• Français
  • English
  • German formal - Sie
Ecole de Dégustation de vins
Accueil arrow Carnet de notes arrow Bourgogne arrow Clos des Papes (Châteauneuf-du-Pape)
 
Ecole
Accueil
Dernière minute !
Programme des dégustations
S'inscrire aux dégustations
Carnet de notes
Soirées spéciales
 
Clos des Papes (Châteauneuf-du-Pape) PDF Print E-mail

Clos des Papes
Châteauneuf-du-Pape
Présenté par Paul-Vincent Avril

Grains Nobles le 5 mars 2007


Châteauneuf-du-Pape

Avec plus de 3000 ha, Châteauneuf-du-Pape est l'une des grandes appellations françaises, derrière Saint-Emilion, pratiquement à égalité avec Chablis. La grande diversité géologique: galets roulés, sols sablonneux, terres graveleuses, sols argileux, se reflète dans la diversité des stades de maturité, et dans la complexité des vins. Pour les rouges, Châteauneuf-du-Pape, planté principalement en grenache, à la limite sud de la syrah (qui n'a pas toujours la finesse que l'on souhaiterait) et à la limite nord du mourvèdre (qui ainsi doit finir sa maturation quelques années en bouteille), fait appel aux autres cépages traditionnels de manière presque symbolique. Et il reste bien des caves à monocépage, le grenache apportant les degrés, avec des vins essentiellement vendus au négoce. La production du Châteauneuf-du-Pape blanc reste étonnamment petite (5%, pour 2% il y a 20 ans) vu sa réputation.

Les problèmes hydriques sont importants. Ils expliquent la faible densité des plantations, 3300 pieds/ha, et les rendements bas, 35 hl/ha, même si l'irrigation, très réglementée, peut être exceptionnellement autorisée … et que la vigne finit par s'adapter à la sécheresse !

 

 

Le Clos des Papes

Vieille propriété –le nom date de la fin du 19e siècle- gérée par une lignée de viticulteurs qui remonte jusqu'aux années 1600, le Clos des Papes, c'est 35 ha de Châteauneuf-du-Pape (et une petite production de Vin de Table, rouge et blanc … soigné comme le grand vin). Avec 24 parcelles différentes, parmi les meilleures, et une seule cuvée, le mot d'ordre est complexité plutôt que particularité, bien dans l'esprit de Châteauneuf. L'encépagement, en rouge, est 65% de grenache, 20% de mourvèdre, une proportion importante –la spécificité du Domaine-, 10% de syrah et 5% des dix autres cépages où domine la counoise. En blanc, grenache, roussanne, clairette, picpoul, bourboulenc et picardan, en parts à peu près égales, représentent 10% de la production du Domaine. L'âge moyen des vignes est de l'ordre de 50 ans. Une analyse des sols tous les 2 ans permet de n'apporter à la vigne, sous forme d'engrais organiques, que ce qui lui manque. La taille, sévère, est en gobelet, sauf pour la syrah et quelques blancs palissés qui sont en cordon de Royat. Des vendanges en vert sont faites fin juillet, début août. Une couverture végétale est maintenue pour éviter tant l'évaporation que la trop grande vigueur due au rognage qui ferait repousser des grappillons. La récolte à maturité optimale est facilitée par la diversité des parcelles. Deux tris à la vigne et un troisième au chai expliquent les petits rendements (25 hl/ha depuis 15 ans).

 

 

Clos des Papes Blanc

Le domaine est spécialement équipé pour la vinification des blancs, en particulier pour le contrôle de la température. Cueillis à la maturité des sucres, en préservant l'acidité, non éraflés, les blancs ne voient pas du tout de bois, et ne font pas leur malo. L'assemblage des cépages se fait avant vinification. Grenache  et roussanne apportent gras et richesse (mais manquent un peu de nerf), clairette et picardan, l'élégance et la finesse, le bourboulenc et le picpoul la fraîcheur. Depuis 2003 compris, aucun millésime n'a dû être acidifié. Le pressurage très lent donne des jus très clairs. Après un débourbage à froid (12°), la température est graduellement remontée, pour finir à 20-21°. Ce n'est pas tant le côté aromatique qui est recherché, mais l'alliance richesse-finesse. Elevage sur lies jusqu'à la mise en bouteille fin avril.


2005

Jaune clair, reflets verts. Nez bien ouvert, citronné; poire aussi. Bouche ample, puissance et richesse. Légère amertume dans une finale discrète, mais belle.

 

2004

Or pâle. Nez d'une certaine ampleur même s'il n'est pas très intense. Bien équilibré en bouche. Epices, nuances mentholées. Notes d'évolution (qui rappellent celles du Riesling!) qui signent le début de la période "minérale". Complexité et longueur.

 

2003

Or pâle, brillant. Notes confites, d'abord légères, puis pâte de fruits et coing, se développant à l'aération avec une puissance insoupçonnée. Une splendeur. Finesse à l'attaque, nuances "minérales", avec une densité magnifiée avec l'aération. Pain d'épice en finale, aussi miel, herbes séchées. Grand équilibre, riche, complexe, très long.

 

2001

Léger réduit au nez, rondeur, miel, amande amère. Finesse et équilibre, belle minéralité. Citronnelle en finale. A l'aération, notes d'amandes grillées.

 

2000

Robe claire, reflets dorés. Nez rond, ample, miel. Très belle bouche: harmonie, équilibre, finesse, fraîcheur. Etonnamment jeune, sans les arômes d'évolution des précédents. Finale longue, le miel revient mais sans lourdeur aucune.

 

1996

Or pâle. Minéralité, miel, confit Bouche somptueuse: finesse et fraîcheur qui soutiennent les arômes.

 


Blancs aériens, remarquables de finesse, mais complexes, avec corps et équilibre.

 


Clos des Papes Rouge

Les cépages rouges sont ramassés à maturité phénolique complète. Les étés de plus en plus secs laissent les rafles durs et séchards: depuis 1991, l'égrappage est total, compensé par une macération un peu plus longue (une vingtaine de jours), sans pigeage, avec juste deux remontages par jour pour éviter une trop forte extraction. La cuvaison se fait à une température de 32-33°, nécessaire pour le grenache. Le collage au blanc d'œuf est volontairement imparfait pour garder les lies fines. Près de 1g/l de CO2 offre une protection naturelle au vin, et réduit la place du soufre. Le vin est élevé en foudres (gardés 20 à 30 ans) pour faciliter l'oxydation mesurée; sans bois neuf.

 

 

 


2004

Rubis brillant. Nez bien développé: framboise, fruits rouges, cerises noires, légèrement giboyeux. Une certaine douceur (celle des tanins bien mûrs?) à l'attaque. Equilibre, finesse mais puissance, réglisse intense. Très long.

 

2003

Rubis, moins translucide. Nez ouvert, gourmand, mentholé avec des notes giboyeuses. Très grande maturité (il fallait le faire! en sachant attendre pour ramasser). Bon équilibre.

 

2001

Rubis, pas vraiment transparent. Nez dans une phase fermée. Framboise après aération. En bouche, fin, élégant, moins puissant que les précédents. Epices, réglisse.

 

2000

Robe rubis intense, sombre. Epices tant au nez qu'à l'attaque. Notes mentholées. Puissance et richesse, alliés à la finesse et à l'équilibre. Longue finale. Soyeux des tanins déjà évolués.

 

1995

Rubis sombre. Notes d'évolution. Bel équilibre en bouche. Tanins encore serrés en finale. Thym, gingembre.

 

1993

Rubis brillant. Nez sur la réserve. Bel équilibre en bouche tout en finesse. Finale où se retrouvent les mêmes notes réglissées des précédents.

 

1990

Dense, opaque: beaucoup de matière. Nez: sous-bois, pruneau, mûre, nuances mentholées, d'une grande complexité. Soyeux en bouche, magnifique équilibre, petits fruits rouges. Belle richesse. De puissants tanins qui magnifient la finale.

 

 


Le mourvèdre laisse son empreinte dans tous les millésimes.
Arômes complexes, mais aussi finesse avec corps et équilibre: comme pour les blancs, c'est par choix délibéré. Voilà bien le style du Domaine !

 

 

Compte-rendu: Richard Schaeffer

 

 
 
Boutique
 
Commandes de vins
Verres et carafes
Salons des vins