• Français
  • English
  • German formal - Sie
Ecole de Dégustation de vins
Accueil arrow Carnet de notes arrow Bordeaux arrow Etude de Terroir par Bernard Burtschy - Pomerol
 
Ecole
Accueil
Dernière minute !
Programme des dégustations
S'inscrire aux dégustations
Carnet de notes
Soirées spéciales
 
Etude de Terroir par Bernard Burtschy - Pomerol Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Etude de Terroir
Bernard Burtschy

Pomerol

Grains Nobles Paris, le 2 octobre 2006

Introduction à Pomerol
L’appellation

 Le nom « Pomerol » viendrait du latin pomarius, qui signifiait verger. Cette appellation bordelaise de la rive droite est donc destinée depuis l’époque romaine à la culture des fruits et de la vigne en particulier.
Pomerol s’étend environ sur 800ha (pour une taille moyenne d’exploitation de 4ha, la plus grosse étant château de Sales avec 40ha), situés en majeure partie (2/3) sur la commune de Pomerol, à 1/3 sur la commune de Libourne, et pour quelques parcelles sur Saint Emilion (la frontière entre les deux appellations n’est  pas évidente, Cheval Blanc et La Conseillante étant les deux crus limitrophes).
 De l’autre coté, la Barbanne sépare Pomerol de son « satellite » moins prestigieux, Lalande-de-Pomerol, ainsi que de Montagne Saint Emilion. Historiquement, cette frontière revêt d’ailleurs une importance toute particulière puisqu’elle constituait la séparation entre langue d’Oc et langue d’Oïl. La séparation entre Pomerol et Lalande, et particulièrement la commune de Néac, s’est accomplie progressivement avec difficulté vers 1936 lors de la mise en place de l’INAO.

Le terroir

 Pomerol se présente essentiellement sous la forme d’un vaste plateau. En venant de Saint Emilion, on rencontre d’abord un plateau argileux de 20ha, sur lequel sont établis Pétrus (11ha), ainsi qu’une partie de la Conseillante et de l’Evangile. C’est la fameuse « Boutonnière de Pétrus », terroir assez froid puisqu’argileux, et dont le véritable potentiel a été découvert par Mme Loubat, propriétaire de Pétrus, vers 1945. Celle-ci comprend alors ce terroir froid et décide de ramasser trois semaines plus tard son raisin pour une maturité optimale : elle créera ainsi des vins magnifiques de 1945 à 1961, faisant de Pétrus le premier des « vins de garage ». Lors du gel de 1956, elle innove également en n’arrachant pas tous ses pieds, mais en coupant les parties aériennes et en surgreffant sur pied, préservant ainsi tout son potentiel de vieilles vignes. Depuis lors, Pétrus est progressivement rentré dans le giron de la maison Moueix.
 A coté s’étend un vaste plateau de graves, dans le prolongement de Figeac. On y trouve d’ailleurs Vieux Château Certan, vin composé généralement de 2/3 à ¾ de Cabernet pour 1/3 à ¼ de Merlot (2005 est une exception notable). Ces graves sont plus ou moins mélées d’argiles, comme sur certaines parties de l’Evangile, la Conseillante ou Gazin.
 Enfin, vers Libourne, le sol se fait plus sablonneux avec toutefois selon les endroits la présence d’argiles.

 Lorsque l’on évoque le terroir de Pomerol, on entend fréquemment parler des « crasses de fer ». Ce terme, relativement récent dans la compréhension du terroir puisque dans son étude primordial de 1868 Enjalbert n’y consacre qu’un paragraphe négligeable, désigne justement ces argiles ferreuses présentes à Pétrus par exemple, et conférant aux vins de Pomerol ces notes d’humus et de truffe au vieillissement.

 Une autre particularité du terroir de Pomerol est la présence de placages éoliens, sables du sahara amenés jusqu’ici par le vent, et dont l’origine a été démontrée par C. van Leeuwen, ancien chef de culture à Cheval Blanc.
 
Caractéristiques des  vins

 Les vins de Pomerol se caractérisent notamment en bouche par leur très grand soyeux, et leur aspect « lisse », du essentiellement au merlot, présent en général à 80/90% (parfois 100% comme à Pétrus). Ce cépage précoce, d’acidité basse, brille souvent dans les millésimes les plus délicats où les cabernets ne mûrissent que difficilement (2006 ?). A l’inverse, la chaleur excessive lui est néfaste ; or le plateau de Pomerol est une zone plutôt chaude. Il en résulte en général des alcools élevés (14° fréquemment).
 Le Cabernet Franc, présent à 10/20%, apporte la finesse et l’élégance aux vins. Il subsiste très peu de Cabernet Sauvignon dans cette zone : bien qu’il ait été imposé par l’INAO à la plantation dans les années 1960, il a souvent été arraché en raison de problèmes de maturité.


 
Les vins présentés :

2002
Château Bonalgue 2002
Ce domaine est situé près de Libourne, sur des terroirs plutôt sableux plantés de 90% Merlot et 10% Cabernet Franc. Ce terroir lui confère souvent des arômes un peu animaux, ainsi qu’une matière assez légère. Il est néanmoins assez classique.

Château Clos Plince 2002
Ce terroir est plus argileux que le précédent, et travaillé en biodynamie. En conséquence le vin (70% Merlot 30% Cabernet Franc) est plus présent en bouche, plus « musclé » avec des tannins plus fermes.

Château Taillefer 2002
Ce vin vinifié par Catherine Moueix prend naissance sur des terroirs plus graveleux mélés de quelques sables. Sa complexité supérieure aux deux précédents matérialise un beau terroir, mais l’élevage est également plus ambitieux avec un boisé bien plus prononcé. Château en plein renouveau depuis 2002.

2003
Château Cantelauze 2003

Ce vin appartient au Professeur Boidron, ancien de la faculté d’œnologie de Bordeaux et expert en arômes… En conséquence, un vin au profil aromatique très net et développé, avec une bouche soyeuse et lisse mais qui manque un peu de fond. Il est également très bien en 2004.

Château le Moulin 2003
Ce cru situé près de la Barbanne est la propriété d’un négociant de Saint Emilion, et bénéficie d’une vinification plutôt moderne : il en résulte donc un vin plus riche et plantureux. Quasi 100% Merlot, il est assez tannique, et présente même une certaine âpreté des tannins en finale, certainement due à une légère surextraction pour le millésime.

Château Vieux Maillet 2003
Sur un terroir assez froid juste à coté du « Bon Pasteur », le Vieux Maillet connaît souovent des problèmes de maturité. C’est une belle réussite en 2003, le terroir de graves argileuses étant très légèrement exposé nord.

Château Guillot 2003
Sur un terroir assez sablonneux, Château Guillot produit ici un vin logiquement assez léger, mais néanmoins typique de son appellation. Sa robe au disque déjà en cours d’évolution est bien le signe d’un terroir de sable.

Château Guillot Clauzel 2003
Très beau terroir situé entre Nenin, Trotanoy et le Pin, appartenant aux anciens propriétaires du château de Beauregard. Un vin à suivre, et qui devrait montrer plus d’ambition.


L’intrus : Les Hauts Conseillants 2001
Ici, le terroir plus sableux favorise souvent des odeurs légèrement animales. Le vin est assez réduit à ce stade d’évolution, avec derrière des touches légèrement cacaotées. En bouche, des tannins plus rustiques et durs qu’à Pomerol, mais une belle matière et un vin bien fait.

2004
Château l’Ecuyer 2004

C’est ici face à un 100% Merlot sur terroir argileux que nous nous trouvons, ce qui n’est pas sans nous rappeler un grand nom de l’appellation... La propriété est petite (5ha environ) mais produit un très beau vin, d’une grande pureté et d’un charme immédiat (le pur merlot), dont l’élevage pourrait être un peu revu à la hausse.

Château Guillot Clauzel 2004
Sur ce très beau terroir, le 2004 est un vin aux aspects plus stricts que le précédent, avec cependant une belle présence en bouche. La encore, un apport supplémentaire de barriques neuves pourrait donner de l’ampleur à cette bouteille.

Château Feytit Clinet 2004
Ce domaine d’environ 7ha sur le plateau de Pomerol, planté de 90% Merlot et 10% Cabernet Franc, est en plein renouveau sous la houlette de Jérémy Chasseuil. Un vin au très beau fond, à l’élevage soigné et encore assez dominant, aux tannins soyeux. Un domaine à suivre.

Château Rouget 2004
Ce grand domaine de 18ha, sur des graves assez argileuses, se situe à coté de Château Le Gay. L’encépagement est de 85% merlot et 15% cabernet franc. Le vin est profond, avec une belle matière, l’élevage cependant pourrait être un peu plus abouti.

Château Petit Village 2004
Propriété d’Axa, ce château a été totalement gelé en 1956 et le choix des portes greffes lors de la replantation l’handicape probablement désormais : Petit Village peine à retrouver les sommets. 65% de Merlot, 17% de Cabernet Franc et 18% de Cabernet Sauvignon (rarement mur) sur des graves argileuses, pour un vin qui semble manquer un peu de maturité, avec des tannins un peu poussiéreux.

Château Gazin 2004
Grande propriété de la famille de Baillencourt, Gazin a eu ces dernières années du mal à trouver un vinificateur à sa mesure. Très bien situé sur le plateau, et planté de 90% merlot, 7% cabernet franc et 3% cabernet sauvignon, Gazin produit un vin assez pulpeux, d’une belle puissance, aux tannins élevés : l’archétype de Pomerol, en quelque sorte.

Château La Conseillante 2004
Propriété de la famille Nicolas, La Conseillante retrouve depuis 2004 un vinificateur à son niveau. Situé sur des graves profondes, le domaine de 12ha est planté à 80% merlot et 20% cabernet franc. Il produit ici un vin complexe, aux tannins très fins (probablement les plus fins jusqu’ici), et d’une superbe profondeur.

Vieux Millésimes
Château Trotanoy 1994

Malheureusement bouchonné, Trotanoy est dans ce millésime supérieur à Pétrus. Derrière le défaut, on sent un vin encore juvénile, aux tannins très présents : la force d’un très grand terroir.

Château L’Enclos 1970
Malheureusement également bouchonné, ce vin présente la particularité de comporter une part importante (environ 10 à 20%) de Pressac, ou Malbec, ce qui lui permet d’être encore d’une grande puissance.

Château l’Evangile 1967
L’Evangile produit sur un peu moins de 15ha (80% merlot 20% cabernet franc) un des grands Pomerol. Auparavant géré par Mme Ducasse, il est désormais dans le giron Rothschild. Ce vin d’un petit millésime est encore en forme, ce qui démontre la force de ce terroir ! Il présente de beaux arômes de moka, de chocolat. En bouche, grande suavité et tannins soyeux mais présents.

Château l’Enclos 1966
Là encore, un vin avec une part importante de malbec. Un fruit encore très présent (notes de sirop de cassis), une grande fraîcheur malgré l’age, très beau vin.

Château Nénin 1964
Dorénavant propriété de la famille Delon, Nénin est planté de 65% Merlot, 25% Cabernet Franc et 10% de divers cépages. Le terroir est ici un peu plus sableux. La robe est assez évoluée, au disque tuilé. Le nez est très élégant et charmeur, chocolaté, avec des touches de kirsch. En bouche, très belle tenue, tannins soyeux, légères notes truffées.

Château La Cabanne 1962
La Cabanne s’étend sur 10ha d’un sol argilo graveleux avec quelques sables. Le vin présente encore un nez assez jeune, malgré des touches truffées sensibles. En bouche, beau velouté de tannins et belle longueur. La Cabanne produit un Pomerol assez classique, loin des vinifications modernes.

C.R. François Rosenfeld

 

 

 
 
Boutique
 
Commandes de vins
Verres et carafes
Salons des vins