• Français
  • English
  • German formal - Sie
Ecole de Dégustation de vins
Accueil arrow Carnet de notes arrow Bordeaux arrow Château Valandraud et vignobles Thunevin (Muriel Andraud et Jean-Luc Thunevin)
 
Ecole
Accueil
Dernière minute !
Programme des dégustations
S'inscrire aux dégustations
Carnet de notes
Soirées spéciales
 
Château Valandraud et vignobles Thunevin (Muriel Andraud et Jean-Luc Thunevin) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Château Valandraud et autres domaines de

Murielle Andraud et Jean-Luc Thunevin

(Saint-Emilion, Lalande de Pomerol et Pomerol)

 

 

Grains Nobles, lundi 17 janvier 2011

 

 

Jean-Luc Thunevin et son épouse Murielle Andraud ne travaillaient pas dans le monde du vin au départ : employé de banque pour lui et aide soignante pour elle. Au milieu des années 80, ils ont ouvert un bar à vins, puis une boutique de vente de vins et ont lancé une activité de négoce, le tout à Saint-Emilion. Ils ont été tentés ensuite par l’aventure de produire du vin par eux-mêmes. Néophytes en la matière, ils se sont faits aider par un de leurs amis, qui possède aujourd’hui avec sa famille l’un des deux 1er GCC A de Saint-Emilion ; ils ont commencer à vinifier une toute petite parcelle de 0,6 ha située dans le vallon du village, non loin de Pavie-Macquin.

Petit à petit ils ont acquis plusieurs parcelles de vignes, en commençant par le sud de l’appellation, et actuellement ils possèdent une surface totale de 10 ha, situés sur des sols et des emplacements très différents à Saint-Émilion.

 

De plus, ils ont récemment acheté le Château Bellevue de Tayac (dont il cherche à se séparer se recentrant sur la rive droite), en appellation Margaux, ainsi que Le Clos du Beau Père (Pomerol) et le Domaine des Sabines (Lalande de Pomerol).

Jean-Luc Thunevin commercialise ses vins via son négoce. Il exerce également une activité de conseil auprès de propriétés de la rive droite, souvent situées à Saint-Emilion.

 

En matière de pratique culturale les raisins ne sont pas bios même si les traitements sont raisonnés et limités. C’est plutôt Murielle qui supervise avec minutie tous les travaux à la vigne. A l’issue des vendanges, lors desquelles les raisins sont doublement triés, les jus, éventuellement levurés, sont vinifiés dans différents types de cuves de fermentation avec des remontages ou des pigeages en phase fermentaire selon les besoins. Puis ils sont entonnés en barriques neuves pour effectuer la fermentation malolactique et être élevés de 18 à 30 mois environ. Le choix des tonneliers relève de la première importance pour Jean-Luc Thunevin. Le laboratoire de Michel Rolland – en la personne de Jean Philippe Faure – intervient comme conseil œnologique pour les vins rouges alors que les blancs sont suivis par Athanase Fakorellis. A la vigne, un consultant externe, Paul-Marie Morillon prodigue également des conseils.

 

 

La dégustation :

 

Les vins rouges :

 

Bad Boy 2007 :

Il est produit de 80 à 100 000  bouteilles de ce vin chaque année. Issu majoritairement de merlot en provenance de Fronsac principalement et de Génissac, en entre deux mers non loin de l’estuaire de Brane. Les Thunevin sont propriétaires, fermiers ou consultants sur les parcelles qui composent cette cuvée qui se veut un clin d’œil, voire un exercice de style à l’intention du marché anglo-saxon où ce produit est dénommé « mauvais garçon ».

Ce vin est marqué par un élevage présent, par une forme d’extraction bien perceptible et un côté serré, reflets d’une matière première mûre mais un peu contrainte. C’est un produit plutôt destiné à une clientèle internationale.

 

Margaux Château Bellevue de Tayac 2007 :

C’est un domaine de 3,5 ha acheté en 2004, dont seulement 2,5 ha sont en production (environ 5000 bouteilles). Les vignes de merlot (70%) , cabernet sauvignon (15%) et petit verdot (15%) sont situées sur un sol argilo graveleux. Il a été classé cru bourgeois en 2009. La vinification est basée sur des remontages.

La construction de ce vin est également moderne, riche, avec un boisé assez marqué, des notes de sang et de tomate. Le développement aromatique est plus complexe que dans le vin précédent et il semble également moins extrait ou – plutôt – mieux équilibré par la matière.

 

Lalande de Pomerol Domaine des Sabines 2007 :

Domaine de 1,3 ha acheté en 2006 et situé sur les communes de  Néac et Lalande de Pomerol, avec des vignes âgées de 25 à 30 ans et plantées à 80% de merlot et 20% de cabernet franc sur des graves légères.

Le vin s’est goûté plutôt élégant, frais et mentholé. Peu d’extraction, un boisé intégré, une bouche souple et sapide, de la buvabilité …

 

Pomerol Clos du Beau Père 2007 :

3 ha sur des graves argileuses avec de la crasse de fer en sous-sol, rendements de 25 h/ha et très forte proportion de merlot (90%).

Un vin plutôt fin, profond, floral, avec des touches de violette, au boisé fondu. Il semble assez gras, peu marqué par les tanins, avec une trame assez douce, de la sapidité et une finale saline. On peut déjà commencer à le consommer.

 

Saint-Emilion Grand Cru Clos Badon Thunevin2007 :

Ce cru acheté en 1998 s’étend sur une surface de 6.5 ha aux sols sablo-siliceux, sans eau ni argile. Il est situé non loin de Canon La Gaffelière en plaine et en début de pieds de côte. Il comporte 50% de merlot, 40% de cabernet franc  et 10% de cabernet Sauvignon avec un âge moyen des vignes de 30 ans.

Un vin plus ambitieux, plus construit, au boisé encore présent avec des notes fumées. En bouche, une structure à la fois suave, voire douce (bois) mais des tanins présents. La finale de ce vin moderne est marquée pas les épices.

 

Saint-Emilion Grand Cru Virginie de Valandraud  2007 :

Vin à part entière depuis 1997 dont les raisins sont issus principalement du second plateau calcaire de Saint-Etienne de Lisses avec quelques zones de sables et de graves. Il est globalement composé de 65 % de merlot, 25% de cabernet franc, 5 % de cabernet sauvignon et 5% de malbec et carmenère. Les vignes ont 30 ans en moyenne.

Une belle réussite pour un millésime compliqué avec du fruit, des notes mentholées voire « cacaotées », une bouche assez souple et arrondie en attaque, certes des tanins en finale mais sans agressivité. Un vin moderne, avec du fruit, qui peut déjà se consommer.

 

Saint-Emilion Grand Cru Château Valandraud 2007 :

Issu surtout des vignes de l’est de l’appellation,  situées sur le second plateau calcaire,  dominant l’assemblage aujourd’hui. L’encépagement et l’âge des vignes sont globalement les mêmes que ceux de Virginie avec, parfois, 100% de merlot (en 2007 notamment).

Le 2007 est un vin dual, à la fois charmeur avec des arômes de moka, de prémices de truffe, de fève de cacao, et très « serré » avec une sensation de tension, de pierre – on a un peu l’impression de sucer le caillou – le tout enrobé dans un boisé encore bien présent, voire envahissant … Attendre que le boisé s’estompe est nécessaire !

 

Saint-Emilion Grand Cru Clos Badon Thunevin 1999 :

Des notes fumées, grillées, encore et toujours du moka, avec un début d’évolution. La bouche est assagie, assez large, presque oxydative, avec des tanins très légèrement secs. Bref, un vin sapide, moderne, travaillé, issu d’un millésime compliqué. A consommer aujourd’hui.

 

Saint-Emilion Grand Cru Château Valandraud 1999 :

Une belle évolution pour cette bouteille « apaisée », aux arômes secondaires, avec de la menthe, du cacao, quelques touches crémeuses. La finale est longue, sapide, plutôt fine avec encore une trace de tanins et un soupçon de bois. A boire maintenant …

 

 

Les vins blancs :

 

Les 2 ha de vignes sont situées sur des sols argilo-calcaires, en rive doite, près des Côtes de Castillon. Composées de sauvignon blanc (30 %), sauvignon gris (20 %) et sémillon (50 %), elles sont encore jeunes car plantées en 2000.

Les vendanges sont effectuées le matin, avec plusieurs passages par pied de vigne. Les raisins sont ramassés en petites cagettes vite stockées en chambres froides.

La vinification est douce avec un pressurage lent pouvant durer jusqu’à 9 h.

 

Bordeaux Blanc de Valandraud N°2   2007 :

Issu de barriques de 2 et 3 vins avec une production de 4000 bouteilles par an en moyenne. C’est un vin gras, mûr, aromatique, un peu « miellé », d’un abord facile, relativement souple, au boisé fondu. Il peut se consommer rapidement

 

Bordeaux Blanc de Valandraud N°1   2007 :

Une construction différente avec 60 % de barriques neuves et 40% de barriques d’un vin. 3000 bouteilles ont été produites en 2007.

Ce vin est plus serré, plus tendu, plus refermé et a besoin d’une longue aération pour tenter de s’exprimer dans un registre floral. L’élevage est encore très présent. Va-t-il se fondre et au bout de combien de temps ?

 

 

Le couple Thunevin – Andraud témoigne d’une réussite assez spectaculaire en Libournais. Epopée entamée à la fin des années 1980, sans doute impossible à réaliser à l’heure actuelle sans disposer, au départ, de moyens financiers colossaux. Jean-Luc Thunevin a une forte personnalité et une connaissance de son milieu rarement prise en défaut. Sa réussite réjouit certaines personnes et en irrite sans doute d’autres. Mais il essaye de promouvoir les vins de la rive droite et surtout ceux de l’appellation qui l’a fait connaître …

 

C-R : YT

 
 
Boutique
 
Commandes de vins
Verres et carafes
Salons des vins