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La Cave de Christian Canalès – Volnay et Pommard Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

La cave de Christian Canalès
Volnay et Pommard

Lundi 1er octobre 2007


Soirée présentée par Christian CANALES

Avec la participation de Bernard BURTCHY

Grâce au collectionneur Christian Canalès, cette soirée a été l'occasion de faire une très belle plongée dans deux grands terroirs de la Bourgogne que sont Volnay et Pommard. Et les 23 vins de la dégustation ont permis de se faire une réelle idée de ces deux terroirs complexes.

Cette complexité est à mettre en rapport avec la taille de vignoble. Pour rappel, la France représente en gros 104 000 domaines, 20% de la production mondiale. Le vignoble bourguignon représente au sein de cette production française 0,3%. Le territoire de la Côte d'Or auquel appartiennent les communes de Volnay et Pommard représente 1/1000 ème des terres agricoles. En rentrant dans le détail de la Bourgogne, celle-ci est divisée en  4900 domaines, 115 négociants, 20 coopératives, 1394 noms de parcelles. Tous ces chiffres pour montrer à quel point cette soirée est tournée vers un microcosme avec pourtant une diversité de climats étonnamment remarquable.

Historiquement, ce sont les Bénédictins qui les premiers se sont occupés de la terre bourguignonne à partir du 5ème siècle, les questions qui nous intéressent étant  "qu'est-ce qui a poussé les moines à approfondir la connaissance des interactions entre terroirs et vignes?" et "comment ont-ils réussi à classifier aussi précisément les parcelles?". Leur philosophie aristotélicienne semble expliquer ce désir de hiérarchiser les terroirs en observant la faune et la flore, les moines étant guidés par la croyance dans un ordre dans la Nature. Les Cisterciens ont quant à eux plus travaillé sur les méthodes de vinification.

Ce travail a été repris et approfondi pour amener aujourd'hui à une classification des terroirs Volnay et Pommard que nous avons appris à cerner à travers cette dégustation.

Bourgogne Pinot Noir Lafarge 2003
La dégustation commence avec ce Bourgogne générique issu des vignes de Volnay qui ne sont pas toutes classées en appellation Volnay (100 ha sont classés en Bourgogne, 125 en Volnay 1er cru, 75 en appellation Volnay). Ce vin est donc fait à Volnay mais sur des vignes situé sur le plat, dans le bas du coteau, sur un terroir plus marneux.
La bouche est tendue, très dense, légèrement tannique donc un vin assez costaud mais dans lequel on sent très vite que le vin bénéficie des mêmes soins que les premiers crus. Il fait assurément partie des meilleurs Bourgogne, le vin étant issu de vignes vieilles de 40 ans au moins. D'où la longueur bien présente, le tout dans une configuration 2003 où on ressent plus l'argile que sur la finesse du calcaire.

Pommard La Levrière Vieilles Vignes 2004 Bernard DUGAT-PY
Connu pour sa gamme de Gevrey et ses grands crus, ce domaine s'est enrichi de parcelles en Pommard avec des vins très fins malgré la proximité de la RN qui, à cause de ses terroirs argileux, a réputation de donner des vins plus lourds que des appellations village.
Christian Canalès en profite pour rappeler la géologie des coteaux de Bourgogne : lorsqu'on descend dans la plaine, on se situe sur un terroir plus argileux donc on extrait des vins plus lourds. A l'inverse, les sommets sont marqués par un terroir calcaire d'où sont issus des vins moins marqués par leur puissance que par leur finesse. Dans cette géologie, les premiers crus se situent donc généralement à mi-coteaux.

En zoomant sur l'appellation Pommard, on s'aperçoit justement que cette appellation a une partie basse plus étendue (comme à Meursault), ce qui donne des vins plutôt robustes donc.

Pour revenir au vin de la dégustation, le nez vers le sous-bois, également et plus curieusement vers le cuir. En bouche, les tannins sont assez costauds, le vin demandant à vieillir. La vinification a une empreinte moderne, tannique mais pas sec du tout, rustique quand le vin est encore jeune.

Volnay 1er cru 2004 Michel Lafarge
La différence de terroir mais aussi de style est nettement visible avec Pommard. Le style est très classique, le vin n'est pas cuvé aussi longtemps que le Pommard précédent. Au final, cela donne un nez plus sur le fruit, plus frais, plus parfumé, tirant sur la framboise. En bouche apparaît une amertume très agréable mais aussi et surtout un bouquet d'arômes d'une grande finesse. Ceci est en partie expliqué que du raisin provenant de quelques premiers crus interviennent dans l'assemblage de ce vin qui est élevé entre 12 et 15 mois.

Volnay Santenots 1er cru 2004 Pierre Morey
La parcelle des "Santenots" est située géographiquement sur la commune de Meursault (les Blancs ont l'appellation Meursault, pas les rouges). Ce vin possède le caractère d'un vinificateur de vins blancs avec ses arômes très ouverts, sans trace tannique, portant la marque d'un grand terroir. La prise de bois est plus importante et décelable à travers un nez de clou de girofle et un fumé prononcé. Il est à préciser qu'il s'agissait de la première année de Pierre Morey à la tête du domaine et que l'équilibre avec le bois a été par la suite très rapidement trouvé. Ce vin reste très jeune, d'un très bon niveau, loin d'un vin de facilité avec la grande personnalité de son corps. La fraîcheur, l'équilibre tout en maintenant une absence de toute trace végétale sont remarquables.

Volnay Les Caillerets 1er cru 2003 Michel Lafarge
Cette parcelle était tête de cuvée dans la classification du docteur Laval (tout comme en Champans ou Santenots du milieu) même s'il n'existe pas aujourd'hui de grands crus en Pommard ou Volnay. Le nez est très floral, on est dans un très beau bouquet. On a à faire ç un domaine classique par excellence avec une bouche bien serrée, des tannins très présents mais fins, pas de sensation d'acidité. La marque de ce vin est avant tout la concentration avec une légère disgrâce lorsqu'on le prend jeune. Ce domaine fait d'ailleurs de très bons vins de puis longtemps et n'est jamais rentré dans le système d'engrais et les erreurs que certains ont pu faire par le passé.

Volnay 2002 Comtes Lafon
Ce domaine n'a pas de vignes Volnay en tant que telles. Il s'agit donc ici d'un Volnay "enrichi", en fait du 1er cru déclassé par choix du producteur. Le millésime 2002 est un bon millésime dans tous les compartiments. Le nez est très fruité tirant sur la mûre, beaucoup moins marqué par le bois que le vin précédent. La bouche égale le nez avec une belle élégance et une bonne longueur. Il est signalé que ce domaine a beaucoup progressé dans les rouges.


Volnay Les Caillerets 1er cru 2000 Michel Lafarge
Les Caillerets est une parcelle représentant une synthèse du Volnay pour Christian Canalès. Le millésime 2000 manque ici légèrement de corps.  Les arômes sont beaucoup plus diversifiés que ceux du 2003 même si on n'a pas à faire à de la concentration. Le vin n'est pas encore des plus soyeux car les tannins sont encore là. Grand velouté. Timide en attaque, il ne faiblit pas du tout en fin de bouche, bien au contraire.

Pommard Clos Blanc 1999 Marquis d'Angerville
Le Clos Blanc est un terroir blanc où on pourrait mettre du blanc. Malgré cela, ce terroir donne ici un Volnay typique ou presque. Peu de couleur mais des tannins très fins.

Volnay 1999 Marquis D'Angerville
Le vin dégusté ici provient d'un domaine emblématique dans un super millésime. Superbe nez. Superbe bouche aussi dans toute sa complexité. Encore tannique à cause son âge.

Pommard Pézerolles 1997 1er cru Hubert de Montille
Les vignes de cette parcelle se situent du côté Beaune. Le domaine est célèbre et produit des vins qui n'atteignent jamais leur plein potentiel avant 10 ans. Le vin porte une robe légèrement brunie, possède un nez marqué par une belle évolution et la bouche n'est pas acide du tout.

Pommard Rugiens 1er cru 1997 Hubert de Montille
Située du côté Volnay, on passe ici à un Pommard plus frais, plus floral. La robe elle-même paraît plus jeune. Ce vin est à l'aube de sa carrière et est issu des Bas-Rugiens, ka meilleure partie des Rugiens mais la plupart du temps pas signalé sur l'étiquette pour des raisons de connotations péjoratives du mot "bas".

Volnay Clos des Chênes 1er cru 1997 Michel Lafarge
On revient ici sur un terroir très calcaire et a contrario avec un vin plus austère, avec des tannins plus droits, un côté "sérieux". On décèle en bouche une impression saline. La finale est magnifique.

Volnay Santenots-du-milieu 1er cru 1997 Comtes Lafon
Le vin dégusté ici prote une marque très solaire, beaucoup plus flatteur que le Clos des Chênes. Le bois est bien fondu, la bouche révèle des très bons côtés à la fois fruités et moelleux.

Pommard Rugiens 1er cru 1995 Hubert de Montille
Le côté velouté de ce vin est absolument superbe : en effet, aux aspects épicé et réglisse apporté en partie par l'âge, l'argile apporte ici de la rondeur.

Volnay Clos des Chênes 1er cru 1995 Comtes Lafon
Le nez est tourné vers des arômes de fruits rouges comme la framboise tandis que la bouche est tout en droiture, trace du terroir calcaire. Le côté légèrement salin du Clos des Chênes est encore remarquable.

Volnay Champans 1er cru 1993 Hubert de Montille
Ce vin marqué par l'âge est à aérer, n'a pas la pureté cristalline des 95 mais on a toujours un aussi beau velouté, des arômes très matures, sans excès. Le nez est par contre plus sur la réserve.


Volnay Champans 1er cru 1993 Comtes Lafon
L'attaque est ici plus franche et le fruit plus puissant que sur le vin précédent. L'acidité se perd sur la longueur. Le nez est également sur la réserve.

Pommard Pézerolles 1er cru 1990 Hubert de Montille
Les Pommard de cet âge prennent ici tout leur essor par le nez. La bouche est très élégante encore une fois et même très surprenante avec un certain côté frais. Très belle longueur.

Volnay Champans 1er cru 1990 Hubert de Montille
Le nez est plus mûr que sur les précédents. Toujours aussi velouté, grandit en puissance. Très soyeux.

Volnay Santenots-du-milieu 1er cru 1989 Comtes Lafon
1989 fut une année très chaude. Ce qui se ressent au nez avec un beau fumé. Le vin n'a pas la concentration du 90 mais possède bien un caractère épanoui. La bouche est bien tendue, manque légèrement de densité avec des rendements un peu trop élevé à l'époque, corrigés depuis. Le côté épicé flette beaucoup la bouche.

Volnay Champans 1er cru 1988 Comtes Lafon
Ce vin donne l'agréable sensation d'avoir du pain d'épice dans la bouche. La puissance du fruit est impressionnante, on croque dans de la mûre. Elégant, le vin présente toutefois une  légère dureté métallique (révélateur d'un problème de traitement de la vigne). Sec en finale.

Volnay Santenots-du-milieu 1er cru 1985 Comtes Lafon (en magnum)
Etonnant de jeunesse tout en ayant la complexité de l'âge. Ce vin en plein essor est vif dès l'attaque. Le côté épicé va croissant en bouche et se révèle très flatteur.

Volnay Les Caillerets anc. Cuvée Carnot 1er cru 1978 Bouchard P&F
Il s'agit ici d'un millésime tardif mais très bon. Le nez est simplement incroyable. La bouche est quant à elle légèrement en retrait par rapport au nez car l'acidité prend le dessus en fin de bouche.

Volnay Santenots-du-milieu 1er cru 1976 Comtes Lafon
Le nez est remarquable par ses traces de maturité. La bouche égale ici le nez. Le développement en bouche révèle une grande impression de sucrosité. Les tannins sont toujours un peu durs et secs en finale.

C.R. : Vincent Dauchy
 
 
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