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Ecole de Dégustation de vins
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Domaine des Comtes Lafon
Meursault

 

Grains Nobles Paris, le Lundi 6 mars 2006
Dégustation animée par Dominique Lafon

En compagnie de Michel Bettane, Bernard Burtschy et Olivier Poussier


Introduction
Lors de cette soirée, Dominique Lafon nous a dit aimer faire des
dégustations comparatives de ses vins. Il a récemment organisé une
dégustation avec Eric Beaumard (George V à Paris), et les commentaires
seront bientôt disponibles sur le site Internet des Comtes Lafon. Vous y
trouverez de nombreux renseignements sur les différents vins et millésimes,
ainsi que toutes les notes de dégustation. Ce résumé de la soirée à Grains
Nobles n'a bien sûr pas la prétention de faire pareil chose, mais simplement
de vous relater nos appréciations et nos commentaires (personnels aussi).
Nous faisons ce soir une rétrospective de 20 années, avec pour finir le
millésime 1981 qui a été fait par René Lafon, le père de Dominique. Le
domaine des Comtes Lafon est un domaine familial, qui a été monté par Jules
Lafon, arrière grand père de Dominique. C'était une personne cultivée,
fortunée et grand amateur d'art. Il achetait beaucoup, aussi bien de la
porcelaine de chine que des vignes. Mais alors, dans les années 1920, la
culture de la vigne seule ne faisait pas vivre. Les achats ont été faits
dans les plus belles parcelles, comme les Santenots du Milieu (quasiment 4
ha), les Genevrières et les Perrières (très bien situées), et surtout les
Charmes (le meilleur emplacement).
Pour revenir à l'historique du domaine, cet arrière grand père a eu deux
fils. L'un (grand père de Dominique) est décédé relativement tôt, lorsque
René avait 17 ans, et l'autre, Henri le grand oncle de Dominique, a mis en
place le négoce. En 1956, il veut vendre le domaine, mais René s'y oppose et
réussit à sauver l'affaire. C'est plus un attachement de famille qu'une
question financière. René reste initialement ingénieur à Paris. La vigne est
alors utilisée en métayage, et la famille n'a aucune décision sur les dates
de vendange. En 1982, Dominique arrive au domaine, mais ne s'en occupe pas
réellement. Jusqu'en 1986, il sillonne le vignoble, comme par exemple en
1982 où il travaille chez Faller (en Alsace). A partir de 1984, il décide
avec son frère Bruno de rompre les contrats de métayage. Ces contrats étant
passés sur une période de 9 ans, ce n'est qu'en 1993 que la totalité des
vignes est récupérée.
Le domaine débute sa conversion vers la biodynamie en 1995, et utilise
officiellement cette culture depuis 1998. Pour Dominique, lorsque le terroir
est grand, et que les raisins sont cueillis à maturité, la vinification
n'impacte pas trop sur le vin. La culture de la vigne est un métier
agricole, un métier de paysans.
La production se répartie entre 1/3 de vins rouges et 2/3 de vins blancs.


La dégustation :

Volnay Santenots du Milieu 1997
Le terroir des Santenots du milieu est très solaire, le raisin y mûrit très
vite. 1997 représente un tournant : culture en biodynamie, les raisins sont
égrappés. Les vignes y sont vieilles. Les rendements se situent en moyenne
entre 25 et 35 hl/ha (26 en 1997). Les vendanges se sont étalées du 16 au 19
septembre. Dominique avoue que l'utilisation de la machine abîme les raisins
en les faisant éclater. Les cuvaisons ont duré 2 semaines avec des pigeages
réguliers.
Aujourd'hui, les raisins sont à plus de 80% entiers, la cuvaison dure 3
semaines et les pigeages sont beaucoup moins importants. 2003, goûté dans
l'après midi au Pavillon Ledoyen, est une grande réussite.
La couleur est encore très soutenue. Le nez est ouvert, agréable, sur des
notes d'épices, de framboise et de mûre. La bouche montre la belle maturité
du fruit. La matière est bien présente et soutient le vin. Bien équilibré,
il se termine sur les épices fines. Très belle longueur.

Volnay Santenots du Milieu 1989 (en magnum)
Ce Volnay a été fait selon l'ancienne méthode, avec quelques parcelles
encore en métayage. 1989 est une année chaude, les raisins étaient très
beaux. La vendange s'est déroulée du 17 au 19 septembre. La cuve a été
chauffée à 30°, avant d'être refroidit. Le vin a été légèrement acidifié.
1/3 des fûts étaient neufs. Dominique Lafon aime les vins rouges, tout
particulièrement ceux de la Côte de Nuits (surtout Musigny). Il est un grand
amoureux des pinots noirs de Bourgogne, et trouve très intéressant de faire
des vins rouges.
L'évolution de la robe est légère. De même le nez est encore jeune, avec des
petits fruits rouges. L'évolution secondaire (sous-bois) se montre plus à
l'aération. Le milieu de bouche est toutefois légèrement astringent et la
finale est moyennement longue. Pour Michel Bettane, ce vin est un des plus
beaux 1989 de Volnay.

Meursault Clos de la Barre 2003
Le Clos de la Barre mesure 2,1 ha, et se situe juste derrière la maison.
C'est effectivement un Clos, puisque la vigne est entourée de murs. La terre
argileuse est peu profonde. Le calcaire est très dur. Le raisin mûrit ici
tardivement. Le terroir apporte beaucoup d'acidité. Les notes de citron et 
d'agrumes sont typiques. Le vin est souvent droit, minéral et de puissance
moyenne. Dans les derniers millésimes, et grâce à la culture en biodynamie,
les vins présentent plus de sensualité.
La parcelle a été vendangée le 29 août. Le rendement a tout de même été de
30 hl/ha. L'élevage se fait en fûts d'un vin ou de deux (et plus rarement
trois).
Pour Olivier Poussier, ce 2003 reste tendu et ciselé (malgré le côté
solaire). Malheureusement, deux des trois bouteilles étaient bouchonnées. La
bouteille goûtée durant l'après midi montrait une très belle matière, une
belle acidité (pour le millésime). Le vin reste frais et de belle longueur.

Meursault Désirée 2002
Très petite vigne, Désirée est une très vieille propriété familiale. Elle se
situe sous le camping de Meursault (au nord du village). Plantée en rouge,
l'appellation serait Volnay Santenots. Michel Bettane ajoute qu'il faudrait
appeler ce vin Meursault Santenots. Le domaine des Comtes Lafon est le seul
à avoir gardé le nom de Désirée. C'est techniquement un 1er cru. La terre
est rouge, caillouteuse. La maturité est précoce, et le vin est déjà
délicieux jeune. Michel rappelle que cette cuvée présente beaucoup de
charme.
Le vin a été élevé pendant un an et demi, en fûts d'un ou deux vins. Le
rendement en 2002 a été de 37 hl/ha. C'est un très beau millésime.
La couleur est très jolie, le vin est limpide avec de légers reflets or et
vert. Le nez est charmeur, il tend vers les fruits exotiques (la mangue) et
le caramel. La bouche est d'une très belle richesse, la noisette et les
agrumes ressortent. La finale est harmonieuse et longue. Michel Bettane
imagine qu'il y a un peu de viognier avec ce chardonnay.
La mauvaise nouvelle est que cette vigne a été arrachée après les vendanges
de 2005. Dominique savait depuis longtemps qu'il fallait le faire, et il a
essayé de repousser cette date fatidique au maximum.

Meursault Charmes 2001
Charmes est une autre très belle parcelle du domaine, mesurant 1,7 hectares.
Elle se trouve en haut à gauche de l'appellation, à la limite avec Puligny
(les vignes touchent Les Combettes de Sauzet). La répartition des âges des
vignes est comme suit : 0,5 ha de 75 ans, 0,7 ha de ?, et 0,5 de 15 ans.
Cette dernière (vigne jeune) est souvent mise dans le Meursault village.
Durant l'année 2001, Volnay et Meursault ont été grêlés, mais les 1ers crus
de Meursault ont été relativement épargnés. Le rendement est de 50 hl/ha.
Le nez est magnifique, très fin, avec des notes de fleurs de vignes.
L'équilibre est parfait. C'est un vin cristallin, pur et aérien. Très belle
réussite.

Meursault Clos de la Barre 2000
Dominique Lafon aime ses vins blancs du millésime 2000. C'est une juste
mesure entre l'équilibre, la finesse, la puissance et l'expression du vin et
du terroir. Michel Bettane précise que les vieux Clos de la Barre ont un
côté Bâtard, et que si c'était un vin rouge, il serait plus Pommard que
Volnay. La vendange s'est faite le 15 septembre. Le rendement est de 47
hl/ha.
Le nez est légèrement réduit, grillé. Il est, comme le confirme Michel,
"très Coche" (comprenez du style des vins de JF Coche Dury). Le citron et la
noisette dominent. La bouche est vive, encore très jeune. Les agrumes
accompagnent une longue finale.

Meursault Les Genevrières 1999
La parcelle de Genevrières fait à peine plus d'un demi hectare. C'est pour
Dominique Lafon non seulement une vigne magnifique, mais surtout un endroit
qu'il affectionne tout particulièrement. Il aime s'y promener. 9 ouvrées
sont des vignes de 75 ans, 4 de 12 ans (ces dernières ne sont pas entrées
dans la composition de ce vin). Pour information, une ouvrée représente 1/24
ha. 1999 a été une année à très fort rendement. La vigne a été capricieuse,
ce fût un jeu extraordinaire entre cet endroit et Dominique. Le vin n'a pas
aimé être travaillé et soutiré.
La puissance se fait déjà ressentir au nez. Le vin est plus lourd et plus
fort que tous les précédents. Légèrement réduit, il montre également sa
puissance en bouche. La finale est sur le caramel (alors que normalement
elle est très florale). Le manque de finesse est net, mais ce vin
s'accordera sans problème avec une certaine cuisine.

Meursault Désirée 1998
C'est un millésime très délicat, et Dominique Lafon n'est manifestement pas
satisfait de ses vins. Il recommande de les boire, et rappelle ici que si
des clients n'aiment pas certain vins, il est prêt à les racheter. Le gel
printanier a considérablement réduit les rendements (autour de 20 hl/ha).
L'oïdium a ensuite touché les raisins. La matière est très importante. Les
vendanges ont débuté le 21 septembre.
La robe est surprenante, très dorée, et très différente des précédents vins.
Le nez est évolué, tout de même complexe (noisette, grillé). L'attaque est
puissante, le vin est à la limite de la lourdeur. Manifestement
déséquilibré, il reste agréable dans son style atypique, plaisant à boire
(voire à déguster tout seul).

Meursault Charmes 1997
C'est le premier millésime à partir duquel Dominique Lafon n'utilise que des
raisins entiers. Les vins produits sont généreux, agréables. C'est du "pur
jus", pas d'acidification, pas de chaptalisation. Le rendement est de 38
hl/ha.
Le nez est fin, il manque un peu de volume. Le vin se dévoile doucement dans
le verre, il faut aller le chercher pour qu'il dévoile son charme. L'attaque
et le milieu de bouche sont puissants, la finale manque de longueur.

Meursault Charmes 1996
Michel Bettane rappelle que 1996 est un grand millésime, en rouge comme en
blanc. Le rendement a été de 40 hl/ha.
Le vin a encore une couleur claire, comme de l'eau de roche quasiment. La
palette aromatique est fantastique, le vin est très précis. La minéralité
est présente comme dans un Clos de la Barre. C'est un vin équilibré, racé,
qui a quelque chose d'aérien. La longueur et la persistance sont
extraordinaires. Superbe bouteille !

Meursault Charmes 1990
La totalité de la vigne n'était pas encore récupérée. C'est un travail
commun entre Dominique Lafon et Pierre Morey qui a produit ce vin. 1990 est
une très grande année pour les vins rouges de Bourgogne, mais pas pour les
vins blancs. Le rendement a été de 50hl/ha.
La couleur est évoluée, avec des reflets or. Le nez confirme cette évolution
: floral, lacté, miellé avec une note de caramel fin. La bouche dispose
d'une belle matière, la finale est légèrement trop riche en alcool. C'est un
bon vin, mais pas un grand vin.

Meursault Perrières 1987
La parcelle de Perrières fait 0,80 ha, et est située dans un des meilleurs
endroits de l'appellation. Les raisins y mûrissent toujours très bien et
très rapidement. La difficulté est de contenir le degré alcoolique. Les vins
présentent généralement une belle note de minéralité, et n'ont pas une
grande acidité. L'agriculture a été faite par Pierre Morey, la vinification
par Dominique Lafon. Olivier Poussier souligne le grand terroir des
Perrières, qui prédispose les vins à un long vieillissement grâce au support
acide tout de même bien présent.
Le nez est évolué, complexe. Le minéral domine, avec une fraîcheur
mentholée. Michel Bettane qualifie la minéralité de magnésique, pour lui
très typique de ce terroir. Le vin a gardé beaucoup de fraîcheur, et la
finale est énergique.

Meursault Clos de la Barre 1985
Dominique Lafon reconnaît de suite son erreur sur ce millésime. Il a
simplement copié les méthodes de son père. Il n'a pas fait les raisins, et a
été absent la majeure partie du temps durant l'élevage du vin. L'utilisation
du soufre a été minimale. Mais c'est en analysant ces fautes qu'il a réussit
à changer son travail et à progresser. Pour Michel Bettane, Dominique Lafon
est "né" en 1989.
La couleur du vin a des aspects de vieux vins blancs. Le nez est également
très évolué, atypique : végétal, lactique. La bouche est légèrement
carbonique, et l'acidité soutient le vin. La finale présente des notes
d'agrumes (pamplemousse).

Meursault Clos de la Barre 1981
Ce millésime a été vinifié par René Lafon. Les rendements ont été très
faibles.
Le vin est très fin, sur les agrumes, la cire et le miel. Olivier Poussier
lui confère un équilibre chablisien. La bouche est soutenue par une belle
acidité citronnée, mais la finale manque de longueur.

Résumé : David Rayer

 

 

 
 
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