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Ecole de Dégustation de vins
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Château de Fargues (Sauternes) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Château de Fargues
Sauternes

par Alexandre de Lur Saluces

 

Grains Nobles le mardi 17 janvier 2006

INTRODUCTION
En embuscade du prestigieux Château d’Yquem se trouve un autre château de prestige, et pour cause… Le propriétaire n’est autre qu’Alexandre de Lur Saluces. Les vendangeurs sont les mêmes qu’à Yquem (25 des 100 vendangeurs d’Yquem s’attaquent à ce terroir plus tardif). Or,  nous savons bien qu’à Sauternes plus qu’ailleurs, le capital humain disponible lors des différentes tries est une donnée capitale… Le parallèle ne s’arrête pas là. Les bouchons sont identiques et même le fumier est un facteur commun de production :  il est de fait produit sur une partie des terres du Château de Fargues. Il faut dire que la place ne manque pas sur ce grand domaine de 170 ha dont seuls 15 ha sont plantés (à 80 % en sémillon et 20% en sauvignon) et en production. Une bonne vingtaine d’hectares au moins pourraient être utilisée si les autorisations de plantation le permettaient.
Face à tant de points communs avec le château qui sert de référence absolue à l’appellation, une question apparaît légitime : pourquoi ce cru de Sauternes n’a-t-il pas été classé en 1855 ? Tout simplement parce que sa production, en fermage à l’époque, était essentiellement dédiée à des rouges de qualité moyenne. Il faudra attendre l’entre-deux-guerres pour que l’encépagement en sémillon et sauvignon se concrétise et 1943 pour la première mise en bouteilles.
Comme chez son prestigieux grand frère, Fargues est produit, depuis cette époque, avec un soin extrême : des vendanges par tries successives pour ne garder que les grains effectivement atteints par la pourriture noble et conduisant à des rendements minuscules (1 verre par cep en moyenne). Comme à Yquem, l’ambition réside dans la perfection du raisin ramassé et dans l’équilibre final obtenu. Pour cela, un niveau de 20° d’alcool potentiel (340g de sucre/L) est visé, afin d’assurer un équilibre à 14° ou 15° d’alcool et 6° ou 5° de sucre résiduel (1° = 17g de sucre /L). Le vin est ensuite élevé pendant 3 ans et demi dans des barriques presque neuves, ayant servi à la fermentation des vins d’Yquem. Quatre soutirages sont réalisés chaque année.

LES NOTES DE DEGUSTATIONS
L’histoire du sauternais recèle des millésimes grandioses (1869, 1847, 1937, 1945, 1947, 1949…) qui montrent indéniablement le potentiel de ces vins. Parmi ceux que nous avons dégustés, certains entreront vraisemblablement aussi dans la légende, à commencer par le 2001. Ce millésime a traversé un hiver doux et pluvieux, un printemps bien arrosé, des mois de juin et juillet maussades et frais mais un mois de septembre froid et sec ayant permis d’atteindre la maturité tout en conservant de l’acidité (1ère trie le 29 septembre. Dernière trie le 24 octobre. Rendements : 14hl/ha). Au final, l’analyse du vin démontre un très bel équilibre  (13,9° d’alcool, 132 g/L de sucre, 4,9g d’acidité). Le 2001 (*****), millésime généreux (20000 bt), possède une robe brillante, un nez intense, une attaque ronde sur un fruit très gourmand. Le milieu de bouche évoque le miel tout en se distinguant par une grande race et un réel équilibre. La finale est longue. Un vin dont on a envie de se resservir. Quel meilleur signe pour un Sauternes ?

Le 2000 (****(*)) est assez fermé au nez. La bouche offre une belle puissance et des notes confites, rôties. La finale, longue, est à la fois puissante et structurée par une belle acidité. Le sucre et l’acide apparaissent encore assez dissociés à ce stade. Ce grand vin n’atteint pas la finesse du 2001. Il a  été produit en quantité très réduite (4000 bt) et l’analyse révèle les paramètres suivants : 13,5° d’alcool, 125g/L de sucre résiduel et  4,8g/L d’acidité.

Si le nez du 1999 (***(*)) présente quelques notes de soufre et de réduction, il apparaît également frais et fin mais moins dense que dans les millésimes 2000 et 2001. Cette finesse et cette fraîcheur se retrouve en bouche. La complexité, moins importante, et un léger creux en milieu de bouche place ce vin légèrement en retrait par rapport à 2000 et 2001.  L’analyse du vin fait apparaître 13,5° d’alcool, 122 g/L de sucre et 4,9g/L d’acidité. 24 000 bt ont été produites.

1998 (****) est également une année généreuse (25°000 bt) mais d’une qualité supérieure. Le nez est encore fermé. L’attaque est relativement droite et, en bouche, les arômes apparaissent complexes (fruits confits, gentiane, réglisse). Ce 1998 se distingue des précédents par un côté plus « aérien » qui lui confère une grande distinction. Une belle longueur. Son analyse révèle 13,5° d’alcool, 125g/L de sucre et 4,10 g/L d’acidité.

Le millésime 1997 (*****) est un cas d’école : les 5 tries effectuées se sont toutes bien découpées sur un mois à partir du début des vendanges, le 15 septembre. La rendement a été  relativement limité (15 000 bt) et l’équilibre analytique évident : 13,5° d’alcool,  115g/L de sucre et 4,40 g/L d’acidité. La dégustation confirme les attentes : la robe est d’un or brun magnifique. Le nez, encore un peu fermé, est d’une grande complexité : il laisse une grande place au fruit, tout en faisant apparaître des premiers arômes secondaires d’une grande finesse. Sa concentration est impressionnante tout comme sa capacité à allier finesse et puissance. D’une étonnante longueur, ce vin est à l’évidence une très belle réussite.

D’un or brun, le 1996 (****(*)) est assez fermé. Le nez évoque néanmoins la truffe de manière presque imperceptible. La bouche témoigne d’une superbe liqueur tout en démontrant la capacité de ce terroir à assurer un réel équilibre du vin. Ce vin plein de promesses devra être attendu quelques années afin de dépasser sa phase de fermeture. L’analyse chimique révèle 13,9° d’alcool, 105g/L de sucre et 4,40 g/L d’acidité.

De manière surprenante, le millésime 1995 (****) n’a ni la complexité, ni la longueur du vin précédent. Ce millésime, a subi 115 mm de pluie en août et 145 mm en septembre. Il a été tardivement attaqué par la pourriture noble qui s’est alors développée très rapidement. Dans le verre, le vin se présente avec une robe brune et un nez encore un peu fermé, avec ces notes de fumé et de réglisse qui signent le terroir de Fargues. De légères notes d’évolution se font remarquer. L’équilibre est indéniablement un point fort de ce vin qui n’a cependant « pas la longueur et l’envolée, en finale » de millésimes plus réussis (Bernard Burtschy).

1994 (***(*)) est peut être le vin le moins complet de la soirée, tout en étant très agréable et très réussi dans un millésime qui a souffert de la pluie. La robe donne dans l’or brun. Le nez est un peu fermé, tout en évoquant le soufre, le fumé et la réglisse. L’attaque, assez droite, laisse place à une bouche très fraîche caractérisée par un fruit encore primaire. Dommage que les conditions météorologiques n’aient pas permis d’engendrer un vin aussi complexe que la plupart de ceux dégustés pendant cette soirée. Le vin présente un léger creux en milieu de bouche mais une finale d’une longueur honorable. 10000 bt ont été produites en 1994.

Le millésime 1990 (*****), avec 1997 et 2001, apparaît comme un monument d’équilibre, de concentration, de complexité et de jeunesse, malgré une production record atteignant les presque 25hl/ha du millésime 1893… Sa robe est d’un or brun (mais moins brune que celle des précédents vins). Le nez, d’une admirable finesse, fait apparaître des notes d’agrumes (notamment de pamplemousse). L’attaque est droite, le milieu de bouche d’un équilibre exemplaire et la finale très longue.
Pour Bernard Burtschy, le caractère exceptionnel de ce vin réside dans « sa superbe matière et sa fraîcheur mais aussi dans son style moins réglissé et fumé qui signent habituellement Fargues, le millésime ayant en partie pris le dessus ».

Le Sauternais, plus que n’importe quel autre vignoble, appelle, au-delà de la qualité du terroir (qui, dans le cas présent, ne fait aucun doute) un soin très poussé des vignes et un savoir-faire exceptionnel au moment des vendanges. Les liens entre Yquem et Fargues en la matière ne pouvaient donc que présager du meilleur. Et le meilleur est bien au rendez-vous. Fargues produit un grand Sauternes de garde, dont la typicité s’exprime à travers une certaine minéralité, un côté iodé (selon M. de Lur Saluces), des notes de fumé et de réglisse (selon Bernard Burtschy). Le soin apporté à sa production transcende souvent le millésimes, tout en sachant en tirer la quintessence (2005 sera très grand selon Bernard Burtschy). Reste à l’associer intelligemment avec un plat. Que penseriez-vous des huîtres, des crustacés, des poissons en sauce ou autre viandes blanches ?

Bon appétit !

David Flacher.

 

 
 
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