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Ecole de Dégustation de vins
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Château d'Yquem (Sauternes) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Château d’YQUEM
  Sauternes
Pierre Lurton présente 10 millésimes…   de   1999 à 1950

 


« - Je veux qu’on boive du Yquem !… »  Pierre Lurton.
   
Avec la participation de Michel Bettane,
Ecole les Grains Nobles,
Paris, le 17.11.2004.
Résumé de Pierre Maréchal.


A travers cette verticale d’exploration de  la seconde moitié du 20ième siècle,
Pierre Lurton, PDG de la société du château d’Yquem depuis mai 2004,  nous présente 
sa vision et ses projets pour le grand vin mythique de Sauternes. 
Michel Bettane l’accompagne et nous fait part de ses commentaires d’expert. 


- A -  Bref rappel historique :
_________________________________


La propriété appartient aux rois de France de 1453 jusqu’à ce que la famille de Sauvage en fasse l’acquisition en 1592. En 1785, le comte Louis-Amédée de Lur-Saluces épouse Joséphine de Sauvage. Château et domaine demeurent la propriété des Lur-Saluces  pendant plus de deux siècles, portant au plus haut niveau la qualité du grand vin de Sauternes. Le marquis Bertrand de Lur-Saluces régne en maître sur Yquem pendant plus de 50 ans. A sa mort en 1968, son neveu Alexandre de Lur-Saluces, reprend la direction de la propriété.
En 1999, le groupe LVMH  devient acquéreur de la propriété. Depuis mai 2004,  Pierre Lurton dirige la propriété. Il est également responsable du château Cheval Blanc depuis 10 ans.


- B -  Le terroir d’Yquem et son éco-système unique :
________________________________________________________


Quelle est l’originalité de l’éco-système d’Yquem ?

1- Le terroir unique : le vignoble couvre une colline de 100 ha : 

La colline d’Yquem offre de très nombreuses expositions.
Cette diversité d’expositions permet d’obtenir pour chaque millésime
les meilleures conditions d’installation et de développement du Botrytis
en fonction des conditions climatiques de l’année. Ainsi, il y a toujours
au moins une exposition qui convient le mieux à la climatologie de l’année. 
D’autre part, imaginons la colline divisée en 4 parties, soit en
 4 châteaux : la colline donnerait alors  4 grands vins différents.  L’originalité fondamentale d’Yquem réside dans cet aspect : l’assemblage de tous  les terroirs très variés qui forment la colline  participe à l’élaboration d’un vin plus complexe. 
 
2 - L’exception géologique d’Yquem :             
De même que les expositions sont multiples, la géologie de la colline est, elle aussi, trés variée:  graves, graviers sur alios, sables, calcaire, argile sont présents dans le sous-sol. Bien que situé dans les Graves, le vignoble d’Yquem repose sur des assises d’argile.      

3 - Les brouillards sur la colline d’Yquem et l’émergence des sources :  

Toute la région de Sauternes, Barsac,  Bommes et  Preignac  est traversée par le Ciron et ses nombreux affluents. Pendant la période automnale, ce réseau de cours d’eau apporte l’humidité permettant la création et l’installation des brouillards matinaux si importants au développement du Botrytis. 

En plus de ces conditions, explique Pierre Meslier, régisseur à Yquem pendant 30 ans (jusqu’en 1989), la colline d’Yquem  bénéficie du phénomène supplémentaire suivant : la colline culmine à  90 m d’altitude. Vers le haut, à une altitude d’environ 60 - 70 m,  et tout autour de la colline, se trouve une ligne de sources. A Yquem, au moins 4 sources émergent  sur cette ligne de niveau. Cette émergence d’eau froide  contribue à maintenir les brouillards plus tard dans la matinée, faisant perdurer ainsi leur action sur le Botrytis.

 

- C -  Pierre Lurton :  son parcours et ses premières actions à Yquem
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1 - Le parcours de Pierre Lurton :             
A 23 ans, après des études de médecine, Pierre Lurton s’engage au Clos Fourtet, l’un des domaines de la famille Lurton. Il y passe 12 ans, pratiquant l’art de la viticulture. « - Je suis un viticulteur, douze ans chez Lurton, ça forme ! »
 
En 1991, à 35 ans il quitte la famille Lurton pour prendre la gérance du château  Cheval Blanc. Lorsqu’il annonce à son oncle son départ pour Cheval Blanc, ce dernier lui demande : «  -  Lequel ?... ». 
Il met tout son talent au service de Cheval Blanc et le porte au niveau qu’on lui connaît aujourd’hui.
En même temps, il met en place l’alliance entre Cheval Blanc et Terrazas de los Andes et  crée Cheval des Andes en Argentine.
  
  En mai 2004, Bernard Arnault lui offre la direction du Château d’Yquem.  « - Cela ne se refuse pas. » déclare-t-il simplement. 
Depuis, il mène de front les deux aventures.

2 -  Les projets de Pierre Lurton pour Yquem:        
- Une politique commerciale en pleine évolution :            pendant ses 6 premiers mois d’activité ,  il a vendu 250.000 bouteilles d’Yquem, ce chiffre incluant la mise sur le marché du millésime 1999, et la vente en primeur du 2003.  Du jamais vu ! Rappelons qu’avant son arrivée au château, Yquem ne s’était  jamais vendu en primeur.                                                   Nous sommes loin de la règle instituée par le Marquis Bertrand et suivie par Alexandre : environ 100.000 bouteilles à mettre sur le marché chaque année.
    
    « - Je veux qu’on boive du Yquem ! » proclame P.  Lurton.
 
   - L’importance de la viticulture : 
    depuis mai 2004, Pierre  Lurton  passe beaucoup de temps
    à examiner les archives.
« - Pour améliorer les choses, il faut faire de la viticulture; il faut retrouver les gestes d’autrefois. Je suis en train de revoir ce qui a été oublié . »

Il rappelle un principe fondamental : 
« - Il faut amener les raisins à maturité. Avec l’éco-système unique, colline et brouillards, si nous travaillons encore davantage la viticulture, nous réussirons encore mieux . La pourriture ? c’est l’arbre qui cache la forêt !  S’il n’y a pas de pourriture grise, ça fait des tris en moins ! »      
- La sacro-sainte règle de la vendange à  20° / 21° potentiel :              « - il faut rompre avec la rigidité installée depuis très longtemps. Si nous avons un lot de grande qualité, avec une richesse supérieure  à  21°,  pourquoi s’en priver et ne pas l’intégrer à la sélection qui fera Yquem ? »      
    
- La mutation à froid :        vers 13° d’alcool acquis,  pour arrêter la fermentation en sécurité, le moût est refroidi, et on sulfite un peu: mais en refroidissant, survient le risque de perdre en pureté, de perdre les arômes de pamplemousse.  Par contre,  si la mutation a lieu  à chaud,  à partir du moment où les raisins sont sains, il n’y a pas de risque : on garde la pureté plus facilement, avec tous les arômes de pamplemousse.     
-    Grand projet pour demain :             tout mettre en oeuvre pour créer un grand vin blanc sec.
  


- D - DEGUSTATION :
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-1-  Château d’Yquem 1999.

- Conditions climatiques et évolution de la vigne:      Durant toute la saison, la vigne a bénéficié de conditions végétatives                                    .  
- Vendanges 1999 au château d’Yquem:     Début réel des vendanges le 24 septembre avec un premier passage de nettoyage jusqu’au 29 septembre, perturbé par la pluie. Sauternes évite le déluge qui tombe à Bordeaux autour du 25 septembre (110 mm contre 22 mm à Yquem). Ce type de temps jusqu’au 4 octobre, permet une parfaite homogénéisation de la contamination par la pourriture. Une fenêtre idéale de 12 jours consécutifs apparaît. La vendange s’emballe. Les raisins, parfaitement colonisés par le Botrytis, bénéficient du soleil et du vent d’Est au meilleur stade et concentrent rapidement en conservant fraîcheur et fruit. Deux passages s’enchaînent en continu pendant 11 jours. Les vendanges se terminent le 15 octobre avant de nouvelles pluies.                           
- Dégustation:          
  Œil:  robe jaune d’or,  brillance.
  
  Nez:  intense et pur, à la fois floral et fruité.
Notes d’agrumes, épices.      
  
  Bouche:  puissante, pure,  avec un gras magnifique, onctueuse.
complexe, longue finale.
  
  Synthèse:  incroyable personnalité déjà présente à ce stade.
Aujourd’hui, ce vin procure déjà un grand plaisir,
et il n’y a aucun infanticide à le boire maintenant,
même si la longue garde est prévisible.
  
  Analyse:  alcool 13,9%, sucres réducteurs 128g/L,
acidité totale 4,5 g/LH2SO4.

 

 

 


-2-  Château d’Yquem 1998.

- Conditions climatiques et évolution de la vigne: L’hiver 97/98 est « très chaud », avec 2 à 3 degrés de plus que la moyenne,  et faiblement arrosé. Il en résulte un débourrement en avance d’environ une semaine. Le mois d’avril très pluvieux reconstitue quelques réserves d’eau avant une forte sécheresse jusqu’à la fin août. Les températures sont sans cesse excédentaires et la fleur comme la véraison conservent une dizaine de jours d’avance sur les normales.         Au bilan, une météo très favorable au cycle végétatif d’un raisin de grande qualité comme le prouvent les sauvignons pointés à 14,5° d’alcool potentiel dès le 31.08.                   
- Vendanges 1998 au Château d’YQUEM : Les vendanges commencent le 22.09 et se terminent le 30.10, après quatre tris. 1998 est un millésime double : un premier  ramassé autour du 25 septembre, et un second, ramassé pratiquement un mois plus tard, aux alentours du 20 octobre. L’équilibre et le fondu de leur assemblage permettront d’exprimer la totalité du potentiel de cette année si prometteuse.                   Dégustation:

Œil:  robe jaune doré clair.

Nez:   encore plus pur que le 99. D’abord intensité des arômes de fruits, abricot, figue, agrumes, puis arômes vanillés.

Bouche:  fraîcheur, puissance, complexité, acidité, fruits très murs.

Synthèse:  vin déjà extraverti malgré sa jeunesse et  offrant un très grand plaisir. Ce vin peut  être bu aujourd’hui.


-3-  Château d’Yquem 1997.

- Conditions climatiques et évolution de la vigne:     Conditions météo très particulières :        Sécheresse rare: 30 mm d’eau en septembre/octobre contre 140 mm en année normale. La pluviométrie de 1997 est la même qu’en 1936, 1945, 1978, 1985, seules références équivalentes depuis 1927.      Températures: année résolument chaude, le cumul des températures du 1er février au 31 octobre est le plus fort de la période 1927-1997, supérieur aux références 1947, 1949, 1961, 1990.           
  Résultats: contamination lente par le Botrytis au gré de quelques brouillards et d’une pluviométrie réduite à deux averses en deux mois, mais concentrations importantes en sucre avec les températures élevées et des vents qui souffleront, parfois forts, en provenance des directions Est à Sud-Est. 

- Les vendanges 1997  au château d’Yquem:     

 Les vendanges s’étalent sur deux mois, de début septembre à début novembre, avec 7 tries complètes, toutes complexes et différentes livrant ainsi 7 générations de raisins. Ce millésime est plein de promesses, assez abondant, très concentré et très complexe.                
 - Dégustation:
  
Œil:  robe dorée et brillante.
  
   Nez:  puissant, pur, riche, complexité hors norme.
   
  Bouche : attaque dynamique et minérale, volume énorme, et en même temps finesse et élégance, longue finale.
  
  Synthèse:  légère amertume permettant de mesurer toute l’énergie du vin.
   Vin très puissant. Complexité la plus aboutie.    « Nous partons pour 50 ans minimum  ».  M. Bettane.


 
-4-  Château d’Yquem 1996. 

- Conditions climatiques et évolution de la vigne:

Le cycle végétatif se déroule sans incident avec des conditions assez sèches au printemps et au début de l’été, sous des températures supérieures aux normales mais sans excès.

-  Les vendanges 1996  au château d’Yquem:     
   
  Météo sans excès, toujours favorable, ne forçant jamais le raisin.
  Vendanges d’école avec des tries longues, de 15 jours à 3 semaines:
  le premier passage a lieu du 3 au 9 octobre.
  5 tries sont nécessaires, les vendanges s’arrêtent le 24 octobre.
  Les 4 et 5 novembre, quelques raisins restant, les queues sont coupées
  dans une fin de 6ième trie.
Le résultat est particulièrement intéressant avec une vendange représentative  de toutes les parcelles, et avec un raisin au Botrytis d’une pureté rare.

 


 - Dégustation:
  
  Œil:  robe jaune doré.

Nez: intense, pureté incomparable, arômes d’abricot, figue, coing, et aussi présence de notes d’agrumes, pamplemousse.
  
Bouche:  crémeuse, lactée, grande élégance, grand équilibre, persistance.
Puissance, élégance, riche et de belle acidité.

Synthèse:  « C’est Yquem, le vrai, complet, le plus sculpté dans son terroir d’Yquem ! »  M. Bettane.

Juste avant le départ en retraite de Guy Latrille, Maître de chai pendant plusieurs décennies, la nature a  offert  une véritable vendange académique !  Millésime de référence, un grand classique.

  
-5-  Château d’Yquem 1990.

- Conditions climatiques et évolution de la vigne:

Météorologie: année chaude dans l’ensemble. En juillet, le thermomètre
bat des records et frôle les 40°C. Août continue sur la lancée avec une succession de journées à 30°C qui place 1990 dans les années  record. En septembre et octobre, les températures demeurent  de 2°C supérieures aux normales saisonnières.     

Pluviométrie: après un hiver très sec, les pluies du mois d’avril permettent
d’emmagasiner une réserve conséquente qui assurera un bon début de végétation. Par la suite, de longue périodes sèches seront ponctuées par des orages apportant l’eau suffisante à la récolte.
En septembre, Sauternes échappent aux violents orages des Graves. Toutefois, une légère humidité est maintenue permettant au champignon de s’installer idéalement. Ces conditions privilégiées durent jusqu’à la fin des vendanges,
le 10 octobre. Le 12 octobre des pluies violentes  arrivent pour ne stopper
qu’à la fin du mois de novembre.  

Vents: la mise en place de la station météo automatique fournit un paramètre intéressant avec l’orientation des vents. En septembre et au début octobre, Yquem a été soumis à un régime de vents d’Est dominant, en contradiction
avec la nature du climat océanique habituel. La très forte proportion de vents
secs et chauds explique la facilité de la concentration  de la vendange et la vitesse des tries.    

- Les vendanges 1990  au château d’Yquem:     

 Les conditions idéales de végétation nous amènent logiquement à des vendanges précoces. Du 17 septembre au 22 septembre a lieu la première trie, avec 40% de la récolte. Il tombe alors quelques millimètres de pluie, et la concentration reprend immédiatement le 25 septembre avec la 2ième trie jusqu’au 28 septembre (15% de la récolte). Quelques pluies à nouveau relancent la pourriture noble jusqu’au 2, et du 3 au 6 octobre a lieu le troisième passage avec un cinquième de la récolte. Le 7 octobre, 3 mm de pluie relanceront une dernière fois le Botrytis et permettront de finir le quatrième et dernier passage le 10 octobre (un cinquième de la récolte). Au bilan, une météo d’exception, des vendanges idéales pour un millésime hors norme, une réussite rare (inconnue au 20ième siècle).

 


 - Dégustation:
  
Œil:  la couleur de la robe a changé, or légèrement ambré.

Nez: grande pureté des arômes, aussi en début d’évolution, 
abricot sec, notes d’orange confite, épices. 

Bouche:  puissance, richesse, l’ensemble dans la douceur.
Equilibre impressionnant. L’acidité du vin apparaît à travers de belles notes toniques et vivaces. Longue finale.

Synthèse: vin de grand caractère promis à un grand avenir.

 

-6-  Château d’Yquem 1988.

- Conditions climatiques et évolution de la vigne:

L’hiver 87-88 se caractérise par un temps très doux et très humide.
Au printemps, les pluies continuent de tomber, provoquant des inondations.
A partir de mi-juin, la pluie fait place à la sécheresse pour plusieurs mois.
La floraison se déroule dans de très bonnes conditions. Il en est de même pour tout le cycle végétatif.


-  Les vendanges 1988  au château d’Yquem:     

  Le développement du botrytis n’est pas favorisé par les fortes chaleurs du début du mois de septembre. La maturité physiologique est atteinte le 25 septembre.
Le 29 septembre, une première trie est possible. Elle s’achève 2 jours plus tard. 
  Du fait de la chaleur, il faut attendre le 17 octobre pour commencer la 2ième trie.
 Elle prendra fin le 22 octobre. Malgré ces conditions peu favorables au botrytis, la concentration est intense et rapide ce qui permet  d’enchaîner la 3ième trie le 24 octobre. Elle se terminera le 29.
Le 4ième passage débute le 2 novembre et associe qualité et quantité.
Deux tries suivront, celle du 7 au 10 novembre puis celle du 14 au 16 novembre. Bien que très avancées dans la saison, ces 2 tries permettent de cueillir à leur optimum  les raisins botrytisés.
Ainsi se terminent  les vendanges 1988 à Château d’Yquem: l’évolution régulière et homogène de la pourriture noble a permis d’enchaîner 6 tries de très grande qualité.        
 

 


- Dégustation:
  
Œil:  Robe dorée légèrement ambrée.

Nez: Extrême pureté. Intensité des arômes de fruits secs, abricot, raisin, figue. Notes épicées. Complexité des arômes.  

Bouche:  La bouche tient complètement la promesse du nez : fraîcheur, complexité immense, équilibre, longue persistance.

Synthèse: « Ce vin est de la même race que le 1997. Il possède le même rôti, le même collant.  Les 5 semaines de développement régulier du Botrytis l’ont conduit à un haut niveau de qualité (cas d’école). La nature n’offre une pourriture noble de cette qualité
que 2 ou 3 fois par siècle. »   M. Bettane.  
 
 


-7-  Château d’Yquem 1986.


- Conditions climatiques et évolution de la vigne:

Printemps-été : le temps est froid et humide jusqu’en avril (3 fois la pluie normale). Dès la fleur, la sécheresse s’installe sur de bonnes réserves et le temps chaud permet une excellente phase végétative.

Septembre: le mois de septembre est arrosé, les températures sont douces
permettant ainsi une forte première contamination des raisins par le champignon.

-  Les vendanges 1986  au château d’Yquem:   
  
  La 1ière trie commence le 6 octobre sans pluie mais avec des brouillards et une atmosphère tiède qui entretiennent le botrytis. Le 18 octobre, il commence à pleuvoir et les vendanges s’arrêtent. Jusqu’au 20 octobre, il tombe 40 mm d’eau. Heureusement, le temps s’améliore et la « trie » peut reprendre. Quatre passages successifs s’enchaînent, perturbés par des brouillards tenaces qui obligent à ne travailler que 5 heures par jour. Les vendanges s’achèvent le 10 novembre.   

 - Dégustation:
  
Œil:  Robe dorée reflétant ses 18 ans d’âge.

Nez: Arômes légèrement iodés.  Notes d’amertume.
 Il s’agit d’un Yquem atlantique.

Bouche:  Douceur et puissance, notes de fruits confits et de caramel. Superbe.

Synthèse: «Les pluies du millésime ont fait que la pourriture
noble est à 90%  pour la 1ière fois depuis le début de la dégustation. » M. Bettane.

Le millésime 1986 est un millésime difficile,  qui a donné du fil a retordre à l’équipe d’Yquem, mais grâce à une sélection draconienne et à une vinification géniale,  ce vin se présente aujourd’hui sous une remarquable forme.   

 


-8-  Château d’Yquem 1982.

- Conditions climatiques et évolution de la vigne:

Printemps : la maturité de la vigne est très précoce dans ce millésime ;
la végétation commence en avril avec un temps chaud et sec. Du fait des températures élevées, la croissance de la vigne est régulière et la floraison,
très précoce elle aussi, se déroule dans de bonnes conditions. 

Eté : beau et chaud. Grâce à quelques petits orages isolés, la vigne ne souffre pas trop de la sécheresse. Le mois d’août est plus orageux et un peu plus humide que les 2 mois précédents.

Vendanges : la chaleur se poursuit début septembre, mais grâce à la petite pluie du 6 septembre et au brouillard qui apparaît, le botrytis cinerea déclenche son action sur les raisins.

-  Les vendanges 1982  au château d’Yquem:   

La première trie commence le 16 septembre, et dure jusqu’au 24 septembre. A cause d’une averse, un  2ième passage a lieu du 28 septembre au 1ier octobre. Ces 2 premiers lots sont d’une grande qualité mais les vendanges doivent s’arrêter pour attendre une nouvelle concentration par Botrytis. La pluie s’installe alors de manière durable, jusqu’au 28 octobre. La vendange reprend du  2 novembre au 6 novembre, avant un nouveau passage de pluie.
Seule la  première trie fera du Yquem, soit un tiers de la récolte. Les lots ramassés après la période des pluies seront déclassés au chai.  
Bilan : très grande réussite qualitative, peu abondante.

 - Dégustation:
  
  
Œil:  robe jaune paille avec des reflets ambrés.


Nez: d’emblée, l’intensité  aromatique nous subjugue ;
explosion des parfums, fruits exotiques, oranges confites. Fraîcheur. Finesse.

Bouche:  belle attaque irrésistible. Complexité. Epices.
 Richesse. Grand charme baroque : saveurs sucrées et salées.
« Grandes saveurs, nous avons l’acidité du passerillage».
M. Bettane.

Synthèse: Raisins issus de la 1ière trie, avant la pluie et avant l’arrivée du Botrytis. Il s’agit d’un grand vin de passerillage au charme fou. Vin extravagant arrivé sur son plateau de maturité, long potentiel de vieillissement.

 

-9-  Château d’Yquem 1975.

- Conditions climatiques et évolution de la vigne:

Printemps : après un débourrement précoce, le temps froid d’avril et du
début mai retarde la croissance de la végétation. La floraison se déroule
du 8 au 16 juin dans de très bonnes conditions. Il n’y a pas de coulure.
A la «sortie»,  on remarque cependant que les grappes manquent d’homogénéité. 

Eté : l’ensoleillement est intense. On aurait pu craindre un excès de sécheresse sans les précipitations du mois d’août.    

Vendanges : le 23 septembre, la maturité physiologique est atteinte.

-  Les vendanges 1975  au château d’Yquem:   

Elles débutent tôt à Yquem, le 29 septembre, sur « les chapeaux de roues », de façon à éviter une récolte de moûts trop riches compte tenu de la concentration très importante. Les deux tries suivantes s’enchaînent très vite sous des conditions très favorables autorisant un rendement jus très important. Ce phénomène compense la faible « sortie », phénomène typique du Sauternais. Les vendanges s’achèvent le 17 novembre. 80% de la récolte deviendra de l’Yquem.  


 - Dégustation:
  
  Œil:  Robe vieil or, couleur magnifique.

Nez: Très fin, subtil. Grand raffinement. Complexité.

Bouche:  Extraordinaire. Equilibre parfait. Puissance sans extravagance.
Le gras est magnifique avec un aspect collant issu d’une pourriture noble parfaite. Notes de caramel.
Vin  concentré et rôti.
« Présence de beaucoup d’extraits secs qui participent au génie du vin. Notes légères de truffes blanches. L’acidité est géniale. » M. Bettane.

Synthèse: La pourriture noble est somptueuse.
C’est le Classique des classiques.
 Capacité à vieillir de plus d’un siècle.

 

-10-  Château d’Yquem 1950.

- Conditions climatiques et évolution de la vigne:

Hiver :  peu rigoureux et sec.
Printemps: pluviométrie normale mais la chaleur démarre dès mai.
Eté : quelques orages en juin (petites grêles), ensuite extrêmement sec avec des températures minimales et maximales élevées 
(14 jours à plus de 30°C en juillet). 

Vendanges :  après quelques pluies début septembre, le temps redevient sec (30% de la normale en octobre) mais avec une humidité constante chaque matin (0,1 à 0,4 mm).
 Ce phénomène, accompagné de températures  maximales égales ou supérieures à 20°C pendant toutes les vendanges permettra  un très bon développement du botrytis.  

-  Les vendanges 1950  au château d’Yquem:   

Elles commencent le 20 septembre, malgré de petites pluies.
La concentration est élevée dans ce premier passage qui donne 70 barriques
à plus de 21° d’alcool potentiel, les parcelles grêlées ayant été coupées.
Du 27 septembre au 3 octobre, quelques pluies relancent le champignon et le beau temps revenant, la cueillette peut reprendre le 7 octobre.
Ensuite, jusqu’au 21 octobre, les vendanges se poursuivent très facilement, seulement interrompues par la pause du dimanche. En 2 semaines, 300 barriques d’un niveau de qualité excellent sont rentrées. Nouvelle pause du 21 au 25 octobre, sans pluie, et les queues, peu importantes, peuvent être coupées ;
6 barriques les 26 et 27 octobre.       
Le millésime s’est développé sous des conditions météo toujours favorables et a pu être récolté idéalement. Le degré moyen final est de 21° et il y aura 358 barriques à la mise.  Cette grande réussite clôt  la grande série des 1945, 1947 et 1949.

 - Dégustation:
  
  Œil:  robe aux reflets ambrés et orangés.

Nez: arômes sublimes aux impressions légères de rancio avec
quelques notes subtiles de noix :
rappelons que pour les anciens, le vrai vin d’Yquem 
ne se révélait vraiment qu’avec l’arrivée du rancio.
  Ici le nez reste fin, délicat, aérien. Les notes de chocolat
 et de liqueur de café n’apparaissent  pas encore.

Bouche:  la pureté et la puissance sont toujours là, comme toujours depuis le début de la verticale. La puissance, sans aucune lourdeur. L’équilibre magique issu de la fusion de l’ensemble est là.
Le vin est complètement envoûtant.
Nous rêvons d’un dialogue avec une vraie crème brûlée.

Synthèse: Oui la magie est là : ce vin nous permet de rendre hommage au Marquis Bertrand, qui régna en Maître sur Yquem pendant plus de 50 ans,  jusqu’en 1967.

CONCLUSION :
_________________

- Tous les millésimes sont d’un très haut niveau :      Pureté, Puissance, Complexité et Elégance sont là.  Nous sommes bien en présence du champion de Sauternes, à la hauteur de sa réputation.   Les millésimes récents sont d’une facture exceptionnelle et montrent  le très haut niveau de compétence des équipes en place : aujourd’hui, les 99, 98, 97, 96  se dégustent parfaitement, nous offrant leur jeunesse et déjà un grand plaisir, tout en restant des vins de garde.      Au fur et à mesure de la verticale, Yquem nous démontre sa formidable capacité à vieillir et nous dévoile  tous ses charmes révélés par l’évolution.  Saluons aussi particulièrement  la grande compétence des équipes de  vendanges qui assurent la qualité des tries, qualité sans laquelle il n’est point d’Yquem.

- Pierre Lurton apparaît comme un rénovateur de Sauternes. Sa volonté est de faire entrer Yquem dans une nouvelle ère moderne. Ses premières actions confirment son projet.  Sans vouloir briser le mythe d’Yquem, il souhaite le dépoussiérer et le rénover.
«  - Sauternes a été mis en carcan depuis longtemps ; il faut faire sauter tout cela ... il faut ouvrir Yquem ! »

   Il veut nous faire boire du Château d’Yquem ?   Nous sommes d’accord !

 
 
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