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Domaine du Mas Blanc (Banyuls, Collioure) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Domaine du Mas Blanc
(Banyuls – Collioure)

présenté par Jean-Michel Parcé

 

Grains Nobles le 29 janvier 2007


Le Domaine :
Le domaine du Mas Banc est un domaine historique et emblématique de Banyuls : Historique car il existe depuis 1639 même si c’est au début du siècle que le domaine viticole actuel se dessine ; Emblématique car le Docteur André Parcé fut un ardent défenseur des AOC au coté du Baron Leroy et plus particulièrement il fut à la base de la création des AOC Banyuls et Collioure.
 En effet au XIXème siècle il existait 3 types de vins à Banyuls : les Vins doux naturels mutés à l’eau de vie, les vins naturellement doux certaines années de grande maturité et grande concentration et les vins natures à base de mourvèdre notamment. En 1971 sous l’impulsion du docteur Parcé est créée l’appellation Collioure. Amoureux de la Bourgogne il a distingué des terroirs alliance d’un lieu et d’un cépage : 3 lieux-dits ont été mis en avant Cosprons, Clos du Moulin et Junquets.
Aujourd’hui le domaine est géré par son fils cadet, Jean-Michel (JM). Il y travaille depuis 1977 au début en étroite collaboration avec son père qui s’est éteint en 1998. Jean-Michel est associé avec son frère, le Dr Bernard Parcé, et œuvre à la poursuite de la qualité en réalisant un travail passionnant, pour offrir une large gamme de vins de haut niveau.

Le domaine s’étend sur 20 hectares dont un peu plus de 19 en rouge.

Les Blancs :
Ils sont nés d’échanges avec Gérard Chave qui a conseillé au docteur André Parcé d’ajouter du blanc pour affiner les rouges. Des cépages blancs ont donc été plantés dans les Junquets (10%). Une partie était isolée pour faire un vin de pays blanc le Blanc des Junquets. Puis la législation a créé le Collioure blanc avec proportion importante de grenache blanc ou gris. Voulant garder une part importante de marsanne et de roussanne JM Parcé a conservé ce vin de pays la cuvée Signature mais a aussi voulu créer un Collioure blanc en replantant du Grenache blanc qui en attendant les 4 ans nécessaires est incorporé dans la cuvée Signature à partir de 2006.

La vinification : macération pelliculaire, pressurage, débourbage à froid et mise en fût pour la fermentation.

2006 : millésime chaud

- Vin de pays de la Côte Vermeille Blanc Signature 2006 (pris sur fût) : 75% grenache blanc, 20% marsanne et 5% tourbat (malvoisie du Roussillon)

Au nez le bois est encore présent, en bouche il se révèle assez long et rond. C’est un vin facile à boire à l’apéritif ou sur des poissons.

- Vin de pays de la Côte Vermeille Signature 2005 : 50% marsanne, 30% grenache blanc, 10% viognier et 10% tourbat. Les vins sont vinifiés et élevés en fûts neufs. Les malos sont faites

Assez curieusement le nez évoque les jerez secs avec des notes de noix, encore du bois. En bouche on a beaucoup de fraîcheur et de la tenue.


- Blanc des Junquets 2006 (pris sur fût) : 50% roussanne 50% marsanne avec une orientation plus sur la roussanne (80%) pour les vins futurs.

Le vin est dense, puissant, long en bouche avec une légère amertume en fin de bouche. C’est un vin qui supporte plus de garde et qui demande des plats plus élaborés.


Les Rouges :
Tous les rouges (Collioure et Banyuls) sont égrappés à 100% puis pigeage sur grains à 50% éclatés 50% entiers avec contrôle des températures. L’élevage est fait dans les fûts de blanc sur des barriques de 1 à 5 vins. Les vins sont élevés pendant un an bonde sur le coté sans ouillage mais avec beaucoup de soutirage puis assemblé en cuve et si possible mis en bouteille sans filtration. Les vins titrent autour de 13°. Pour JM Parcé les degrés élevés atteints par certains vins sont dus aux modes de conduite de la vigne qui amènent à des différences entre maturités alcooliques et maturités phénoliques et entrainent un allongement des temps nécessaires à l’obtention de cette dernière. Un bon rognage permet une concomitance des ces maturités et l’obtention de degré raisonnable.
JM Parcé considère qu’il est de son devoir de ne commercialiser les vins que lorsqu’ils arrivent à maturité c’est pourquoi ce sont les 2003 qui sont aujourd’hui sur le marché et que nous goûterons ce soir.

Comme partout en France 2003 est un millésime chaud.

- Collioure la LLose 2003 : c’est une marque (llose = lause pierre plate) qui rassemble les vignes plantés en base de coteaux avec une majorité de grenache (50%) 25% syrah et 25% mourvèdre. Il n’y a pas de carignan le Docteur Parcé ayant considéré qu’il vaut mieux un petit mourvèdre qu’un soi-disant grand carignan. Le rendement moyen est de 40 hl/ha.

La bouche est relativement fraîche et légère et donne un vin de plaisir immédiat.

- Collioure Cosprons Levants 2003 : argilo schisteux, 60% syrah, 30% mourvèdre et 10% grenache (qui a remplacé la Counoise trop tardive) complantés. Parcelle de 2 ha isolée sur le lieu-dit qui est plus grand mais la majeure partie a été utilisé dans la Llose. La difficulté sur les Cosprons c’est d’arriver à récolter les 3 cépages en même temps. Si une rangée de syrah n’est pas au niveau elle est isolée et incorporée dans la Llose ce qui explique les variations de volume de la cuvée. Le rendement moyen est de 35hl/ha.

Le nez est grillé. La bouche est fraîche, fruitée et assez longue. Le terroir n’y est sans doute pas pour rien. Les tannins sont assez fins. C’est un vin de garde qui tiendra de 10 à 15 ans.

- Collioure Clos du Moulin 2003 : 90% mourvèdre et 10% counoise (20% avant). C’est un clos de 2 ha entouré par un bois. C’est une gravière composée de schistes grossiers cailloux et sables. Le rendement moyen est de 25 hl/ha.

Le nez est fermé mais néanmoins fin avec du laurier. En bouche les tannins sont encore très présents mais fins et bien enrobés. Le vin est sapide et long. C’est assurément un grand vin à utiliser sur la truffe noir et le gibier.

- Collioure Junquets 2003 : 90% syrah + (5% marsanne et 5% roussane). Parcelle de 2 ha plantée avec des syrah provenant de chez Chave, Beaucastel et de Banyuls à partir d’un pied découvert par le Docteur Parcé dans les années 60 et reproduite par le pépiniériste. Cette syrah de Banyuls représente 1/3 de la parcelle et devrait dans les années à venir donner naissance à une cuvée spéciale qui devrait porter le nom du Docteur André Parcé.
C’est un vignoble de coteaux, exposé plein sud s’étageant entre 10 et 75 m d’altitude conduit en gobelets et en échalas. Le rendement moyen est de 15 hl/ha avec une densité de plantation de 6000 pieds à l’hectare.

Le nez est très jeune entre l’olive et la ronce. La bouche pas encore fondue s’exprime entre la finesse et la violence avec de la réglisse, des épices. Il faut attendre 2 à 3 ans pour que tout cela se fonde mais on devine le potentiel du vin qui va aller en s’affinant et en s’allongeant. Un très grand vin qui s’alliera tout aussi bien avec un rouget ou avec une viande rosée comme l’agneau (catalan pour l’occasion).


Les Banyuls :
L’appellation permet d’élaborer soit des blancs, soit des rouges soit des rosés (le maillon faible selon JM Parcé). A une époque il était possible de muter à l’eau de vie et même au début du siècle cela se faisait de sur-muter à l’armagnac (de retour de chasse dans les landes). De même il était possible de faire des banyuls secs alors qu’aujourd’hui il ne faut pas dépasser 19° d’alcool et rester au dessus de 54 gr de sucres résiduels.

- Banyuls Blanc 2005 : A une époque existait l’appellation Muscat de Banyuls. Compte tenu du faible volume qu’elle représentait elle a été supprimée mais en contrepartie a été donné l’autorisation de faire du Banyuls Blanc avec du muscat. Jusqu’à maintenant on pouvait faire du banyuls blanc avec du grenache blanc, du grenache gris, du tourbat, du macabeu et du muscat en toute liberté. Malheureusement sous l’influence des grandes coopératives le muscat est en voie d’être reléguer à la portion congrue dans l’AOC Banyuls blanc et surtout il sera interdit de le vinifier en muter sur grains. Le Mas Blanc avait en fermage une vigne de muscat qui titrait régulièrement 18 à 20° potentiel. Donc 2005 est la dernière année à incorporer 25% de muscat avec 5% de tourbat et 70% de grenache blanc. Le vin est muté à environ 100 gr de sucres résiduels puis placé tout de suite en cuve pour éviter l’oxydation.

La robe est orangée. Le nez est aromatique, typé muscat. La bouche est fruitée, assez fine et sans lourdeur.

L’élaboration des Banyuls rouges : récolte à 15° potentiel minimum, éraflage à 100%, vinification de départ comme pour les rouges puis mutage à l’alcool sur grains puis macération pendant 3 semaines puis élevage soit oxydatif soit réductif selon le type de la cuvée. Tous les Banyuls sont filtrés avant le début de l’élevage pour éviter la piqure lactique.
Pour les banyuls ‘réductifs’ (Collita, Rimage, Coume) les raisins sont récoltés en légère surmaturité (14°5-15°) pour conserver de la fraîcheur et de l’équilibre.
Pour les banyuls oxydatifs JM Parcé préfère une oxydation en intérieur qui va s’opérer moins vite mais conservera plus de fraicheur et dépouillera moins les vins.

- Banyuls Collita 2004 : 100% grenache. le vin reste en contact avec une partie du marc pendant un an dans un esprit plus Porto que Banyuls. Le grand-père de JM Parcé conservait tout le marc ce qui donnait des banyuls un peu rustiques. JM Parcé a cherché à retrouver ce type Banyuls tout en l’affinant. L’élevage est réductif pendant un an en cuve inox sous gaz inerte. Le vin n’est sorti que si l’année le permet.

Le nez est sur les fruits à l’eau de vie. La bouche est tannique, fraîche.

- Banyuls Rimage 2003 : Ce sont chaque année les mêmes vignes qualitatives exposées Est 90% grenache noir et 10% de mourvèdre complantés. Environ 90 gr de sucres résiduels.

Le nez fermé au départ va vers le résineux. La bouche est pleine, assez grasse, allant sur le cacao.

- Banyuls Rimage la Coume 2003 : parcelle de 1.8 ha, exposée à l’est à 320-330 m d’altitude sur schistes ferrugineux. Ce vin n’est produit que les grandes années (1985, 1991, 1992, 1994, 1998, 2001). Il comporte 90% de grenache noir plus 5% de syrah et 5% de mourvèdre qui seront vinifiés en surmaturité. En général La Coume est plus sec (80 à 82 gr) que le rimage.

Le nez est profond. La bouche est racée, longue et élégante avec un grand équilibre. C’est un futur grand vin de repas.

- Banyuls Cuvée du Dr André Parcé (assemblage de millésimes) : ce sont les banyuls qui ne sont pas rentrés dans les rimages ou les vieilles vignes. Il est fait selon le principe de la solera mais en cuve : 3 millésimes la 1ère année puis mise en bouteilles des 2/3 et complément avec 3 autres millésimes etc.

Au nez aromes de fruits rouges puis allant vers l’orange, la bouche est moyenne et assez équilibrée.

- Banyuls Vieilles Vignes 1996 : vignes de grenache de plus de 40 ans en partie issues de la parcelle La Coume. Il a vieilli dans les foudres (100 à 120 ans) du grand-père de JM Parcé qui ont depuis été remplacés. Les vins sont conservés en cave non climatisée avec des transferts de foudres à cuves bétons (l’été). Il a été mis en bouteille il y a 3 ans.

Les fûts apportent un nez extraordinaire d’épices. La bouche est presque sèche, assez longue et élégante. C’est un vin qui devrait bien accompagner une cuisine d’épices.

- Banyuls Hors d’âge vieilli en sostrèra : sostréra mot catalan signifiant étage qui vient remplacer le mot soléra protégé par les appellations espagnoles. Système pyramidal de fûts (demi-muid de 650 l) avec ouillage tout les deux mois par les fûts du niveau supérieur. La sostréra a été initiée en 1925 par le grand-père de JM Parcé et on a attendu 20 ans avant de faire un tirage.

C’est le vin des amateurs de cigare. Le nez est complexe, la bouche élégante. C’était le vin servi par Senderens sur le canard Apicius.

- Banyuls 1969 : Vieilles vignes mis en fût (225 l) et oublié pendant un certain temps puis mis en bouteille quand JM Parcé en a envie. Celui-ci a été mis en bouteille il y a 3-4 ans.

Au nez légère volatile (0,8) qui vient exhaler les arômes épicés et chocolatés. La bouche a conservé de la fraîcheur. On retrouve les épices avec des fruits à l’eau de vie. C’est un vin prêt à boire.

- Banyuls 1966 :

Nez plus fermé avec moins de volatile. La bouche est tannique, dense avec une légère amertume qui vient le rafraîchir. Ce vin paraît encore très jeune et a quelques belles années devant lui. On pourra alors lui proposer des plats à la truffe.

En bonus JM Parcé a apporté des vinaigres : Le banyuls a ceci de spécifique qu’il est quasiment inattaquable par les bactéries. Pour le transformer en vinaigre il y a deux méthodes. Soit on ajoute de l’eau à 50% et alors arrive la piqure acétique. La deuxième méthode c’est d’avoir des bactéries qui vont provoquer une piqure lactique. Cette dernière méthode  utilisée par JM Parcé est bien sur nettement plus coûteuse et plus difficile à mettre en œuvre. Par contre elle permet de conserver le vrai goût du banyuls dans le vinaigre.

Le domaine du Mas Blanc produit 2 vinaigres : un vinaigre nature et un vinaigre aromatisé selon une recette tenue secrète de la grand-mère de JM Parcé. Elle s’en servait pour la cuisine des poissons bleus (maquereaux, anchois etc.). Le vinaigre n’est ni filtré ni collé.
Un 3ème vinaigre devrait voir le jour : une essence de banyuls issu d’une concentration en fût de châtaignier.

CR : Pascal Marquet

 
 
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