• Français
  • English
  • German formal - Sie
Ecole de Dégustation de vins
Accueil arrow Carnet de notes arrow Bourgogne arrow Domaine Alain Graillot et domaine des Lises (Crozes-Hermitage) avec Maxime Graillot
 
Ecole
Accueil
Dernière minute !
Programme des dégustations
S'inscrire aux dégustations
Carnet de notes
Soirées spéciales
 
Domaine Alain Graillot et domaine des Lises (Crozes-Hermitage) avec Maxime Graillot PDF Print E-mail

Domaine Alain Graillot et domaine des Lises

Avec Maxime Graillot

 (Crozes-Hermitage)

 

 

Grains Nobles, le jeudi 27 janvier 2011

 

 

Nettement moins pentu que celui de l'Hermitage, le vignoble de Crozes s'étend sur 11 communes entourant les vignes de L'Hermitage. Avec près de 1400 hectares c’est la plus vaste des appellations septentrionales de la vallée du Rhône. Les sols ne sont généralement pas granitiques sauf au nord sur Gervans et Erôme, mais plutôt alluvionnaires, datant du quaternaire. Des galets roulés, du loess peuvent notamment alterner.

Alain Graillot, parisien d’origine, s’est reconverti dans le vin au milieu des années 1980 et s’est installé à 41 ans en 1985 sur un domaine de 18 ha situé sur le plateau des Chassis dont les vignes étaient en bon état, non polluées par des produits chimiques. Le vignoble comprend aujourd’hui 18 ha de syrah, 2,5 ha de marsanne (80%) et de roussanne, le tout en sélections généralement massales sur porte-greffe 3309. Sont également produit du Saint-Joseph sur les communes de Saint-Jean de Muzols et Saint-Dézirat, soit 1 ha au total. Alain Graillot détient également une minuscule parcelle de 1000 m2 en Hermitage, sur le quartier des Greffieux.

Il a appris sur le tas grâce aux conseils d’amis vignerons rhodaniens et bourguignons.

Depuis le millésime 2008 c’est sont fils Maxime qui vinifie également les vins du domaine. Alain Graillot, retraité dynamique, continue une activité liée au vin en conseillant des domaines au Maroc et en Espagne. Le fils poursuit les pratiques du père : faibles rendements, taille courte et fumures légères, pas d'herbicides, travail des sols à la charrue. Les vendanges sont manuelles, et les raisins ne sont pas généralement égrappés.

 

Maxime Graillot est venu au vin vers 23 ou 24 ans, a obtenu son DNO[1] à Dijon, puis a travaillé un peu à l’étranger avant de revenir dans sa région d’adoption. En 2003, il a acheté le domaine des Lises (6 ha) – baptisé ainsi en l’honneur de sa mère Elisabeth –  situé sur la commune de Beaumont Monteux à quelques kilomètres au sud de Tain l’Hermitage. Les vignes – issues de sélection massale et clonales variées – n’étaient pas en bon état à la reprise, avec des sols peu vivants. Il a donc fallu reprendre le travail des sols dans une optique de viticulture organique, qui exclut ici aussi pesticides et herbicides ; les labours s’effectuent à la charrue pour  favoriser un enracinement profond. Les sols peu profonds sont constitués d’alluvions du Rhône et de l’Isère avec des sables, de l’argile, très peu de terre et beaucoup de cailloux ronds : le lieu est plus frais, avec donc des vendanges effectuées plus tardivement. Les principes de vinification diffèrent sensiblement ici : égrappage total, pas de foulage, tout le travail d’extraction est manuel, les cuves sont pigées de 1 à 2 fois par jours et quelques remontages sont effectués. Les vins sont entonnés directement après l’écoulage et les fermentations malolactiques sont faites en pièces. Les gouttes et les presses sont élevées séparément. Pour l’élevage, il n’est utilisé que des fûts bourguignons, dont la proportion varie avec peu de bois neuf.

 

 

La dégustation :

 

Alain Graillot 2009 :

La fermentation a été rapide, avec un enchaînement quasi immédiat de la fermentation malolactique en cuve.

Un vin mûr, plein, un peu réduit à l’ouverture, mais dont la bouche s’est avérée à la fois tendre, vive et presque aérienne. Peu typé par le caractère solaire que présentent certains 2009.

 

Domaine des Lises 2009 :

Vendange égrapée à 80%.

Un profil aromatique très différent avec un fruité un peu exacerbé – pointe de géranium –, une construction plus moderne, soyeuse, avec un élevage encore présent mais une finale qui retend le vin. Intéressant …

 

Alain Graillot 2008 :

Climatologie difficile, vendanges entre le 2 et le 10 octobre.

Une belle réussite pour un millésime compliqué où les raisins ont eu du mal à murir. Des notes de fruits noirs, de fumée arrivent après une courte phase de réduction. En bouche, de la tension, une pointe de végétal, de tomate verte pouvant faire penser à un vin issu de sangiovese.

 

Domaine des Lises 2008 :

Compte tenu du millésime le temps de cuvaison a été raccourci et les presses n’ont pratiquement pas été incorporées. Au final, un vin légèrement pointu, « frais », assez proche du précédent, mais à la finale amère traduisant sans doute la difficulté de l’exercice.

 

Alain Graillot 2006 :

2006 est un beau, voire très beau, millésime dans cette région, éclipsé par le caractère souvent solaire et extraverti des 2005.

Un nez muet de prime abord, puis quelques notes d’olives noire dans un style élégant mais discret. La bouche s’est montrée plus ouverte avec un fruit plein et dense, de la tension, des notes salines et cendrées. Un bel équilibre pour ce vin fin et long à la finale évoquant la fève de cacao.

 

Domaine des Lises 2006 :

Une réduction assez marquée, des notes lactiques et un boisé « pas en place. Indéniablement la qualité de la matière est ici inférieure avec une pointe de fluidité et de végétal. Le vin a besoin d’air et de temps pour que le boisé se fonde…

 

Alain Graillot 2004 :

Millésime assez tardif et équilibré.

Des fleurs, de l’élégance, une sensation de tension avec une belle acidité, presque une forme de pureté pour ce vin qui a beaucoup d’élan … et de classe !

 

Domaine des Lises 2004 :

Ce fut le premier millésime de Maxime Graillot sur ce domaine avec un vignoble en début de reprise.

Le nez floral, un peu excessif (pointe de géranium à nouveau), a tenté d’atténuer une bouche serrée, un peu sèche, avec des notes parfois végétales.

 

Alain Graillot 2001 :

Un beau millésime en Rhône nord, mûr et équilibré.

Ces caractéristiques se retrouvent dans la bouteille : plénitude, maturité du fruit, complexité, touches de réglisse, d’olive noire, notes de sous-bois. Une bouche tendue et tendre en même temps, avec de l’équilibre qui gomme les aspérités sans trop lisser le vin qui conserve une « belle rusticité ».

 

Alain Graillot 1999 :

Millésime abondant dans la région, plutôt réussi en général.

Des notes plus solaires, voire un peu cuites, avec une évolution sur le cuir.

Une bouche à la fois large et sèche, moins précise que celle du vin précédent et dont la matière semble moins tendue avec presque une pointe de fluidité en milieu de bouche.

 

Alain Graillot 1998 :

Une très légère d’oxydation au nez avec des senteurs florales – rose, pivoine – assez élégantes. La bouche est encore jeune avec des touches épicées, poivre blanc, et salines. On y retrouve les sensations florales perçues au nez avec une trame serrée, tendue. Encore du potentiel …

 

Alain Graillot 1998 La Guiraude :

La Guiraude est une sélection des meilleures barriques d’un millésime. Elle en exprime la quintessence. Elle n’est produite que certaines années, en toutes petites quantités afin de ne pas « déstabiliser » la cuvée de base.

On y retrouve la même pureté, les mêmes notes florales et aériennes que dans la cuvée « normale » avec une touche d’olives noires supplémentaire. En bouche, plus de tension, plus de matière, plus de longueur, plus de densité avec une finale élancée sur le cacao et le minéral. Bel exercice …

 

 

Une dégustation intéressante avec un vigneron compétent, aimant le vin et parlant « vrai ». Ce n’est pas si fréquent, finalement …

 

 

C-R : YT



[1] Diplôme national d’œnologue

 
 
Boutique
 
Commandes de vins
Verres et carafes
Salons des vins