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Ecole de Dégustation de vins
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Domaine de Trevallon (Provence) avec Eloi Dürrbach Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Domaine de Trévallon Provence Présenté par Eloi Dürrbach

 

 

Grains Nobles le jeudi 5 juillet 2007

Le domaine :
Le domaine de Trevallon est situé sur la commune de Saint-Etienne-du-Grès, dans le département des Bouches-du-Rhône, sur le versant nord du massif des Alpilles, un massif calcaire long de 25 Km et de 2 Km de large. Les terres calcaires marines sont peu profondes et établies sur la roche mère. La vigne côtoie la garrigue, les chênes verts, les oliviers et les amandiers.
Le vignoble de Trevallon s’étend sur 20 ha avec 17 ha pour les vins rouges, composés à parts égales de cabernet sauvignon et de syrah, et 3 ha pour les vins blancs, constitués de 45 % de marsanne, 45 % de roussanne et de 10 % de chardonnay.
Le mas de Trevallon a été acheté en 1955 par René Dürrbach, le père d’Eloi ; il comprenait également 60 ha de garrigue et, à l’époque, il n’y avait que des cailloux. Pendant l’hiver 1973, Eloi Dürrbach planta les 3 premiers hectares de vignes après avoir dynamité des rochers et travaillé les sols vierges, en profondeur. Le premier millésime de Trevallon date de 1976 sous l’appellation VDQS Coteaux d’Aix Les Baux.

L’originalité de l’encépagement des vins rouges de Trévallon tient d’un concours de circonstances : le docteur Jules Guyot (1807 – 1872), un agronome de grande renommée, indiqua, dans son ouvrage « Etude des vignobles de France » que le cabernet sauvignon existait en Provence depuis longtemps et, qu’assemblé avec la syrah, il pouvait donner d’excellents vins. C’est au Château Vignelaure, à côté d’Aix-en-Provence, que Georges Brunet, le propriétaire, a tenté, le premier en Provence, l’expérience du cabernet sauvignon, les sélections provenant du Château La Lagune, autre propriété familiale à l’époque. L’amitié entre René Dürrbach et Georges Brunet est à l’origine d’une partie de l’encépagement de Trévallon.
Le choix de la syrah en lieu et place du grenache ou du mourvèdre s’explique par l’exposition nordiste du terroir : la syrah y mûrit tardivement et n’a pas le côté confit que l’on peut y trouver au sud de la France ; elle se rapproche plutôt d’une expression que l’on trouve en Rhône Nord, alors que le grenache et le mourvèdre risqueraient de mûrir plus difficilement sur ce massif exposé au nord.
Le style de Trevallon  est donc marqué par l’assemblage de la syrah – dont les sélections proviennent du Château Fonsalette (famille Reynaud), elles mêmes issues du Domaine Chave – et du cabernet sauvignon.
La plantation des cépages « blancs » est plus récente : 1991 pour la marsanne et la roussanne, 1993 pour le chardonnay et, depuis l’hiver 2006-2007, quelques plants de grenache blanc
La plupart des vignes sont plantées à 5000 pieds / hectare et conduites en guyot, quelques vignes de syrah étant en échalas.

En 1985 fut créée l’AOC Coteaux d’Aix (en Provence) avec l’obligation pour Trévallon de faire baisser la part de cabernet sauvignon dans l’assemblage mais une dérogation fut obtenue jusqu’en 1993, date de la création de l’AOC Baux de Provence, dont le décret limitait la part de cabernet sauvignon à 20% dans le vignoble.
Pour rester dans le cadre de cette nouvelle AOC, il fallait donc revenir à 20 % de cabernet sauvignon sous 30 ans et, Eloi Dürrbach ne voulant pas remanier profondément l’encépagement du vignoble, le domaine de Trévallon a fini par être déclassé en Vin de Pays des Bouches-du-Rhône. Une dérogation a été tout de même obtenue pour faire figurer le nom du domaine et le millésime sur l'étiquette
Finalement, ce déclassement a peu influé sur la commercialisation des vins, notamment à l’étranger ; c’est presque le contraire qui s’est produit, le nom du domaine prévalant sur l’AOC.

A la vigne, les pratiques culturales se veulent les plus naturelles possibles : pas de pesticides ni d’insecticides, de l’huile de pin pour lutter contre les acariens, un peu de purée d’orties, de la fumure « de mouton ». La culture est biologique depuis l’origine. Les vignes sont labourées, les tailles courtes pour limiter les rendements et prolonger la vie des pieds de vigne. L’objectif est de récolter des raisins sains à pleine maturité, à un rendement moyen de 25 h / ha.
La vinification se veut peu interventionniste : raisins entiers, cépages séparés, pas de levures exogènes, pas de correction d’acidité. Des pigeages au pied ou des remontages sont pratiqués pour aérer le vin. La fermentation alcoolique est rapide –moins d’une semaine – puis les vins continuent à macérer avec une descente de température assez lente. Finalement vins de goutte et vins de presse sont assemblés. En raison de la présence de grains encore entiers avec des sucres résiduels, la fermentation alcoolique peut redémarrer légèrement avant – voire pendant – la  fermentation malolactique.

Eloi Dürrbach procède à des élevages longs en barriques et en foudres : plus de 2 ans pour les rouges et un an pour les blancs. La micro oxygénation se fait lentement entre le bois et le vin et de moins en moins de soutirages sont réalisés (1 par an pour les grands millésimes) : la lie qui se trouve au fond des fûts continue de nourrir le vin et possède un grand pouvoir anti-oxydant.
Les cépages sont assemblés tardivement, moins de deux mois avant la mise. Les vins sont collés au blanc d’œuf et un léger sulfitage est opéré avant l’embouteillage.

Les vins blancs sont récoltés en petites cagettes de 20 kg, ne sont pas égrappés et sont débourbés à la bentonite. Ils sont entonnés le lendemain dans des fûts neufs, des fûts de un an et de deux ans. Ils ne sont pratiquement pas bâtonnés ; un léger sulfitage est effectué après la fermentation malolactique – comme pour les rouges – et les vins ne sont pas soutirés.

Outre son activité à Trévallon, Eloi Dürrbach déploie une activité de conseil auprès d’autres domaines, notamment au Château Gigognan à Châteauneuf du Pape.

 
La dégustation :

Selon le souhait du vigneron, les vins rouges ont été dégustés en premier en remontant chronologiquement – ou presque – les années.

LES VINS ROUGES :

Domaine de Trévallon 2005 : Beau millésime, comme partout (ou presque) en France
Echantillon prélevé, vin en élevage
Nez franc, fin et distingué avec un boisé légèrement présent qui laisse la place à des fruits noirs puis à de la menthe
En bouche, de la tension, de l’équilibre avec une belle acidité – caractéristique générale des vins du domaine – et encore de l’austérité qui masque un peu la matière première mûre.

Domaine de Trévallon 2004 : assez beau millésime mais moins solaire que le précédent
Vin mis en bouteille en décembre 2006
Une petite pointe de réduction au premier nez, puis de la finesse, une certaine forme de douceur ; à l’aération le nez prend de l’élégance et semble assez bordelais.
En bouche, un peu de dissociation qui doit se résorber entre une légère sucrosité en attaque de bouche et de la fraîcheur ensuite. La matière est plutôt en retrait avec une finale réservée et des tanins légèrement collants qui devraient s’assouplir

Domaine de Trévallon 2003 : millésime solaire et de sécheresse où les jeunes vignes ont souffert ; petits grains de raisins avec beaucoup de pépins et des peaux épaisses. Les cabernets ont été récoltés à 12,5° et les syrahs à 13,5°.
Le nez est fin et puissant à la fois, évoquant en premier des fruits macérés à l’alcool, puis des notes de garrigues ; on perçoit également quelques touches fugitives de géranium.
L’attaque de bouche est un peu sèche mais toujours fraîche et aromatique avec de la salinité et de notes de garrigue. Rétro-olfaction sur du chocolat au lait. Belle réussite pour un millésime parfois hors normes.

Domaine de Trévallon 2000 : beau millésime mais moins puissant que le 2001 d’où le choix de l’ordre de dégustation
Le nez, assez ouvert sur des notes sanguines et de tomates séchées, semble « porté » par une acidité volatile, plus décelable que dans les millésimes goûtés précédemment, mais pas gênante. Après une longue aération des notes de pain grillé apparaissent et le vin s’affine.
En bouche, une belle amertume, de la matière, des notes un peu cuites déjà perçues au nez – tomates séchées – et un peu de torréfaction. Cette bouteille peut faire penser à un beau vin toscan contenant du cabernet sauvigon. Rémanence aromatique et tenue à l’air de qualité.

Domaine de Trévallon 2001 : beau millésime avec cependant 120 mm d’eau début août mais du mistral ensuite qui a bien séché les vignes
Nez élégant traduisant la maturité des raisins avec de la figue séchée, de la fève de cacao, de la tomate confite.
Bouche pleine et tendue où l’on perçoit une matière première mûre mais toujours fraîche malgré l’alcool (14°). Les tanins sont enrobés et gras, presque sucrés, et une finale longue et épicée signe ce beau vin à la rétro-olfaction « cacaotée » qu’il va falloir encore attendre un peu bien qu’il commence peut-être à s’ouvrir.

Domaine de Trévallon 1999 : météo moins bonne avec des maturités plus lentes, donc des dates vendanges plus tardives mais des cabernets murs, selon le propriétaire.
Légère réduction de prime abord, puis ouverture sur des notes de cassis mais avec un nez moins flamboyant que sur les deux vins  précédents.
L’équilibre de bouche est construit sur la tension, l’amertume avec des tanins un peu secs. Un léger déficit d’élégance en ce moment.

Domaine de Trévallon 1998 : beau millésime qui s’est vite exprimé
Nez fin, élégant, droit, qui évolue sur des notes florales, avec une acidité volatile à peine perceptible.
Bouche fine et complexe, plutôt infusée qu’extraite, qui évolue vers des notes de garrigue, de la menthe ; des tanins frais mais moins gras et « ronds » que ceux du 2001 ; ce vin sapide peut commencer à être bu à table dès maintenant.

Domaine de Trévallon 1994 : conditions climatiques difficiles pour ce millésime (un peu de pourriture)
Un premier nez manquant légèrement de netteté a perturbé un peu les dégustateurs puis des notes giboyeuses et un peu confites (orange amère) sont apparues.
En bouche, de la tension avec une acidité « en avant », une matière en retrait avec une légère rusticité et la sensation que ce vin est un peu marqué par des cabernets manquant peut-être de maturité. Une entrecôte aux sarments devrait pouvoir rétablir la situation à table

Domaine de Trévallon 1995 : belle météo
Beau nez plutôt réservé, complexe, minéral – notes de graphite – évoluant vers des senteurs florales.
Bouche équilibrée, tendue mais sans aspérité, avec une acidité bien placée ; encore un peu de réserve mais un très léger manque de volume ou de densité  par rapport à des millésimes plus récents. Vin presque à point.

Domaine de Trévallon 1989 : belles vendanges précoces
Premier nez passagèrement réduit puis ouverture vers du pain d’épices et des notes lactées.
En bouche, plutôt une dominante fraîche, tendue, plus sapide que puissante. Une belle palette aromatique sur des notes de fruits un peu confits, de menthe, avec un début d’évolution sur la truffe. Globalement de la complexité avec une concentration de matière très maîtrisée. A point

Domaine de Trévallon 1990 : vendanges les plus précoces à l’exception de 2003
Le nez, ouvert et expressif, présentait des arômes de sous-bois, de lichen, presque de champignon, avec un léger manque de définition.
La bouche puissante, mais manquant un peu de tension, était marquée par de l’opulence et un léger début d’oxydation avec cependant du charme, le tout offrant une précision moins affirmée que dans les vins récents.

Domaine de Trévallon 1981 : météo difficile, année froide, des vignes jeunes, environ 12° d’alcool
Le nez, encore élégant, ouvert et franc, ne pouvait cacher son évolution avec des arômes de décomposition : feuille morte, thé, rose
Par contre, la bouche avait gardé une certaine tenue combinant de l’équilibre, des tanins fondus et élégants et une rétro-olfaction florale. Beaucoup de digestibilité dans ce vin malgré une finale où le léger déficit de matière faisait ressortir l’alcool.


LE DOMAINE DE TREVALLON BLANC 2005 : beau millésime
Au nez, et même en bouche, la présence du chardonnay – moins de 10% dans l’assemblage – était perceptible.
Le nez gras, avec des touches de miel, de la brioche, évoluait dans un registre fleurs blanches et fenouil.
Beaucoup d’équilibre en bouche avec une construction sur l’alcool mais sans lourdeur ; belle rétro-olfaction sur des notes de calisson, de pâte d’amande ; pour résumer, finesse et grande longueur pour ce vin en devenir.


En conclusion, pour les vins rouges – nous n’avons pas goûté suffisamment de vins blancs – une belle verticale qui nous a permis de percevoir un style « Trévallon » caractérisé par la recherche de l’équilibre et de la pureté dans un environnement sudiste, avec une finesse et une précision accrue sur les millésimes les plus récents.

C-R : Yaïr Tabor

 

 
 
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