• Français
  • English
  • German formal - Sie
Ecole de Dégustation de vins
Accueil arrow Carnet de notes arrow Rhône arrow Domaine Tempier (Bandol)
 
Ecole
Accueil
Dernière minute !
Programme des dégustations
S'inscrire aux dégustations
Carnet de notes
Soirées spéciales
 
Domaine Tempier (Bandol) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Domaine Tempier

(Bandol)
Avec Daniel Ravier

 

 

Grains Nobles le lundi 09 octobre 2006
En présence de Bernard Burtschy

Introduction

L'appellation Bandol s'étend sur 1500 hectares en production répartis sur les 8 communes du canton de Boisset. Elle se situe sur la Côte d’Azur, entre Toulon et Marseille. Le terroir est exploité pour 40% par des caves coopératives et pour 60% par des domaines (certains ont jusqu’à 80 ha de vignes).
Enserré dans le vaste amphithéâtre de montagnes formé par le massif de la Sainte Baume, le vignoble, orienté plein sud, descend en gradins jusqu'à la mer. Emplacement idéal puisque le vent marin tempère les ardeurs du soleil. Idéal pour le vignoble mais aussi et malheureusement pour les promoteurs immobiliers qui guettent la moindre parcelle de terrain disponible.

L'appellation d'origine contrôlée existe depuis 1941 grâce aux efforts acharnés d'une génération de pionniers.
Fin des années 1930 et début des années 1940, Lucien Peyraud et le Dr André Roethlisberger croient au formidable potentiel de ce terroir. Ils sont persuadés de pouvoir faire des vins de qualité, plutôt que des vins de table coupés avec des vins venant d'Afrique du nord.
Lucien Peyraud arrive au domaine Tempier en 1940, domaine créé en 1834.
Il devient président du syndicat des vins de Bandol en 1945. Les temps sont difficiles, à l'époque on vendait les vins de l'appellation moins chers que les vins de table!
C'est après 37 années d'efforts que Lucien Peyraud parvient à hisser l'appellation Bandol au niveau que l'on connaît aujourd'hui en s'appuyant sur un cépage: le mourvèdre.
On peut dire que Lucien Peyraud est le père spirituel du vin de Bandol à base de mourvèdre.

En 1960, Jean Marie et François Peyraud prennent les commandes du domaine.
En constatant des différences notoires entre les vins de plusieurs parcelles, ils décident en 1987 de créer les cuvées portant le nom des lieux dits: la Tourtine, la Migoua et Cabassaou.
En 2000 Jean Marie et François entrent au conseil d'administration et confit la gestion du domaine à Daniel Ravier.

Les 30 hectares du vignoble se situent sur les 3 communes: Le Castellet, Le Beausset et La Cadière.
Le cépage roi est le mourvèdre. Tardif, il ne supporte pas la surproduction (les rendements doivent être inférieurs à 45 hl/ha pour obtenir des raisins de qualité). De plus, il aime les sols qui ne sont pas trop riches.
Les autres cépages sont par ordre d'importance : le cinsault, le grenache, le carignan, la syrah pour les rouges et clairette, ugni blanc, bourboulenc, marsanne pour les blancs.
Le domaine produit les 3 couleurs mais essentiellement du rouge (environ 70%), un peu de rosé (env.27%) et très peu de blanc (env.3%).

Pour des raisons historiques, il existe des cuvées différenciées. La demande ne vient pas de la famille, mais des importateurs (fin des années 1970). Ils goûtaient alors des vins différents et demandèrent des mises séparées.

Les 5 cuvées de rouge sont les suivantes :

- Classique : assemblage des différents terroirs. 75% de mourvèdre (plutôt des jeunes vignes) associé à du grenache, du cinsault et une pointe de vieux Carignan.
- Cuvée spéciale : 80% de mourvèdre (30 ans d'âge) près du domaine et 20% de grenache de la Migoua. Cette cuvée a été créée en 1982 et n’est plus faite aujourd’hui.
- la Tourtine : près du village du Castellet. Altitude moyenne de 170 m. Sols argilo-calcaires souvent balayés par le Mistral. Environ 80% de mourvèdre, grenache et cinsault à parts égales. Vignes de 40 ans.
- la Migoua : commune de Beausset. Terroir très ancien, Muschelkalk de 200 millions d'années en sous sol. Mosaïque de sols en surface : argiles ocres, rouges, blanches, bleues parfois caillouteux. Altitude moyenne 270 m, exposé plein sud en forme de cirque. 80% de mourvèdre, complété de cinsault.
- Cabassaou : à peine un hectare dans le bas de la Tourtine. Premier millésime 1987. Pente étagée orientée sud à sud ouest protégée du Mistral. 95% de mourvèdre.


Les vinification se font en cuves inox thermorégulées puis l'élevage en foudre de 50 hl pendant 18 mois. Le rendement est de 40 hl/ha (décret de l' AOC).
Seulement quatre soutirages, pas de collage ni de filtration.
Le vignoble est en bio (non revendiqué) depuis la création du domaine.

Bernard Burtschy ajoute que la mauvaise réputation du vignoble date de la fin du 19ème siècle, où la surproduction a minée la qualité. Depuis, Bandol n’a jamais réussi à retrouver sa réputation. En France, malheureusement, on ne dispose pas du bon clone. Tempier utilise toutefois des sélections massales rigoureuses, provenant de Beaucastel, Château Simone, …

Les vins dégustés :

Bandol rosé 2005

2005 est le millésime le plus sec jamais enregistré.
50% de mourvèdre, grenache et cinsault. 50% de macération pelliculaire, 35% de pressurage direct et un peu de saignée. Ensuite vinification en blanc et fermentation malolactique. Daniel Ravier rappelle que le mourvèdre apporte une assise et une tenue au vin. Il aime particulièrement ce 2005, marqué par l’élégance et la fraîcheur.
Le vin nous apparaît gris rosé avec des reflets saumonés brillants. Le nez déborde de fruits rouges (fraise, framboise), on retrouve aussi des notes de pêches de vigne et de zeste d'orange.
La bouche est ronde, grasse et chaleureuse. Elle confère au vin beaucoup d'amplitude.
Très long en bouche, gourmand et généreux.

Bandol rouge 2004

Millésime sec et froid, surtout début juillet puis très chaud en août mais avec des nuits fraîches. C’est un des millésimes les plus froids des 10 dernières années.
Assemblage de La Tourtine et La Migoua, 75% de mourvèdre, de cinsault et grenache à parts égales, et carignan (2%). L’âge moyen des vignes est de 25 ans, mais certaines sont très vieilles.
Nez aromatique bien ouvert sur des fruits rouges mûrs, des épices, du tabac blond et une pointe minérale. Bouche chaleureuse pleine de vitalité et de puissance. Les tanins sont fins et légèrement asséchants (jeunesse).

Bandol rouge 2004 la Migoua

Assemblage de mourvèdre (50%), cinsault et syrah.
Robe rubis pourpre. Le nez est timide mais on sent la profondeur et la densité du vin (il ne faut pas hésiter à le carafer).
On a plus d'expression en bouche sur des fruits rouges bien mûrs, des épices et de la garigue. L'ensemble est rond et les tanins sont fins apportant de la structure.

Bandol rouge 2004 la Tourtine

80% de mourvèdre, 10% cinsault, 10% grenache. Robe rubis foncée. Nez discret légèrement minéral, confiture de mûre, caramel et une pointe de vanille. Attaque ronde avec une acidité plus présente donnant beaucoup de vivacité. On ressent comme une progression aromatique en bouche, d'abord du minéral puis les fruits mûrs et en finale des épices. Finale ample et chaleureuse.

Bandol rouge 2004 Cabassaou

Apparence rubis dense avec des reflets brillants. Timide mais fin et élégant sur des notes d'eucalyptus, de menthe, d'herbes de Provence et de réglisse. Le début de bouche est suave, rond avec une belle vivacité puis la puissance arrive d'un bloc accompagnée de tanins fins et plus serrés que les autres cuvées. Impressionnante structure et beaucoup d'avenir.
Bernard Burtschy confirme que cette cuvée vieillit toujours admirablement bien.

Bandol rouge 2003

Robe rubis brillante et assez claire. Le nez est fruité mais un peu fermé sans sensation de cuit.
Curieusement l'attaque est souple et fraîche, presque fluide. Les tanins sont plus gros et un peu secs. Le vin est digeste et c'est le moins exubérant de tous, ce qui est très étonnant pour le millésime.
Daniel Ravier précise qu’il faut imaginer ce vin à table, où il paraît bien différent et s’accorde magnifiquement.

Bandol rouge 2003 la Migoua

La couleur est rubis avec des reflets grenats. Timide et un peu iodé, le nez évolue sur des arômes de réglisse et de fruits noirs. L'équilibre est charpenté grâce notamment à des tanins serrés et astringents, mais le tout est bien construit autour de l'acidité qui apporte la fraîcheur et empêche toute lourdeur.
La Migoua a souvent cette caractéristique d’acidité plus élevée.

Bandol rouge 2002

Le début septembre a été très pluvieux. C’est "l’antithèse" de 2003.
Nez expressif très différent des autres millésimes avec des notes d'évolution, de cuir et de pain grillé. Fondu, fin et chaleureux, le vin est prêt à boire. La finale est assez courte mais avec des arômes subtils de pain grillé.

Bandol rouge 2002 la Tourtine

Animal, épices, sous bois, moka, café pour un nez dense et riche. Densité que l'on retrouve en bouche, le vin est plein et massif peut être un peu sévère à boire. Le vin "chocolate" en finale. Patience.

Bandol rouge 2001

Le millésime 2001 a vu une alternance de 3 périodes chaudes et froides. Il n’y a pas eu besoin de trier.
La robe est grenat assez foncée et des jambes épaisses apparaissent sur le bord du verre.
Nez complexe, riche et fin avec des arômes d'eucalyptus, d'épices, de sous bois sec, de garrigue et de fourrure. En bouche, l'attaque est douce et fraiche puis monte en puissance pour finir sur une magnifique charpente tannique très serrée.

Bandol rouge 2000 la Migoua

Robe cerise noire. Premier nez délicat de cerise confite et de kirsch s'ouvrant sur des notes florales, d'amande fraiche, de réglisse et de cassis. La bouche est fraîche, ronde et parfaitement équilibrée et la langue tapissée de tanins fins, très serrés et enrobés. La finale est longue sur des notes de réglisse. Puissance, finesse et avenir lointain.
Bernard Burtschy ajoute que Tempier a toujours été fin, avec des tanins très fins.

Bandol rouge 1999 la Tourtine

Le nez s'exprime avec finesse sur des sensations florales et des notes de café. La jeunesse et le fruité caractérisent la bouche sans oublier la puissance maîtrisée. La persistance tannique encourage au séjour en cave prolongé.

Bandol blanc 2005

La production est très faible. La vinification se fait en cuve. Le vin séjourne 10 mois en foudre et se compose de : 60% de clairette, 19% d'ugni blanc, 19% de bourboulenc et 2% de marsanne.
Le vin est de couleur or très pâle avec des reflets argentés brillants. Le verre est bien trop petit pour contenir tous les arômes! Très aromatique, fin, citronné, un peu de poire mûre et des petites notes de miel. Déjà équilibré, ample, gras et bien épaulé sans agressivité par une acidité vive, le vin ne demande qu'à attendre ou à être bu.

Bandol rouge 1989 la Migoua

Timidement on perçoit des notes d'évolution, de thym, d'eucalyptus, le vin a besoin de prendre l'air. Ceci fait, arômes d'écorce d'orange, de réglisse et de fruits viennent compléter la fine palette olfactive. De la vivacité, de la fraîcheur et des tanins bien fondus. Le vin est loin d'être fini.

Bandol rouge 1982 Cuvée spéciale

Le vin arbore une robe brune tuilée. Aromatique avec encore du fruit (fraise) ainsi que du cuir et du tabac (boite à cigares). La bouche est suave et accompagnée d'une belle acidité. Très grande finesse, sérénité et race. Quelle tenue!
Il "faut" accompagner ce vin d’une grive.

Bandol rouge 1979 la Tourtine (servi en magnum)

Couleur brune avec des reflets rouges brillants. Nez de zan et d'eucalyptus évoluant à l'aération sur de la crème de mûre, de la framboise à l'eau de vie, du cuir et du moka. Magnifiquement fondu et harmonieux, la bouche est parfaitement équilibrée et très jeune. Inaltérable ?


Conclusion

Le domaine Tempier est incontournable pour qui aime ou veut découvrir les vins de cette appellation.
On découvre à travers les différentes cuvées du domaine, des vins puissants et fins à la fois, sans rusticité, digestes, capables de traverser le temps à condition d'avoir de la patience et de résister à la tentation.

CR : Julien Verez et David Rayer

 

 
 
Boutique
 
Commandes de vins
Verres et carafes
Salons des vins