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Ecole de Dégustation de vins
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Domaine Maby (Lirac-Tavel) avec Richard Maby Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Domaine Maby
avec Richard Maby
(Lirac – Tavel)

 

Grains Nobles le jeudi 9 juin 2001

 

Richard Maby est issu d’une famille de vignerons depuis plus de 4 générations. En vivant à Paris, ce passionné d’opéra – d’où le nom de certaines de ses cuvées – a  fait une partie de ses « classes » à Grains Nobles pendant près de 10 ans ; ensuite Richard a rejoint le domaine familial au milieu des années 2000.

En 1996 le domaine de 120 ha a été scindé en 3 entités distinctes. Depuis 2005 Richard – fils de Roger un des 5 associés initiaux –assure désormais la gérance de l’entité dévolue à sa branche familiale.

Le domaine comprend actuellement 64 ha dont 30 sur Lirac, 24 sur Tavel, le restant en Côtes du Rhône et en  Vin de pays des Coteaux de Cèze, avec des vignes de Syrah et Cinsaut.

 

Les vignes ont près de 40 ans d’âge, elles sont plantées à environ 4000 pieds/hectare et taillées en gobelet sauf les plants de syrah et de viognier qui sont palissés. Les sols sont assez variés avec une couche de galets et de sables plus ou moins profonde – 1 à 4 m – reposant sur de l’argile.

 

Les pratiques à la vigne se veulent « propres » sans revendication bio. La confusion sexuelle a été mise en œuvre, un léger désherbage est encore pratiqué et un contrat d’agriculture durable a été signé.

Dix permanents travaillent sur le domaine, assistés de personnel intérimaire.

 

 

La dégustation :

 

Les vins blancs de Lirac :

Ils sont issus de 10 ha de vignes sur des galets roulés et des sables assez semblables à ceux de Châteauneuf du Pape. Deux cuvées sont produites, La Fermade et Casta Diva :

 

La Fermade 2009 :

40% grenache, 40% clairette, 10% picpoul et 10% d’ugni blanc isolé, vinification et élevage en cuve inox.

Ce vin est assez marqué par la chaleur du millésime avec des notes de miel, de fruits blancs (pêche), une pointe d’alcool, du gras. L’aromatique est en retrait, de même que l’acidité.

 

La Fermade 2010 :

Encépagement différent car 11% de viognier supplémentaire vinifié et élevé en fût (bois des Vosges). De plus, l’ugni blanc n’a pas été isolé de la clairette.

Nettement plus de fraîcheur, de tension et de longueur dans cette bouteille qui s‘exprime sur des notes de garrigue, de fruits à noyaux. A l’air le vin développe une belle amertume.

 

Lirac Casta Diva 2009 :

Des parcelles de viognier, surtout de grenache blanc et un peu de clairette et de picpoul où sont produites moins de 4000 bouteilles. La vinification et l’élevage sont faits en fût de chêne des Vosges.

L’élevage est encore très présent dans cette bouteille qui présente même une forme d’oxydation passagère à l’ouverture. L’aération stabilise le fin, l’affine, le fait évoluer dans un registre de whisky, de malt mais avec un déficit de tension. Il faut attendre que l’ensemble se fonde.

 

 

Les rosés (Tavel) :

 

Ces vins sont plutôt travaillés comme des vins rouges : saignés après 24 h, ils cuvent entre 12 et 48 h. Les 24 ha de  vignes sont situées sur des lauses[1], des galets roulés et des sables. La fermentation malolactique est cependant bloquée. L’encépagement mixte grenache et cinsault avec une dominante de grenache plus ou moins marquée selon les cuvées. On y trouve également quelques cépages « blancs » tels que clairette et grenache blanc.

 

Tavel La Forcadière 2010 :

Un nez assez « facile » sur des fruits frais avec une touche de banane. Il précède une bouche fraîche, mentholée, aux accents de garrigue. La structure tannique est légère – ce qui est normal – mais la mise récente ne permet pas encore au vin de s’exprimer. A suivre …

 

Tavel Prima Donna 2009 :

Principalement produit sur des galets roulés avec grenache et cinsault, ce vin est issu de vignes de 40 ans à faible rendements (40 h/ha). Il a été cuvé 48 h.

Le nez présente une combinaison de fruits et d’arômes amyliques (banane, bonbon anglais) encore fermentaires. En bouche, plus de structure, voire de puissance, avec du fruit, une légère pointe de gaz qui rafraîchit l’ensemble et des épices en finale.

 

 

Les rouges (Lirac) :

 

Situées sur 2 parcelles à Saint-Laurent-des-Arbres, principalement sur des galets roulés avec très peu de terre. Les vignes ont entre 30 et 40 ans d’âge. Les raisins sont récoltés à maturité phénoliques, fermentés à environ 30° pendant une vingtaine de jours – selon le millésime –  et mis en bouteille environ 1 an et demie après la vendange.

Les deux cuvées de vins rouges – La Fermade et Nessum Dorma – se distinguent par une sélection des raisins et un élevage différent, qui a évolué chaque année.

 

Lirac La Fermade .

 

2005 :

C’est le 1er vin de Richard Maby : 50% de grenache, 25% de syrah et 25% de mourvèdre, élevage en foudres et cuves inox.

Un nez un peu réduit, sanguin avec quelques notes de sueur, suivi d’une bouche pleine, épicée, tendue. Bref, un style classique évoquant un Châteauneuf du Pape avec de l’alcool et une petite pointe de sécheresse.

 

2006 :

Légères modifications avec 60% de grenache, 20% de mourvèdre et 20% de syrah. Seul le mourvèdre est élevé en foudres alors que les deux autres cépages le sont en cuves. De plus, à partir de 2006, une macération pré-fermentaire à froid est réalisée afin d’extraire du fruit.

Un style différent avec plus de fraîcheur, des fruits rouges, mais encore de la réserve, de la retenue. Moins d’opulence que dans le 2005 mais plus de finesse.

 

2007 :

55% de grenache, 25% de mourvèdre et 20% de syrah. Rendement de 31 h/ha. Ce millésime plus riche a été plus extrait.

Indéniablement une forte maturité avec des fruits noirs, du cacao, des notes de tomates séchées combinées à une petite pointe de réduction. En bouche, des tanins gras, enrobés, de la fève de cacao avec un bon support acide et une pointe d’alcool. Longue garde prévisible.

 

2008 :

Une année difficile avec une météo peu clémente, une grosse pression mildiou et la moitié d’une récolte habituelle. L’assemblage comporte 50% de grenache, 40% de syrah et 10% de mourvèdre.

Le vin s’est montré souple, facile, assez aromatique – notes végétales d’herbes et de menthe – avec une finale marquée par de l’amertume. A consommer assez rapidement.

 

2009 :

30% de syrah, 30% de mourvèdre et 40% de grenache pour ce vin issu d’un beau millésime solaire.

Le nez, fumé et floral, semble assez marqué par la syrah avec une touche de violette. En bouche, une jolie matière encore un peu abrupte, aux tanins présents mais qui va se fondre et s’adoucir. Belle rétro-olfaction sur des fruits noirs et du cacao.

 

2010 :

47% de grenache, 31% de mourvèdre et 22% de syrah pour ce vin encore en élevage.

Le nez a présenté beaucoup de fraîcheur dans un registre de petits fruits rouges alors que la bouche, porté par le gaz carbonique – normal à ce stade de l’évolution – s’est montrée aérienne, dans un style élégant et pur. Attendons la mise en bouteille pour confirmer …

 

Lirac Nessum Dorma :

 

2005 :

Un vin assez classique dans le même style que la Fermade 2005 – même encépagement – mais élevé en foudre et en fûts. Le nez s’est montré plutôt fin avec des notes de mine de crayon. La bouche a fait preuve de puissance, voire de fermeté avec une sensation de tanins un peu secs. Un vin assez classique …

 

2007 :

Un tiers de chaque cépage, un début d’élevage en cuve inox suivi par un an en barrique renouvelées par tiers chaque année et une certaine recherche d’extraction.

Le nez s’est présenté grillé, fumé, assez élégant avec des notes marines (anchois).

En bouche, un beau toucher de tanins soyeux, une forme de salinité et de longueur et sans extraction perceptible, le tout dans un ensemble moderne et long.

 

2009 :

60% de mourvèdre, 10% de grenache et 30% de syrah avec un élevage de 6 mois en inox et un an en bois à l’image du 2007, mais avec un tonnelier supplémentaire.

Un vin encore très jeune sur le fruit, le cassis, le cacao, assez atypique et presque sudiste. La matière est serrée, puissante mais les tanins sont déjà intégrés. Il faudra impérativement attendre ce vin doté d’une belle rétro-olfaction kirschée et cacaotée.  

 

 

Il est réjouissant de constater la progression constante de la qualité des vins d’un domaine, surtout quand celui-ci vient d’être repris par la dernière génération de propriétaires. Gageons que cette progression va continuer, surtout avec l’arrivée très récente de l’œnologue conseil Philippe Cambie, grand spécialiste des vins de cette région.

 

 

C-R : YT

 



[1] Pierre plate de schiste, de calcaire ou de gneiss

 
 
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