du précédent car évoluant dans la discrétion et se révélant très Pauillac à l'aération avec un boisé en place et des arômes fins. En bouche, de la finesse, de l'allonge, de la sapidité mais il faut évidemment attendre. Beau succès pour cette bouteille qui marque le vrai début de la biodynamie au domaine !

 

2007 :

Nez boisé - un peu trop - avec des notes de torréfaction, puis de fruits à noyaux.

En bouche, un peu de végétal, de la fraîcheur, de la tension et également du bois, avec une pointe d'amertume en finale. L'aération l'améliore mais l'exercice était vraiment difficile compte tenu des conditions du millésime.

 

2008 :

La mise en bouteille est assez récente mais le vin s'est bien dégusté.

Une belle combinaison de finesse et d'élégance avec des notes florales, une légère pointe de goudron, le tout dans un élevage intégré. Le vin est porté par sa salinité et il intègre bien une matière fine avec un beau grain de tanins. Seule la finale un peu trop douce (sans doute la sucrosité due au fûts neufs) interpelle un peu à ce jour ...

 

 

 

Cognac Tesseron :

 

Cette marque de Cognac a été créée en 1905 par Abel Tesseron, grand-père d'Alfred, en s'appuyant sur deux domaines, l'un en Grande Champagne, l'autre en Petite Champagne. Il a commencé une collection de lots d'eaux de vie stockés dans des caves très anciennes. Ses successeurs ont continué l'activité jusqu'à nos jours.

 

Les différents lots sont donc élevés et la production moyenne est de 40 000 bouteilles par an.

 

Nous avons eu la possibilité de goûter la gamme des quatre « Tesseron Classiques », tous XO (extra old) :

 

Lot n° 90 :

Globalement issu de millésimes d'ugni blanc des années 1990

Ce Cognac d'assemblage possède un nez fin et aérien avec de fines notes de poire, de marmelade, de parfumerie et un alcool assez volatile. La bouche confirme le nez avec de la souplesse et une belle expression aromatique sur la figue, la prune ...

 

Lot n° 76 :

Issu de millésimes de la fin des années 1970, avec une provenance de la Grande Champagne.

Un nez différent, plus doucereux, voire sucré alors que la bouche, généreuse, s'exprime plus en puissance avec des notes de caramel qui contribuent au « feu » perçu. Finale sur des notes fumées, voire tourbées comme certains whiskies.

 

Lot n° 53 :

Ce lot du milieu des années 1950, provient de raisins des trois cépages autorisés : ugni blanc, folle blanche et colombard.

De la liqueur de café, du cacao, des notes crémeuses et encore des arômes volatils au nez. En bouche, beaucoup de puissance, un alcool presque brûlant, des notes de noix, d'épices et de poivre en rétro-olfaction. Un Cognac pour amateurs éclairés.

 

Lot n° 29 :

Issu également des 3 cépages autorisés, c'est un assemblage exceptionnel et rarissime que l'âge - fin des années 1920 - a patiné et adouci.

Une très grande finesse combinant touches de thé, de zestes d'agrumes, de figues, de fumé, le tout enrobé dans une bouche florale, tendue et puissante d'une très grande longueur

 

 

Celle belle verticale a surtout permis d'apprécier l'évolution du Château Pontet-Canet au cours des vingt dernière années. La progression, due notamment au changement de mode de culture, est indéniable et ce domaine tend à rivaliser désormais avec ses plus proches voisins situés au sommet de la hiérarchie.

 

 

C-R : YT



[1] ENITA = Ecole nationale d'Ingénieurs des Travaux Agricoles

 
 
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