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Ecole de Dégustation de vins
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Clos Uroulat (Jurançon) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Clos Uroulat

(Jurançon)
Présenté par Charles Hours


 

Avec Bernard Burtschy
Grains Nobles le jeudi 05 octobre 2006

Présentation du domaine

Les terroirs utilisés par le Clos Uroulat de Charles Hours s’étendent sur 15 ha près de Monein, l’un des 25 villages du vignoble de Jurançon, situé au sud de Pau. Deux appellations s’y côtoient : Jurançon (moelleux) créée en 1936 et Jurançon sec créée en 1975. Il existe environ 300 vignerons, dont 100 producteurs indépendants (60 d’entre eux mettent leurs vins enbouteille).
Cette région du Béarn se trouve aux pieds des Pyrénées sous l’influence de ce massif montagneux (effet de foehn). Les pluies y sont abondantes, entre 800 ml et 1000 ml par an. Les vents sont ascendants en été; ils sècheront les raisins. Ils sont descendants en hiver, ils les protégeront contre les gelées (dont les risques sont redoutés jusqu’en mai).

Les cépages principaux sont le petit manseng et le gros manseng. Tous deux possèdent une acidité naturelle importante qui participe de manière remarquable à la typicité et à l’équilibre du vin. La vigne est cultivée en hauteur. Le palissage se pratique sur 3 mètres et est appelé le « hautain béarnais ». La vigne est travaillée en lutte raisonnée.

L’aventure de Clos Uroulat a débuté en 1983. Charles Hours détient aujourd’hui 7 hectares de vignes, et en vinifie 15 (grâce à la création d’une association). Il a été rejoint depuis 2 mois par sa fille Marie, qui redonne de l’énergie au domaine et contribue à donner suite à l’œuvre de son père.
La densité de plantation est de 4000 pieds/ha. Le tracteur est utilisé pour le travail à la vigne. La région de référence de Charles Hours est la Bourgogne, dont il affectionne tout particulièrement les vins. Il avoue pouvoir encore faire quelques progrès notamment sur le pressurage ainsi que sur l’utilisation des barriques. Le Jurançon sec a moins de 4 grammes de sucre résiduel (par litre), alors que le Jurançon a au minimum 34 grammes. Il n’y a jamais eu d’appellation demi-sec.

Sur 7,50 ha, Charles Hours produit la Cuvée Marie en Jurançon sec, avec le gros manseng (90%) qui apporte la structure et le courbu (10%) qui apporte la finesse. Les terroirs sont des coteaux (altitude de 200m à 350m) exposés au sud et au sud-ouest. Le sous-sol est formé de poudingues calcaires altérés associés à des argiles à galets peu perméables. Ce type de sols permet une excellente régulation de l’alimentation en eau tout au long du cycle végétatif. Les vendanges ont lieu à partir de la mi-octobre. Le rendement moyen est de 50 hl/ha. Chaque année, 10% de barriques neuves sont utilisées pour la cuvée Marie.

Sur 7,30 ha, Charles Hours produit Uroulat en Jurançon classique (moelleux), avec le petit manseng (100%). Les grains des raisins sont petits avec une peau épaisse. Les grains ne se touchent pas. Les risques de pourriture sont donc plus faibles. La méthode de concentration est le passerillage, grâce au vent chaud (effet de foehn). Les vendanges ont lieu en novembre. Charles Hours cherche à faire des vins doux, sans excès de concentration. Il recherche le fruit et l’acidité. Chaque année 25% de barriques neuves sont utilisées pour Uroulat. Le terroir est semblable à celui décrit plus haut. Les coteaux sont exposés à l’est et au sud-est. Le rendement du petit manseng se situe autour de 30 hl/ha.

 

Dégustation

-1-  Cuvée Marie  2005 – magnum 

Les raisins ont été vendangés manuellement, fin octobre. Ils été très mûrs. Le gros manseng apporte toujours des notes de noyau de pêche et une légère amertume en finale.
Ce vin est de mise récente (septembre 2006). Très clair, aux reflets verts, il offre pour le moment, un nez discret d’agrumes, de pêche et de fruits exotiques. Il a un côté floral.
Il s’ouvre en bouche, est tendue, complexe, vif, gras, superbe d’équilibre. La finale est persistante.

-2-  Cuvée Marie 2004

2004 est une année très généreuse. La vigne a compensé le faible rendement de l’année caniculaire. Charles Hours nous rappelle ici qu’il est œnologue de formation. Il proscrit l’utilisation d’engrais chimique et travaille la vigne et le vin le plus naturellement possible.
D’une robe bien plus soutenue (reflets jaunes), le nez s’ouvre sur des notes de pêche, d’abricot, de tabac et une touche fumée.
La bouche présente une belle acidité, belle minéralité. La tension est toujours là.
Le vin est toujours extraverti et complexe.

-3-  Cuvée Marie 2003

Alcool 14,7°. La cuvée Marie 2003 a été déclassée en Vin de raisins surmûris, appellation d’origine grecque. Le vin a 6,4 grammes de résiduel. L’acidité est de 4,5 (habituellement entre 5 et 6,5).
La vendange a eu lieu 15 jours avant la date habituelle.
Le taux d’alcool potentiel était assez élevé (laissant craindre des sucres résiduels importants), alors que les peaux n’étaient pas assez mûres.
La robe est soutenue, or. Le nez est exotique, fruits confits, abricot et noisette. Une pointe de gaz se dégage en bouche, le résiduel paraît mais la finale présente une belle ligne.
Atypique pour un Jurançon sec. A regoûter dans 3, 5 ou 10 ans pour apprécier l’évolution des sucres, l’acidité permettant à ce vin de vieillir.

-4-  Cuvée Marie 2002

L’année a été fraîche et froide.
Le vin commence à s’assagir, et est bien ouvert.
La palette aromatique se transforme. Plutôt fleure blanche, pêche fine.
La bouche est tendue, développe une belle minéralité.

 -5-  Cuvée Marie 2001

Nez intense, fin, avec des petites notes de pommes et de réglisse.
L’acide malique a été brûlé. La bouche est construite sur la complexité, avec du fond. Finesse et élégance, la douceur est combinaison de minéral et de fleur blanche.
Grand vin.

-6-  Cuvée Marie 2000

La robe commence à évoluer, jaune or. Le nez traduit lui aussi une légère évolution : notes d’hydrocarbure, truffe blanche très légère, caramel, marque de bois encore présente.
La bouche reste fraîche, exprimant les fruits exotiques, finale vivace. Très belle acidité.

-7-  Cuvée Marie 1999

Le millésime a été très difficile (sans doute le plus délicat pour Charles Hours).
Le premier nez est réduit. Puis viennent le coing, l’abricot sec, et une note d’hydrocarbure assez marquée. Il manque de netteté.
La bouche est plus douce, apaisée, manque de fond.

-8-  Cuvée Marie 1998

Le nez est dominé par une note d’amende et un côté pharmaceutique (petite déviation).
La bouche est dans la douceur, à nouveau. Bien sèche et longueur plus agréable.

-9-  Cuvée Marie 1996

Le nez est magnifique, avec des arômes intenses de fruits exotiques, de mangue, de litchi et de truffe blanche.
La bouche est tendue, présentant toute son énergie. Belle acidité. Minéralité. Grand équilibre. Longue persistance. Légère amertume en finale, et note de poivre blanc.
Evocation des grands Riesling allemands de la Moselle.
Grand vin.

 

-10-  Clos Uroulat 1984

Deuxième millésime de Charles Hours, cette année 1984 a été difficile.
Nez très fin. Grande élégance, et délicatesse.
La bouche tient toutes les promesses du nez. Fine, la fraîcheur et l’équilibre sont étonnants ! L’harmonie est douce.
Grand vin.
La transition entre le Jurançon sec de la Cuvée Marie 1996 et ce Jurançon moelleux du clos Uroulat 1984 se fait sans heurt, dans la continuité, de manière idéale. Les sucres étant bien fondus, il est plus facile de progresser de plus ancien au plus jeune.

-11-  Clos Uroulat 1988

Année chaude. La fermentation s’est faite en cuve et l’élevage en barriques. C’est pour Charles Hours la plus belle réussite de la trilogie 1988/1989/1990.
La robe est soutenue, ton orange et cuivre.
Les arômes de fruits exotiques sont discrets, mangue et mandarine ressortent.
L’entrée en bouche est puissante et révèle un vin à pleine maturité. Puis vient à nouveau le registre de la douceur et de l’équilibre. La finesse et la longueur sont superbes. Les agrumes, le zeste de citron terminent ce vin en toute beauté.

-12-  Clos Uroulat 1995

Nez aux fines notes de résine. Arômes intenses de fruits, confits.
La bouche est puissante, concentrée et fraîche. Acidité vive. Le bois est légèrement présent.
La construction du vin s’apparente à celle du 1984.

-13-  Clos Uroulat 2000

Retour à l’équilibre, à la délicatesse, à l’élégance, autant pour le nez que pour la bouche.
Plutôt fermé au premier nez, il dévoile une belle pureté d’arômes, de pêche, d’abricot et une touche de fraise. Il manque toutefois de densité.

-14-  Clos Uroulat 2001

Nez tout en douceur, finesse, fraîcheur. La pureté est magnifique : abricot fin, noisette.
La bouche est vive, concentrée, complexe. La finale est très longue, avec des notes de café, de torréfaction.
Très grand vin.

-15-  Clos Uroulat 2002

L’amande domine le nez de ce vin séducteur, qui s’ouvre dès aujourd’hui. L’acidité est présente en entrée de bouche, mais la finale manque d’équilibre et présente un côté confit, qui manque de vivacité.

-16-  Clos Uroulat 2003

Le nez est ouvert, sur les agrumes, la noisette et le marc de café.
Le gaz se retrouve, comme pour la cuvée Marie, et permet de garder de la fraîcheur en bouche. Une pointe d’amertume est perceptible en finale.

-17-  Clos Uroulat 2004

Nez élégant aux notes d’agrumes et de framboise.
La bouche est explosive de jeunesse, la tension est perceptible avec une acidité bien marquée, citronnée. La matière est superbe.

-18-  Clos Uroulat 2005

Le nez est d’une grande pureté. Les agrumes des premières années ressortent.
La bouche est aussi explosive que le 2004. Très belle acidité et minéralité.
Les fruits exotiques et les agrumes sont là, à croquer.
Grand vin.

 

Conclusion

Les vins d’Uroulat ont beaucoup à dire, et souvent avec exubérance. Celle ci est d’un caractère fort où la complexité et la profondeur sont toujours présentes. Secs ou moelleux, les vins brillent par leur équilibre, leur élégance et leur fraîcheur. Les vins de Charles Hours ressemblent à leur auteur.
Probablement, l’acidité naturelle du petit manseng et du gros manseng est l’une des clés de l’équilibre si particulier et si juste des Jurançons de Charles Hours. En outre cette acidité permet au vin de vieillir longtemps.
Chez Charles Hours, il y a avant tout la recherche de l’expression du terroir, et le respect de celui-ci : point de recherche de concentration excessive, point de maquillage, point de racolage.
Assurément, les vins d’Uroulat appartiennent au domaine des Grands Vins.
Le "vote" des dégustateurs à la fin de la soirée a fait sortir plusieurs bouteilles. Pour la Cuvée Marie, le 1996 a incontestablement triomphé, suivi du 2001 et du 2004. Pour Clos Uroulat, les 2 vieux millésimes ont été appréciés, certains étant plutôt partisans de l’exubérance du 1984, alors que d’autres préféraient la pureté du 1988. Le 2001, comme pour le sec, a été reconnu comme un excellent millésime, et le 2005 est promis à un avenir divin !

 

CR : Pierre Maréchal et David Rayer

 

 
 
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