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Champagne Jacquesson
présentée par
Jean-Hervé Chiquet, co-propriétaire avec son frère

En compagnie de Michel Bettane (MB)

Grains Nobles le 2 mars 2006

La maison Jacquesson a été fondée en 1798, par la famille éponyme. Son succès est rapide et sa renommée importante (le Champagne Jacquesson fut servi lors du mariage de Napoléon Ier), de telle sorte qu’en 1860, avec une production de 700000 bouteilles, elle se positionnait au quatrième rang de toute la Champagne. L’un des propriétaires, Adolphe Jacquesson, s’est notamment illustré par l’invention du muselet (breveté en 1844).
Plus tard, le père de Jean-Hervé Chiquet rachète la maison, qui s’installe alors à Dizy, dans la vallée de la Marne. Depuis 1988, elle est aux mains de JH Chiquet et de son frère Laurent, qui ont affirmé dès leur arrivée leur velléité de produire des grands vins en engageant des moyens importants permettant un véritable renouveau qualitatif.
La taille de la maison est modérée puisque actuellement, 350 000 bouteilles sont produites chaque année, à partir d’un vignoble de 42 hectares, dont une trentaine est exploitée directement par la maison Jacquesson. Les vignes sont toutes issues de villages au minimum classés en premiers crus, et les achats de raisins ne se font que dans les communes où la maison est déjà propriétaire, à savoir : Aÿ, Avize et Oiry pour les Grands Crus, ainsi que Hautvillers, Dizy et Mareuil/s/Aÿ en Premiers Crus. Ceci permet notamment à la maison d’entretenir des relations étroites avec les vignerons fournisseurs. Tous les raisins achetés sont pressés directement par Jacquesson, dans des pressoirs verticaux (à Avize ou à Dizy), des soins particulièrement méticuleux étant apportés à ce pressurage, afin d’obtenir les jus les plus purs possibles. Ensuite, un débourbage doux, à température ambiante, est effectué et les fermentations s’effectuent en foudre de chêne, de capacité variable avec l’origine du raisin.
Le choix de la maison Jacquesson consiste à faire quasi-systématiquement les fermentations malo-lactiques (même si, en 90 et en 2002, Michel Bettane pense qu’elles auraient dues être bloquées). L’élevage des vins se fait sur lies, avec un bâtonnage régulier et la mise en bouteille a lieu sans filtration. Les dosages sont faibles (la quasi-totalité des cuvées est dosée en extra-brut).

La gamme de la maison débute avec une cuvée d’assemblage non millésimée. La politique de Jacquesson s’orientant davantage vers une expression la plus aboutie possible de la récolte servant de base au brut sans année, plutôt que vers une constance du goût entre les différentes versions de ce brut, cette cuvée porte désormais un numéro, et met en valeur les qualités particulières du millésime, tout en conservant le style de la maison. Ainsi, la cuvée composée essentiellement des raisins de 2000 porte le numéro 728 (il s’agit, comme l’atteste le cahier de tirage, de la 728ème cuvée produite par la maison) et c’est elle qui constitue la première édition de ces cuvées « numérotées ».
Ensuite, différentes cuvées parcellaires sont individualisées et millésimées, sur certains crus.
Enfin, on trouve un vin d’assemblage millésimé, intitulé « Grand Vin Signature » jusqu’en 1996, et qui se veut l’expression quintessencielle et complémentaire des terroirs des trois grandes régions champenoises.

La dégustation :

Multi-millésimes
Cuvée n°729
: base de 2001, qui est le pire millésime depuis 20 ans, marqué par la sous-maturité,  les sur-rendements et la pourriture grise, ce qui explique que la maison Jacquesson  a beaucoup vendu à confrères.
Niveau de dosage : brut.
La robe est jaune pâle, assez peu colorée.
Au nez, on décèle des notes de pomme verte, la précision n’est pas ultime (petite note champignonnée qui s’atténue toutefois à l’aération). En bouche, c’est frais, mais une légère amertume signe la finale.

Cuvée n° 728 :(dosage < 6 g/L)
On trouve davantage de reflets dorés dans la robe.
Le premier nez révèle des notes élégantes de fruit (framboise), c’est très gourmand. C’est plein, riche, droit même si ce vin reste plus rustique que le 729, avec notamment une impression tannique en fin de bouche. On perçoit dans cette bouteille une belle expression du pinot noir, sensuelle et aimable. (Il s’agissait de la première édition de la cuvée « multi millésimes » sous sa forme actuelle.)

Cuvée n° 730 (extra brut aussi) :
La couleur est jaune pâle, la bulle abondante et fine.
Le nez est très délicat, s’exprimant davantage sur des tonalités florales, marqué par beaucoup d’élégance. A l’aération, le vin évolue sur le fruit exotique et l’ananas.
Par rapport à la cuvée précédente, le Chardonnay ressort assez nettement, c’est droit et tendu.
La bouche est pleine de fraîcheur, plus mûre, avec une persistance « rafraîchissante ».
C’est la meilleure des trois cuvées « numérotées ».
Michel Bettane fait remarquer la précision parfaite du dosage de cette cuvée.

Millésimés :
Dizy Corne Bautray 2000 :
Non dosé. Dégorgé le 27 décembre, de façon « expérimentale » !
Le lot sera dégorgé définitivement en mars 2006 et commercialisé en septembre 2006.
Très belle parcelle, petits rendements (= 30 hl / ha)
100% Chardonnay.
Belle couleur, dans les mêmes tonalités jaune pâle.
Les notes s’émanant du verre sont très jolies, avec une maturité perceptible alliée à une grande distinction. C’est un vin séduisant et expressif, présentant un intéressant volume en bouche et une grande personnalité. Il s’ouvre remarquablement à l’aération. MB : « Le champagne, c’est ça » !

Avize 1995 :
Niveau de dosage : 3,5 g/l. 100% Chardonnay
Le premier nez est très expressif, avec un beau fruit (coing), complété par des senteurs miellées très séduisantes. Il évolue ensuite sur des arômes de réglisse et de dragée.
L’attaque, vive laisse place à un développement opulent, mais l’on reste toujours dans un contexte de pureté prononcé, ce qui en fait un vin très agréable, rond et plein.

Avize 1996 :
La robe est encore très jeune, le nez est fin, voire légèrement fermé : on sent qu’il a besoin d’air pour s’exprimer complètement.
En bouche, il y a de prime abord une minéralité très marquée, qui s’exprime par une impression de salinité, et de tension. Une énergie terrible se dégage de ce grand vin, dynamique, classieux et plein d’appétence. C’est strict, d’une persistance insigne, tranchant comme une lame et l’on perçoit qu’il n’est pas prêt de s’émousser !
MB : « c’est l’un des plus grands vins de Champagne que j’ai bus dans ma vie ».

Dizy Terres Rouges 2002 rosé :
Pendant longtemps, le rosé de la maison était fait par assemblage, mais cette technique n’était pas satisfaisante pour JH Chiquet et son frère, le rosé ne profitant pas des meilleurs raisins. Ils ont alors décidé de faire un rosé de saignée, à partir d’une parcelle située à Dizy, en premier cru. Pour l’instant, il s’agit d’un 100% pinot meunier, mais il est possible que cela évolue vers le pinot noir dans le futur, car ce cépage est également planté à Dizy.
La robe est d’une intensité colorante assez marquée, d’un rose éclatant. Le nez est gourmand et généreux mais cela manque de profondeur et de vinosité. Une légère touche amère se fait sentir en finale.
Selon Michel Bettane,  « c’est un peu bonbon pour un Jacquesson » !

Ay Vauzelle Terme 1996 :
100% Pinot Noir.
La robe est d’un joli jaune, avec des nuances or pâle.
Dès les premières notes, on est saisi par une sensation de pureté étincelante, quasi cristalline, renforcée par une grande complexité aromatique, avec notamment de nobles arômes de pivoine.
La bouche est remarquable : l’attaque, tout en rondeur, donne quasiment une impression de sucre, alors que la finale exprime toute la race du terroir crayeux, par une salinité surprenante, fraîche et persistante. L’acidité de ce vin lui donne une « fougue civilisée » c’est-à-dire que la matière et la grâce sont sous-tendues par une vivacité et un dynamisme remarquables.

Assemblages millésimés :

Grand Vin Signature 1988 :
Le vin a été dégorgé le jour même de la dégustation (le 02/03/06), il n’a pas été dosé.
La robe est dorée, la bulle fine.
La palette aromatique s’articule autour de belles notes d’acacia et de brioche, avec une nuance épicée (poivre blanc).
C’est joli, vif, avec une grande fraîcheur, mais il n’a peut-être pas la distinction suprême des crus 1996, et on perçoit l’évolution du style et les progrès effectués par la maison en une dizaine d’années). Il y a peut-être une toute légère dureté, mais ça reste un beau champagne net, qui a atteint l’âge adulte.

Grand Vin Signature 1990 :
Egalement dégorgé le jour de la dégustation, non dosé.
L’aspect visuel est sensiblement proche du vin précédent.
On trouve de jolis arômes de miel et de bergamote.
La bouche est épicée, onctueuse et riche, sans toutefois posséder le tranchant et la minéralité de 1988.
MB : « C’est très compliqué le Champagne, ce n’est pas rationnel. C’est pour ça que c’est un vin de fête. »


Grand Vin Signature 1995 :
Robe paille.
La structure de ce vin est très crémeuse, serrée, la bulle étant d’une délicatesse caressante. La matière est bien présente, c’est riche et serré et les extraits secs apportent beaucoup de sève.
L’attaque est davantage marquée par la richesse, alors que la finale est très droite. Il s’émane de ce vin une expression de plénitude terriblement séduisante à l’heure actuelle, et l’on pressent une évolution des plus favorables dans les années à venir.

Grand Vin Signature 1996 :
Avec le millésime 1996, la maison Jacquesson a décidé d’abandonner le nom de « Grand Vin Signature », estimant que ces termes étaient passablement galvaudés, et choisissant un retour à la simplicité en ne mentionnant que le millésime.
La robe est légèrement plus pâle que le 1995.
Le premier nez est marqué par une petite pointe de réduction, puis se développe ensuite une variété aromatique complexe, portée par beaucoup d’élégance et de minéralité, avec quelques notes de silex. On y retrouve l’énergie et la force dynamique que l’on avait sur les autres 1996. La finale est remarquable, longue, précise. La fraîcheur est superbe, saline. Cette pureté, cette retenue distinguée, sont comme des témoins saisissants d’un haut degré de civilisation, qui transparaît dans l’ensemble des vins de la dégustation, et positionne ainsi la maison Jacquesson comme l’un des grands stylistes de la Champagne.

Résumé : Axel Marchal

 

 
 
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