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Ecole de Dégustation de vins
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Domaine Gourt de Mautens (Rasteau) PDF Print E-mail

Domaine Gourt de Mautens
Côtes du Rhône Villages – Rasteau
Présenté par Jérôme Bressy

 


Grains Nobles le jeudi 23 novembre 2006

 

L’appellation Rasteau

Ce village est situé dans la partie méridionale de la vallée du Rhône, dans le Vaucluse, à quelques kilomètres au nord de Gigondas et Vacqueyras (20 km de Châteauneuf-du-Pape). Rasteau possède un vignoble très ancien, et ce sont les vins doux issus de grenache qui ont fait connaître l’appellation. Dans les années 1930, le vignoble était planté à 95% de Grenache. Suite à la désaffection des vins doux naturels dans les années 1970, l’encépagement a été révisé avec plus de mourvèdre qui convient très bien, du cinsault, et un peu de syrah qui n’est pourtant pas le cépage le mieux adapté à ce terroir très solaire.
Rasteau a obtenu son AOC en 1944. Il a fallu attendre 1967 pour l’appellation Côtes du Rhône Villages. La superficie en production est de 733 ha pour une production en 2005 de 25600 hl. Aujourd’hui l’appellation produit 90% de vins secs (blancs très minoritaires) et 10% de vins doux naturel.
60% de la surface de l’AOC est vinifié par la cave coopérative.

Le domaine

Le nom du domaine est issu de vieux écrits relatant la culture de la vigne sur ces terroirs durant le 17ème siècle. Gourt signifie "l’endroit où l’eau se ramasse" et Mautens "par mauvais temps". Les sols sont en effet très secs et très compacts, et il est rare d’y voir de l’eau, sauf par fortes pluies lorsque des résurgences font ressortir l’eau.
Le domaine s’étend sur 13 hectares, à Rasteau, répartis en terrasses, coteaux et pieds de coteaux, banquettes, plateaux. Ce sont des terroirs de type tortonien moyen lacustre, tortonien conglomératique et riss composés de marnes argilo-calcaires. La moitié sont exposés Nord Ouest (donne un pH plus bas) et la moitié plein Sud (puissance et moelleux).
Chaque parcelle (7 au total) apporte ainsi sa touche personnelle : la finesse, la minéralité, la puissance, la longueur…assemblés pour composer un seul vin. Jérôme Bressy n’est pas tenté par une cuvée spéciale car il manque toujours quelque chose à l’assemblage. Il adhère parfaitement à la culture d’assemblage de la région. En outre même les meilleures parcelles ont besoin des autres pour se révéler totalement dans le produit final.
Les 12 hectares de vignes plantées en rouge sont à 70% Grenache, 30% vieux Carignan, mourvèdre, Syrah, counoise, muscardin et vaccarèse. Les vignes sont âgées de 45 à 90 ans pour les 2/3 d’entre elles et de 5 à 30 ans pour le reste. Sur certaines parcelles, les cépages sont plantés en foule, c’est à dire mélangés, comme à l’ancien temps.
Un hectare est réservé au vin blanc, très rare à Rasteau. Ce vin est issu d’un assemblage à parts égales de grenache de 50/60 ans sur calcaire et de bourboulenc d’environ 20 ans cultivé sur marne bleue à mi-coteaux.

Pour Jérôme Bressy, les cépages ne sont que des intermédiaires permettant de mettre en valeur les terroirs. Il a la chance de posséder des parcelles de très haute qualité. Son travail à la vigne permet d’exprimer de manière fidèle chaque nuance du sol, et de surpasser le côté variétal des cépages. Son Rasteau, c’ est "la profondeur et le moelleux des argiles".

Jérôme Bressy est aidé au domaine par un employé à la vigne, un employé au bureau et son père (à la retraite). Auxquels il faut ajouter 9 saisonniers pour les vendanges, manuelles bien sûr.

Culture des vignes

Jérôme Bressy est convaincu que 80% du travail d’un grand vin se fait à la vigne. La culture se fait en "biologie" depuis 18 ans, le père de Jérôme travaillait déjà ainsi lorsqu’il était à la cave coopérative. Les sols ont toujours été travaillés. Jérôme accentue la tendance et s’oriente vers la biodynamie depuis 5 ans. Pour le dernier millésime il a arrêté le cuivre, après un essai non réussi il y a 5 ans, mais d’autres méthodes existent aujourd’hui.

L’effeuillage n’est pas pratiqué, car sur ce terroir solaire les feuilles protègent le raisin du soleil, et seul un éclaircissage est pratiqué sur les jeunes pieds. Le travail à la vigne préalable permet en effet de limiter les rendements autour de 12-15 hl/ha !

Les densités sont diverses. Les pieds de 90/100 ans sont à 2500 pieds/ha, avec un enracinement jusqu’à 10 mètres sous terre. Dans les années 1980/1990, il a planté à 3500 pieds/ha. Récemment la tendance est d’augmenter vers 5000 et au delà mais Jérôme Bressy ne veut pas dépasser 5000. En effet, cela augmente certes plus rapidement la qualité de la production des jeunes vignes mais Jérôme Bressy est persuadé que cela va à l’encontre de l’enracinement profond, de la longévité de la vigne et donc diminue sa possibilité d’expression.
Jérôme Bressy aime mélanger les portes greffes et les espèces pour plus de complexité et d’harmonie.

80% des pieds sont conduits en gobelet (en hausse), 20% en cordon. Les dernières plantations le sont plutôt en gobelet.

La date de vendange est essentielle pour Jérôme Bressy (sa mémoire des dates de vendange de chaque millésime le prouve !). Il déguste le raisin tous les jours sur chaque parcelle pour définir la maturité optimale. Il ne mesure plus la richesse en sucre pour ne pas être influencé par l’alcool. Les blancs sont récoltés le matin tôt, important pour la fraîcheur des raisins avant pressurage. Certains millésimes sont vendangés tardivement, y compris par exemple 2003 réputé précoce entre le 18 septembre et le 10 octobre. La maturité phénolique n’était pas atteinte avant (la pulpe et les pépins étaient verts, la peau amère, les tannins verts).

La vinification

Pour le blanc : après le tri, le pressurage se fait directement puis débourbage naturel et fermentation sur lies 10 à 12 mois. La malolactique se fait ou non selon les millésimes. Ajout de 35 mg/l de SO2. Jérôme Bressy recommande de les servir à 14/15°C pour ne pas les "casser". Depuis 2005, il n’utilise plus de bois pour la vinification des blancs, pour conserver la pureté et la subtilité des arômes et ainsi affirmer et affiner le style sudiste de ses vins, différent du style Bourguignon qu’il aime beaucoup par ailleurs. Jérôme Bressy aimerait par exemple retrouver dans ses vins l’arôme de fleur de vigne qu’il a découvert chez les Châteauneuf-du-Pape blancs du Château Rayas.

Les types de contenants pour l’élevage des vins rouge ont été modifiés plusieurs fois ces dernières années. En 1996-1997, tout a été vinifié en cuve, puis des fûts de chêne pour 1/3 neufs, 1/3 d’un vin et le reste en cuve, sauf en 2001 qui n’a pas vu de bois neuf (pièces d’un vin).
Enfin, en 2003, il est revenu au bois neuf pour 50%, mais des demi-muids (600 litres), contenants traditionnels de la région qui permettent un boisé mieux intégré.
Aujourd’hui la vinification varie un peu selon le millésime mais reste toujours guidée par sa philosophie qui est d’intervenir le moins possible pour conserver toute l’expression des terroirs. Jérôme Bressy laisse le raisin macérer dans son jus et il donne ce qu’il veut bien donner. Il ne veux pas sur-extraire, prendre plus que nécessaire : une extraction noble donne une belle texture de tannins, plus soyeuse.
Jérôme Bressy met un peu de soufre pour la pureté du vin et éviter les déviations.

Enfin, on note l’utilisation des fleurs de bouchon de 6 ans d’âge (environ 1 euro pièce). Il s’en produit seulement 50000 par an. Il mesure 54 mm et est fait d’une sélection très rare de fleur de liège par la maison Sagrera à Pallafrugell en Catalogne (Espagne). Les bouchons n’ont pas de revêtement et ils sentent plus le pain d’épices que le liège. Ils sont en effet vraiment magnifiques. Il prend la moitié de la production, l’autre moitié est réservée au domaine Leroy. Important : il ne faut surtout pas s’inquiéter lorsque vous voyez la couleur du bouchon, car il devient rapidement rouge, mais ce n’est pas un défaut ! Beaucoup de clients ont cru à une perméabilité et une oxydation, alors qu’il n’en est rien. C’est naturel.

Jérôme Bressy aimerait commercialiser ses millésimes rouges lorsqu’ils sont prêts à boire, après 4-5 ans minimum. Difficile bien sûr à réaliser mais cela éviterait les incompréhension dues à des bouteilles ouvertes trop tôt (par exemple sur le 98), en outre le vin évolue beaucoup les premières années pour se stabiliser après une dizaine d’années.

Dégustation

Gourt de Mautens blanc 2004
Vendangé le 25 septembre. Elevé 10 mois sur lies. 50% demi-muids d’un vin et 50% en cuve. Mis en bouteille il y a un an seulement. Le nez n’est pas très expressif mais très fin, encore un peu réduit (manque d’aération), sur les agrumes, la fleur d’acacia, le fruit (poire), le curry frais. En bouche on remarque bien la complémentarité des deux cépages, le côté gras, moelleux du grenache, et l’apport en minéralité, droiture et acidité du bourboulenc. Globalement un blanc de gastronomie plus sur le gras et la structure, à garder quelques années.

Gourt de Mautens blanc 2001
Elevé à 50% en barriques d’un vin. Vin plus expressif au nez et chaleureux. Très floral (fleurs blanches), également nettement plus boisé que le précédent avec des arômes rôtis. Presque tannique en bouche, grande longueur.

Gourt de Mautens blanc 2000
Même type de vin que le précédent, mais élevé avec 50% de barriques neuves, notable au nez. En bouche c’est superbe, un cran au dessus du 2001, plus équilibré, satiné et élégant. Finale presque beurrée et grande longueur également. Comme dans les précédents, grande fraîcheur apportée notamment par le bourboulenc. Un style très bourguignon (Meursault).

Conclusion : des blancs de garde (7 à 10 ans) et de gastronomie, qui ne craignent pas l’oxydation, avec une évolution vers plus de finesse et de minéralité dans le 2004. Parfaits avec par exemple des risottos, des volailles ou champignons.


L’ordre de la dégustation des rouges a été choisi par Jérôme Bressy pour mieux montrer le résultat de son travail sur la texture des tannins, en commençant par 2001, millésime charnière.

Gourt de Mautens rouge 2001
2001 est un millésime classique. Elevé en pièces bourguignonnes d’un vin et pratiquement pas d’extraction (pas de pigeages pour la 1ère fois, les peaux sont laissées infusées) et élevage sur lies très long pour garder la fraîcheur. Pas de soutirage.
Nez un petit peu réduit mais fin et floral (pivoine) et sur les petits fruits rouges (framboise). Egalement des notes d’élevage (fumé, café) présentes. De la fraîcheur (la vendange plutôt tardive concentre aussi l’acidité dans les raisins), très loin du côté parfois un peu lourd et kirsché de certains grenaches. Les tannins sont présents mais très fins. Bonne longueur, vieillira bien et lentement. Ce millésime a été important pour Jérôme Bressy, il lui à permis de progresser dans son travail sur la finesse des tannins (pas de pigeages).

En 2002, Jérôme Bressy a produit à peine 10 000 bouteilles déclassées (7 hl/ha). Il est tombé 800 mm en 24 heures courant septembre, les grains éclatent alors et la vigne repousse. Jérôme Bressy a pu vendanger début octobre après un épisode de mistral qui a sauvé la récolte. La moitié a été jetée et 3 ha laissés sur pied. Millésime non dégusté ce soir.

Gourt de Mautens rouge 1997
Le deuxième millésime de Jérôme Bressy. Plus de grenache (85%), pas de bois, pigeage journalier. Pas d’éraflage avant 1999.
1997 est un millésime moyen comme 1996, "bon quand même". Il a fallu vendanger tard et trier.
Reflets oranges de l’évolution. Nez plus sur les épices, genièvre, réglisse, sous bois. Note d’orange. Tannins bien fondus mais très légère sécheresse et amertume en finale.

Gourt de Mautens rouge 1996
Robe plus sombre et moins évoluée. Jérôme Bressy fait remarquer l’arôme "baies de genièvre". Globalement un cran au-dessus que le 1997, un peu plus sur les épices mais surtout plus soyeux en bouche. Chapeau pour un premier millésime à 21 ans ! Le vin de la soirée dégusté le plus proche de son apogée.
Les 1996 et 1997 sont sur le même profil et sont plus représentatifs des vins traditionnels de l’AOC Rasteau, ce qui n’est plus le cas des vins suivants.

Gourt de Mautens rouge 1998 (en magnum)
Nouvelle cuverie utilisée pour la 1ère fois pour toute la production du domaine, élevé 25% en pièces neuves et le reste en cuve.
Millésime de rêve, très belle vendange. Très précoce (vendangé le 18 septembre).
Robe sombre, nez encore assez fermé. Vin structuré et puissant, très concentré, aux tannins serrés, très long. Jérôme Bressy explique que beaucoup de gens n’ont pas compris ce vin au début mais il se patine avec l’âge et ira très loin sur 20 ans.

Gourt de Mautens rouge 1999
Elevé 1/3 en cuve, 1/3 barriques neuves et d’un an. La première année avec éraflage ce qui donne une robe plus sombre car on extrait plus de couleur. Jérôme Bressy a pris la décision d’érafler après avoir dégusté un Cros Parentoux 89 d’Henri Jayer …
Vin typé vin doux naturel sur les fruits confiturés (surmaturité), les épices, le chocolat. Très solaire. Vin pourtant totalement sec, le glycérol donne cette sensation de légère sucrosité.
Vin très riche et concentré et avec peut être un peu moins de fraîcheur que le précédent. Vin le plus concentré réalisé par Jérôme Bressy qui correspondait à ses goûts de l’époque (12 hl/ha).
Comme pour ses autres vins rouge, il recommande de faire attention à la température de service, 15°C pas plus pour la fraîcheur, sinon l’alcool peut se faire remarquer.

Gourt de Mautens rouge 2000
La robe est légèrement plus terne que le 1999. Nez plutôt sur les épices (poivre), fruits noirs et réglisse. Même type de vin que le 1999, avec des tannins plus présents, vin plus charnu et très puissant. Belle suavité, le moelleux et la profondeur venant des argiles. Coup de cœur de Jérôme Bressy après son 2005.

Gourt de Mautens rouge 2003
En 2003, Jérôme Bressy a utilisé des demi-muids pour la première fois, contenant typique de la région qui favorise la fraîcheur et les arômes méditerranéens/rhodaniens, "les petits contenants tendent à pommader/graisser le vin, les grands contenants le patinent". Rendement 14 hl/ha, vendangé du 18 septembre au 10 octobre. Robe très sombre, nez encore discret comme dans les vins suivants, sur les fruits noirs, les épices et l’élevage (torréfaction) mieux intégré que sur le 2001. Côté porto vintage. Bouche superbe, suave, un palier a été franchi par rapport aux deux précédents dans la texture des tannins. L’amertume est également mieux maîtrisée. Le pH est bas pour le millésime, résultat du travail des sols des dernières années.

Gourt de Mautens rouge 2004
Vendangé du 4 au 12 octobre, millésime le plus tardif. Jérôme Bressy rappelle encore que la date de vendange est l’élément principal pour la maturité des tannins.
Elevé en demi-muids, petits foudres de 15 hl et petites cuves.
Nez comme un bloc plutôt fermé, tout sur le fruit aujourd’hui (fruit noir, cerises) et moins sur les épices/élevage que le précédent. Grande précision aromatique, équilibré, élégant, noblesse des tannins. Un bel accomplissement. Ce vin "commence à plaire" à Jérôme Bressy, cela se rapproche de ce qu’il veut faire, un vin accessible plus tôt, raffiné et civilisé. Grand vin de garde.

Gourt de Mautens rouge 2005 (échantillon)
L’assemblage des vins a été effectué il y a 15 jours. Ce millésime va rester dans les cuves béton jusqu’au mois de juin.
Encore en cours d’élevage (gaz présent), prélevé juste après assemblage. Nez totalement fermé mais un fruit énorme. Suave et long, magnifique, encore plus profond que le 2004 et dans le même esprit. Définitivement un grand millésime qui semble supérieur à 2004 pour ce qu’on peut en dire à ce stade. Beaucoup d’acidité, d’alcool, de tannins, de couleur, millésime de grande garde qui se rapproche de 1978. Très grand vin en devenir.

Gourt de Mautens rouge 2004, Vin Doux Naturel (VDN)
90% grenache et 10% carignan. Vendangé le 7 octobre avec des rendement 8-10 hl/ha.
Rasteau est un terroir propice à ce type de vins, c’est le VDN naturel le plus septentrional d’Europe. Jérôme Bressy sélectionne des petits raisins à maturité optimale sur l’ensemble des parcelles (richesse naturelle en sucre 20,5°). La macération dure environ 4 semaines puis le raisin est légèrement muté. Il reste 90g de sucré résiduel et 16° d’alcool. C’est son premier essai, il n’en a pas fait en 2005 et sortira à nouveau ce vin en 2006.
Fin et très puissant comme un porto vintage, bien équilibré. Ce VDN a fortement impressionné les participants. Il serait également intéressant à déguster avec les meilleurs Banyuls rimage pour voir l’influence déterminante du terroir sur le style de ce vin à base de grenache (sol de schistes à Banyuls mais argilo-calcaire plus récent à Rasteau).
A boire sur des fromages à pâte persillée, un tajine aux abricots, ou du chocolat amer.


Conclusion

Tous les vins brillent par leur équilibre entre la richesse et la fraîcheur aromatique, l’élégance et la puissance, et surtout une fidélité au terroir.
Jérôme Bressy est un artisan sensible, ambitieux et perfectionniste, qui avance par essais successifs mais avec une forte volonté et un fil conducteur très net. Le travail sur la noblesse des tannins et l’équilibre porte ses fruits, les derniers millésimes en rouge sont un premier accomplissement.
Jérôme Bressy rêve d’acquérir quelques vignes sur les meilleurs terroirs de Châteauneuf-du-Pape, souhaitons lui que le rêve devienne réalité rapidement ! Nul doute que cela lui permettra de se rapprocher encore plus près de ses modèles Jacques Reynaud, Henri Bonneau et Gérard Chave …


Compte-Rendu : Bertrand Barriquand.

 
 
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