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Ecole de Dégustation de vins
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Château Haut-Marbuzet (Saint-Estèphe) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

HAUT-MARBUZET
Cru Bourgeois Exceptionnel
Saint-Estèphe

Présenté par Bruno Duboscq

 

 

Ecole Grains Nobles
Jeudi 16 mars 2006

 


Dans les années 50, Hervé Duboscq, cheminot gersois, souhaitant s'investir dans la vigne, achète en viager 7 ha de vignes à Saint-Estèphe, entre Montrose et Cos d'Estournel, et les baptise "Haut-Marbuzet". Sans débours immédiat: la rente de l'ancien propriétaire sera un quart de la production du nouveau domaine. En ces années-là, l'exploitation de la vigne n'était pas loin d'être déficitaire, et nombre de propriétés aujourd'hui réputées (Lynch-Bages, Giscours) ont ainsi changé de main. Mais tout était à faire! Sans formation œnologique, souhaitant faire un vin "jovial", un peu à l'image de son caractère, Hervé avec son fils Henri à partir des années 60 rompt avec la tradition de Saint-Estèphe où l'austérité était religion. Replantant la vigne, dans une appellation à 80% en Cabernet Sauvignon, ils font la part belle au Merlot. Et Hervé Duboscq, qui avait dû acheter les barriques, a découvert les vertus du "100% barriques neuves" à une époque où les propriétés bordelaises ne pouvaient ni même n'envisageaient un tel élevage. Ces vins ô combien conviviaux sans nul doute au départ un peu racoleurs comparés à leurs homologues stéphanois, une politique de commercialisation très active vis-à-vis de la clientèle particulière, et l'évolution dans les années 80 des goûts vers des vins aux tanins assagis, voilà autant de raisons qui expliquent la formidable ascension de ce novateur qu'était –et est encore- Haut-Marbuzet.

La parcelle initiale achetée par Hervé Duboscq provenait du morcellement d'une ancienne propriété appartenant  à la lignée écossaise des McCarthy. Petit à petit, le domaine a racheté toutes les parcelles, près de 60 ha, principalement sur la corniche argilo-calcaire de Saint-Estèphe. L'encépagement aujourd'hui est de 50% Cabernet Sauvignon (terres graveleuses du côté de Montrose), 40% Merlot (terrains argileux du côté de Cos d'Estournel), 10% Cabernet Franc, avec –réchauffement climatique oblige- l'introduction prévue du Petit Verdot. La proportion non négligeable de Cabernet Franc, qui apporte l'élégance, explique la couleur un peu plus claire des vins. Le domaine pratique la lutte raisonnée, avec traitements préventifs, mais aussi labours pour détruire les racines superficielles et favoriser l'enracinement profond.  Rendements aux alentours de 40 h/ha.


La tradition de garder l'esprit libre vis-à-vis des traditions bordelaises reste vive à Haut-Marbuzet: Bruno Duboscq, qui représente la troisième génération, n'a pas non plus fait d'études d'œnologie. Et le château n'emploie pas d'œnologue. La vinification se fait à 80% en cuves de béton, et 20% en cuves de bois, avec un choix résolu en faveur des levures indigènes (on n'enlève pas le tartre sur les parois des cuves en béton). Les tanins dus à l'extraction assez poussée sont assagis par l'élevage en bois neuf. Soutirages fréquents à l'air, depuis 1990 ni filtrage ni collage, 12 à 18 mois d'élevage sont de règle. La structure tannique du millésime décide du choix des bois (40% Tronçais, plus d'autres). McCarthy, le second vin de Haut-Marbuzet, représente environ le quart de la production. Il est issu des jeunes vignes (de 3 à 12 ans) et des quelques cuvées non retenues pour le premier vin.

Les Notes de dégustation

Haut-Marbuzet 1997
Reflets tuilés, légèrement translucide. Nez bien ouvert, vanille, framboise. Belle attaque, tanins fondus, notes de caramel. Beau milieu de bouche. Vin élégant, délicat et charmeur. Bonne densité pour le millésime.
Une maturité optimale requiert un arrêt de croissance en été où la sève se concentre. En 1997, l'été chaud, presque tropical, avait occulté cette phase. Ce vin semble maintenant à son optimum.


McCarthy 2003

Robe translucide. La grande maturité de ce millésime apparaît déjà au nez,  bien ouvert: fruits rouges, mûre. Les tanins sont fermes, il y a de la matière et aussi une certaine exubérance dont on pourrait penser qu'elle est due au millésime.


Haut-Marbuzet 2003
Robe rubis sombre. Très beau nez: fumé, grillé, notes balsamiques.  Magnifique équilibre, tanins sans agressivité aucune, fraîcheur étonnante pour le millésime, énorme matière, belle amertume. Un vin dense, gourmand, friand.
Alors que dans les graves du Médoc, la vigne avait beaucoup souffert, les parties argileuses de Saint-Estèphe ont pu conserver suffisamment d'humidité et 2003 y a connu une exceptionnelle réussite.

 

Haut-Marbuzet 2002
Nez fumé qui rappelle celui du 2003. Belle fraîcheur, tanins fins mais présents. Chair savoureuse. Boisé déjà bien intégré dans l'ensemble. Après aération: nez épanoui, thym, gingembre. Poivre et épices aussi en finale.

 

Haut-Marbuzet 2001
Toujours ces notes de fumé. Tabac, premiers arômes d'évolution. Splendide équilibre, fraîcheur, tanins serrés, très belle tenue. Long.

 

Haut-Marbuzet 2000
Nez puissant, épices, notes empyreumatiques. Magnifique attaque. Opulence en milieu de bouche. Beaucoup de corps. Mais chair délicate, soyeux et finesse de tanins bien perceptibles.

Cette année est considéré comme le grand millésime des années 2000. A Saint-Estèphe, cependant, il avait plu un peu avant les vendanges.

 

Haut-Marbuzet 1999
Nez: réglisse, fruits noirs. Bouche: belle attaque, petit creux en milieu de bouche, élégance.  L'aération lui donne équilibre et corps.

 

Haut-Marbuzet 1998
Nez de Merlot, toasté, mûr, épices. Belle rondeur, chair, bien fondu, nuances giboyeuses. Une finale assez étonnante, d'une intéressante complexité aromatique: on va jusqu'à déceler des arômes de poivron!

C'était une année à Merlot (60% dans l'assemblage), superbe, avec une réussite plus difficile du Cabernet Sauvignon. Loin d'être inexistant, ce dernier joue sa partition dans la finale.

 

Haut-Marbuzet 1996
Robe rubis bien brillante. Nez de cèdre, de résine, bien différent des précédents: une autre ère s'ouvre! Matière, corps. Un vin net, frais, racé.

Année caractérisée par la bonne maturité et du Cabernet Sauvignon et du Merlot: vin riche, complet, qui ne manque cependant pas de fraîcheur.

Haut-Marbuzet 1995
Une belle maturité se devine au nez, dominé par le merlot, sans les notes empyreumatiques des précédents.  En bouche, l'attaque est dominée par des tanins bien présents. Belle matière.

Le Merlot était bien mûr en 1995, le Cabernet Sauvignon un peu moins. Est-ce la raison de ces tanins un peu moins polis que dans les vins précédents? Ou bien serait-ce le terroir qui revient, dix ans après?

 

Haut-Marbuzet 1989
Robe assez claire, tuilée. Nez giboyeux, truffe, épices, poivre. Soyeux en bouche, mais tanins bien apparents. Petits fruits rouges, magnifique équilibre: belle fraîcheur, beaucoup de tenue, corps, puissance et aussi finesse. Très long, beaux arômes d'évolution, prune. Après aération, nez riche et épanoui: réglisse, gingembre, cuir, une longue succession d'arômes d'une intensité remarquable.

Voici encore une bouteille en transition entre deux mondes: à l'attaque, on sent poindre les tanins "à la Saint-Estèphe", après aération réapparaît la magnificence des Haut-Marbuzet jeunes.
 
Haut-Marbuzet 1982
Rubis. Nez: gibier, viande, poivre, cuir, mais aussi fruits à l'eau-de-vie. Harmonie et équilibre en bouche. Douceur des tanins évolués. Finesse et tenue. Longueur. Cette bouteille atteint un sommet! Et semble pouvoir y rester bien des années encore.

C'est l'année où le monde entier a découvert les Bordeaux onctueux, aux tanins arrondis dès leur prime jeunesse. Comme Haut-Marbuzet en faisait depuis bien des années! Et l'année où tout le bordelais lui a emboîté le pas. Est-ce utile de dire que c'est aussi l'année qui a marqué le début du succès international de Haut-Marbuzet?

 


Haut-Marbuzet 1975
Robe évoluée, belle densité. Nez: terre, sous-bois, confiture de vieux garçon, confit. Soyeux et onctueux. Finesse, élégance, mais aussi corps, des tanins encore présents, le tout relevé par légère touche d'acidité volatile. Tout cela participe à l'équilibre réel de l'ensemble. Gagne en corps et densité à l'aération.

1975 était une année controversée: des vins durs qui ne s'ouvriraient jamais? Sans que cette bouteille atteigne les sommets de 1982, 1989, ou encore 1996, on voit ici une fort belle évolution.

 

 

 

 

Avec un côté baroque, voire exubérant dans sa jeunesse, Haut-Marbuzet, ce marginal de Saint-Estèphe rentre doucement dans le rang au fil des années. Ce retour des caractères du terroir se dessine après une petite dizaine d'années. Et semble inéluctable: si la présence des tanins n'est pas très étonnante pour 1995 et 1975, ils sont bien là, nobles et fins, en 1989 et même en 1982, au milieu des notes giboyeuses. Au-delà d'une quinzaine d'années, les Haut-Marbuzet se rapprochent des Saint-Estèphe classiques. Jeunes ou anciens, exotiques ou assagis, tous ont en commun finesse et fraîcheur. Est-ce dû au choix de récolter à la juste maturité? Ou dans ces vins magnifiquement modelés par l'élevage, serait-ce une autre empreinte du terroir et de sa composante calcaire ? 

 

Compte-rendu: Richard Schaeffer

 

 

 
 
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