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Les Grands Blancs Secs 1990 de France - La Cave de Christian Canalès Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Les Grands Blancs Secs 1990 de France

présenté par Christian Canalès

 



Grains Nobles le lundi 16 octobre 2006

Introduction
Christian Canalès est un grand amateur, passionné par les vins de Bourgogne. Sa cave, naturellement très fraîche et humide, permet une conservation du vin parfaite. Il tient à jour de manière scrupuleuse son cahier de cave, ce qu’il nous démontre en nous donnant ses statistiques, au pourcent près. Il a, par exemple, 68% de vins de Bourgogne, avant de nous dire qu’il s’intéresse autant aux autres régions.
Le thème de cette dégustation est précis, et pourtant le nombre de bouteilles est conséquent : preuve donc de choisir ce sujet des vins blancs, uniquement secs, du millésime 1990. La climatologie de cette année a été parfaite sur toute la France, ce qui en fait une très grande année.
La recherche de Christian Canalès n’est pas l’analyse profonde du vin, comme peuvent le faire Bernard Burtschy et Michel Bettane, mais plutôt "le plaisir maximum, le plus grand nombre de fois !".


1 Champagne Blanc de Blancs Deutz 1990
Le vin est issu principalement de raisins de la Côte des Blancs (Avize et le Mesnil sur Oger), complétés de quelques chardonnays de la Montagne de Reims (Villers Marmery).
La robe du vin est relativement évoluée, tirant vers l’or. Cette évolution est également notable au nez, avec des arômes secondaires de champignon blanc, de caramel et de tabac blond. La bouche présente en entrée une agréable minéralité, une belle matière, légèrement marquée par le dosage qui arrondit la finale. C’est manifestement une belle bouteille de gastronomie.

2 Champagne Blanc de Blancs Vieilles Vignes Nicole Moncuit 1990
Cette cuvée nous est bien connue, produite par la maison familiale Moncuit. Les vieilles vignes de ce chardonnay sont plantées au cœur de la Côte des Blancs, au Mesnil sur Oger, et jouxte la parcelle de Salon (produisant la cuvée de prestige S).
La robe est d’une jeunesse incroyable. Très claire, pâle, aux reflets verts, la bulle est fine. Le vin sent le terroir, le calcaire. Il est pointu, et d’une grande fraîcheur. La densité est tout aussi surprenante, belle vinosité en milieu de bouche avant de finir sur la minéralité, un côté tendu et précis. Un champagne droit, de grande classe.

3 Tokay Pinot Gris Jubilée réserve personnelle Hugel 1990
L’alsace n’a pas été oubliée. Les passionnés savent à quel point cette région regorge de trésors. Pour preuve cette bouteille de la maison Hugel. Ce domaine familial et historique de Riquewihr a toujours conservé sa tradition, et produit des vins droits et précis.
La robe est claire, avec une belle couleur dorée. Le nez est aromatique, avec des notes florales marquées d’iris, et d’essence. La bouche affirme sa densité, montre la maturité du raisin avec ses notes de miel, d’acacia. Il reste un peu de sucre résiduel, sensation accentué par la faible acidité (typique de ce cépage). La longueur est intéressante, et nous évoquons les plats qui pourraient accompagner ces saveurs.

4 Sancerre La Grande Côte Pascal Cotat 1990
Avant de passer aux grands vins de Bourgogne, nous faisons encore une halte dans un vignoble sous-estimé, et cette bouteille va nous montrer qu’elle mérite l’attention.
Sous sa couleur or fin, ce vin dévoile des arômes exotiques, en constante évolution. Le verre, gardé pendant une bonne heure, dévoilera à chaque instant des saveurs différentes, et subtiles. D’abord, le litchi et les épices dominent, à tel point que cette bouteille aurait pu être prise pour un gewurztraminer (surtout après l’Alsace précédent). Mais il passe ensuite dans un registre de complexité, apportant des notes de mangue, de truffe blanche et de mandarine. La rondeur en entrée de bouche se transforme rapidement en milieu de bouche avec une belle acidité, pour finir sur une fraîcheur et une longueur de toute beauté !

5 Chassagne-Montrachet La Romanée 1er cru P. Pillot 1990
La robe est relativement évoluée, le vin est gras. Marqué initialement par un boisé assez important, il évolue positivement à l’aération pour laisser paraître la noisette fine, le miel et la crème fraîche. La bouche est beurrée, grasse, sur l’amande et se termine plus en largeur qu’en longueur.

6 Meursault Santenots 1er cru Marquis d’Angerville 1990
Ce vin montrait une robe inquiétante, orangée, au reflet caramel. Il fût rapidement jugé, alors qu’il avait besoin d’un peu de temps pour se révéler. Certes la bouteille n’était pas parfaite (en raison probablement du bouchon), mais au bout de quelques minutes, son côté noisette et léger vinaigre semble s’estomper. La matière en bouche est remarquable, la finale confirme cependant le défaut, avec une pointe oxydative et madérisée qui ne partira pas.

7 Meursault Désirée Comtes Lafon 1990
Nous passons désormais dans un domaine culte, où nous aurons la chance de goûter deux vins. Le premier est un village, Désirée. Dominique Lafon possède 45 ares de ce lieu dit, qui a perdu son appellation 1er cru. Planté en pinot noir, les vins sont ici encore des Volnay. La terre est peu épaisse, l’argile encore présente.
L’or fin de la robe montre un vin jeune. Le Meursault dévoile toute sa splendeur avec des notes subtilement grillées, d’amande fine, de fleur jaune et de pêche de vigne. La finesse domine ce vin, d’une élégance et d’un raffinement incomparables. Cette bouteille atteint son point de maturité, où elle devrait se maintenir pour de nombreuses années, grâce à la tension et à la minéralité en finale.

8 Meursault Genevrières 1er cru Comtes Lafon 1990
Le domaine possède 55 ares dans les Genevrières du dessus.
Le vin est encore cristallin, dans sa jeunesse. Les arômes de fleurs blanches (lys), de menthol et de citron légèrement confit sont timides. La bouche est toutefois là pour montrer le potentiel du vin. Profond, dense, grillé, la puissance de la finale et sa longueur sont remarquables. Il faudra manifestement encore attendre quelques années pour fondre cette matière fabuleuse.

9 Meursault Perrières Pierre Morey 1990
Ce vin est une belle transition puisque Pierre Morey était responsable du métayage du domaine des Comtes Lafon jusqu’en 1992, et il travaille aujourd’hui au domaine Leflaive. Il ne faut pas oublier qu’il a son propre domaine à Meursault (d’où est issue cette bouteille). Il s’occupe également d’une activité de négoce depuis 1992 (sous le nom de Morey-Blanc).
Ce vin bénéficie (par rapport au précédent) d’un carafage de 3 heures, ce qui lui permet de mieux se présenter. Malgré cela, il montre son côté austère et fermé au premier nez, si caractéristique des Perrières. Le magnésium en sous-sol apporte sa minéralité typique. La densité est hors norme, tout en gardant cette finesse subtile des plus grands vins. Cette complexité n’aura de cesse de se développer dans le verre. La réduction initiale évolue vers la noisette fine et le minéral continue à dominer. Très grande bouteille !

10 Corton Blanc Grand Cru Chandon de Briailles 1990
Nous restons dans le registre du minéral après ce Perrières, pour aller sur la colline de Corton. Le domaine Chandon de Briailles produit cette bouteille de manière relativement confidentielle (environ 2400 par an).
Le vin est aussi clair que le précédent. Cette jeunesse se retrouve au nez, où nous pouvons clairement distinguer la nuance de minéralité avec le précédent. Plus citron et amande, il dégage une pureté magnifique qui se retrouve en bouche. L’équilibre du vin est remarquable, et il a manifestement atteint une belle maturité. Belle longueur.

11 Coulée de Serrant Joly 1990
Cette bouteille a naturellement été carafée, et cela était indispensable. Elle a partagé les dégustateurs présents, certains voyants le génie et la complexité, d’autres ne distinguaient aucune émotion pour un vin difficile à comprendre.
D’abord sur des notes d’essence et de fleurs blanches, le vin évolue vers des notes de rose, de végétal et d’iode. La bouche n’est pas très opulente, plutôt fine, avec une acidité marquée. La framboise apparaît en milieu, et la finale est d’une longueur moyenne.

12 Domaine de Chevalier Famille Bernard 1990
Nous passons maintenant à deux grands châteaux bordelais, produisant de grands blancs secs, dans un style bien différent.
Le domaine de Chevalier est plutôt sous-estimé. Il nous a encore montré de très bons résultats lors de nos dégustations primeurs des millésimes 2004 et 2005, notamment pour le blanc où il excelle. Il est à dominante de sauvignon blanc.
Ce sauvignon justement marque le nez, avec cette pointe végétale des plus agréables, de buis et de foin, agrémentée d’une touche de tabac blond. Le vin est tendu, droit et bien sec. Finale longue.

13 Château Laville Haut-Brion Clarence Dillon 1990
Au contraire, le château Laville Haut Brion est à dominante de sémillon, le grand cépage des liquoreux de Bordeaux.
Derrière son côté grillé flatteur (boisé présent), le nez est fin et subtile, mélangeant les notes de miel et de minéral. La matière en bouche est magnifique, la finale est élégante.

14 Chablis GC Les Preuses R&V Dauvissat 1990
Les Preuses occupent 11,44 ha, sur une pente douce, l’argile est sur un sous-sol profond.
L’évolution est légère. La framboise sauvage est présente, avec des senteurs de pierre fumée et de caramel. La grande minéralité chablisienne se trouve en bouche. La finale est longue, mais je décèle une légère imperfection due au liège qui revient à ce moment.

15 Hermitage JL Chave 1990
Le domaine JL Chave est un autre mythe, et ce flacon est digne de son rang. La finesse et l’élégance sont ici à leur comble. Agrumes, framboise, fraise, tabac blond, la complexité se développe doucement, et a besoin d’un peu de temps et d’agitation dans le verre. La puissance en bouche est encore timide, mais quelle matière somptueuse. Une bouteille de grande classe, il faudra encore patienter pour en tirer la quintessence.

16 Bâtard-Montrachet Etienne Sauzet 1990
C’est Gérard Boudot qui est en charge du domaine Etienne Sauzet à Puligny Montrachet. La parcelle du domaine mesure exactement 0,1377 ha, et la même quantité est achetée au négoce.
Le citron, l’amande fraîche, le pain d’épices sont charmants, malgré un coté lacté présent. La densité en bouche, la richesse et la maturité sont parfaites. Le miel d’acacia porte une finale longue.


Le résultat annoncé au départ n’aurait pu être rempli de meilleure manière. Les bouteilles présentées ont en effet chacune apporté leur charme, leur élégance et leur grandeur. Les coups de cœur ont été nombreux, chaque dégustateur a été sensible à ces bouteilles de très grande qualité, et d’une fraîcheur remarquable (signe d’une conservation parfaite).
Les vins blancs de Bourgogne ont démontré que le vieillissement est capable de donner des bouteilles uniques, d’un raffinement hors du commun. Les autres régions de France n’ont toutefois pas à complexer, et les meilleurs producteurs savent produire des cuvées également exceptionnelles.
Le prochain cours sera consacré à Meursault (le jeudi 8 février), les bouteilles s’annoncent déjà prestigieuses, et la dégustation sera assurément passionnante !

C.R. : David Rayer

 

 

 
 
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