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Ecole de Dégustation de vins
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Domaine Jacques Prieur (Meursault) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail


Dégustation présentée par Nadine Gublin et Martin Prieur
en présence de Bernard Burtschy

 

 

Présentation du domaine :

Basé à Meursault, le domaine Jacques Prieur se distingue auprès du visiteur par l’étendue et le charme de ses bâtisses situées dans le secteur des Herbeux, mais il éblouit surtout par un patrimoine viticole unique en Bourgogne !
Le domaine s’étend en effet sur 21 hectares environ, de Gevrey-Chambertin à Chassagne-Montrachet. Les différents niveaux hiérarchiques bourguignons sont représentés dans la gamme, composée de :
- 5 hectares de grands crus (Chambertin, Chambertin Clos de Bèze, Clos de Vougeot, Musigny, Echezeaux, Corton-Charlemagne, Corton Bressandes, Chevalier-Montrachet et Montrachet),
- 12 hectares de premiers crus (sur 9 appellations, dont Meursault Perrières et le monopole du Volnay Clos des Santenots),
- 3 hectares d’appellation village, correspondant au monopole du Clos de Mazeray à Meursault,
- 0,5 hectare en appellation régionale, constitué par les vignes qui entourent la propriété.

Cette exceptionnelle palette de crus a été sculptée progressivement depuis 1870 environ, et elle est actuellement valorisée par Martin Prieur, qui appartient à la cinquième génération de Prieur. Il est assisté dans cette tâche par Nadine Gublin, œnologue de la maison depuis 1990.

Des niveaux de maturités physiologique et phénolique élevés sont recherchés, en particulier sur le chardonnay (Nadine Gublin nous explique qu’en 2007 par exemple, les blancs ont été ramassés plusieurs jours après la récolte des pinots noirs). Les vendanges se font en petites caisses, un tri important est réalisé à la vigne, et tout est mis en œuvre pour préserver l’intégrité des raisins, issus de vignes remarquablement bien tenues, jusqu’à leur arrivée à la cuverie de Meursault où se déroule l’ensemble des vinifications.
En ce qui concerne les rouges, les raisins sont déposés sur une table vibrante, puis sont à nouveau triés sur une table de tri, avant d’être éraflés (certaines cuvées sont parfois vinifiées en vendanges entières). La vendange est alors placée dans des cuves en bois de taille variable, sans aucun foulage préalable. La température est maintenue aux alentours de 10-12°C pendant la phase de macération pré-fermentaire, qui dure 5-6 jours, et le départ en fermentation se fait naturellement, sans ajout de levures sélectionnées. Pendant la période fermentaire, le travail du vin est classique, avec le recours aux pigeages de façon modérée (jusqu’à 2 fois par jour).
La durée de cuvaison est déterminée sur la base de la dégustation et varie en fonction des caractéristiques du millésime.
Les vins sont ensuite entonnés dans les caves souterraines où ils effectueront leur fermentation malo-lactique. L’élevage dure environ 18 mois et se déroule en fûts (la proportion de fûts neufs varie avec les crus), un seul soutirage est réalisé, environ 2 mois avant la mise en bouteille.
La même volonté de respect du raisin se retrouve dans la vinification du chardonnay : la vendange est pressée lentement dans des pressoirs pneumatiques, sans avoir subi aucun égrappage ou foulage. Le débourbage est statique, dans des cuves en inox, et dure entre 12 et 20 heures. Les vins sont alors mis dans des fûts où ils réaliseront leurs fermentations alcoolique et malo-lactique. Des bâtonnages sont effectués au cours de l’élevage (dont la durée est variable avec les crus), en fonction du profil du millésime.

En résumé, le domaine Prieur constitue une belle illustration de l’intégration des connaissances œnologiques actuelles au savoir-faire traditionnel bourguignon, dans l’optique de produire des vins les plus fidèles possibles à leur terroir d’origine, dont l’expression optimale passe par la production de raisins de grande qualité.


La dégustation :

Les vins rouges :

Beaune 1er cru Champs Pimont 2005 : (40 % fûts neufs, mise en bouteille au printemps 2007)
    Avant de débuter la dégustation, Nadine Gublin présente brièvement les conditions du millésime 2005, en soulignant la facilité du travail pour cette année, en raison d’un état sanitaire parfait, d’une maturité homogène et de bonnes conditions de vendanges.
    Le vin présente une robe intense et brillante, avec de jolis reflets pourpres. Le nez est encore teinté de notes boisées, mais il arbore d’éclatants arômes de fruits rouges et d’épices. L’attaque en bouche est moelleuse et suave, puis la structure se fait davantage sentir, avec des tanins assez serrés en finale. Ce vin constitue l’archétype du Beaune « franc de goût », déjà aimable en l’état, mais d’une belle constitution.

Volnay 1er cru Clos des Santenots : (100 % fûts neufs, mise printemps 2007)
    Ce vin est issu d’une parcelle de 1,2 ha, située sur la commune de Meursault (bien que les vins rouges portent l’appellation Volnay), dans le climat des Santenots du Milieu, et qui est un monopole du domaine.
D’une couleur encore plus profonde que le vin précédent, ce Clos des Santenots présente un nez peut-être moins ouvert immédiatement que le Champs Pimont, mais d’une grande complexité révélée à l’aération (violette, ronce, cassis…). La vigueur qu’il développe en bouche, la qualité de ses tanins et sa persistance aromatique en font un vin plein de personnalité, avec un potentiel prometteur.

Corton Bressandes (grand cru) 2005 : (100 % fûts neufs, mise mars 2007)
    Les vignes du domaine se situent au cœur du climat Bressandes, sur des sols d’argiles parcourues de bandes calcaires.
    Des arômes de poivre, de myrtille et de griotte évoquent, dès le premier nez, un haut niveau de maturité, puis le vin révèle des notes d’humus et de prunelle. L’attaque en bouche est distinguée, gourmande, on retrouve des épices intenses. La texture en bouche est agréable et délicate. Ce Corton Bressandes semble dénué d’austérité dans ce millésime et constitue un très joli vin long et suave.

Echezeaux (grand cru) 2005 : (100 % fûts neufs, mise printemps 2007)
    La parcelle (0,35 hectares) se trouve dans les Champs Traversins, juste en face de la partie historique du grand cru (les Poulaillères) appartenant au domaine de la Romanée-Conti. Nadine Gublin le présente comme « un terroir qui défie les millésimes ».
    La robe est tout aussi éclatante et profonde que celle des autres vins du millésime. Même si le premier nez est légèrement réservé, la distinction aromatique de ce vin est évidente, dans un registre mixte floral/fruité, complété par un caractère mentholé amenant une grande fraîcheur, fraîcheur que l’on retrouve en bouche, avec un développement racé faisant suite à une première sensation là aussi un peu retenue, des tanins gracieux, et une longueur remarquable. Superbe vin !
   
Clos Vougeot 2001 (grand cru) : (100 % fûts neufs, mise février 2003)
    Martin Prieur précise avec humour que la parcelle du domaine est située « dans la partie supérieure du premier tiers » du Clos, et qu’elle a été enherbée pour tenter de réguler l’alimentation hydrique.
    Robe brillante, de profondeur moyenne, avec quelques reflets rouge brique. Le nez est complexe, fin, envoûtant, avec un caractère empyreumatique et épicé (clou de girofle) ouvert et séducteur. En bouche, le fruité ressort, les tanins sont de qualité, mais ce vin ne possède pas la même densité en milieu de bouche que les précédents. Au-delà de la différence des millésimes, on entrevoit la progression réalisée par le domaine au cours des dernières années.

Musigny 2001 (grand cru) : (100 % fûts neufs, mise printemps 2003)
    La parcelle du domaine (0,76 hectare) est située dans les Petits Musigny, en limite sud du climat, dans le secteur de la Combe d’Orveau.
    La teinte est assez proche de celle du vin précédent, mais avec davantage de profondeur. La palette aromatique est superbe, distillant des notes florales (rose) d’une grande élégance, ainsi que des arômes fumés participant de la complexité. L’attaque en bouche est douce, puis le développement est très dense, soutenu par une belle acidité, sans aucune impression de dilution. Le légendaire soyeux des tanins du cru est bien perceptible, ce qui contribue à donner un vin remarquable, à la sensualité folle et à la personnalité unique. Bernard Burtschy souligne l’aspect « magique » de ce vin, et il est vrai qu’il est difficile de rester de marbre face aux attraits des parfums émanant du verre.

Les vins blancs :

Meursault Clos de Mazeray 2004 : (30 % fûts neufs)
    Ce climat est un monopole du domaine (3,12 ha, dont 2,5 ha environ plantés en chardonnay), situé à proximité des Luraules et des Gouttes d’Or.
    Robe jaune pâle. Nez légèrement réduit initialement, puis s’ouvrant rapidement sur un registre exotique et notamment des arômes d’ananas et de coing frais. L’attaque en bouche est marquée par quelques notes de gentiane, elle est vive, puis l’évolution se fait davantage sur la rondeur et le gras, avec la résurgence du fruité. Joli vin plaisant et accessible.

Beaune 1er cru Champs Pimont 2004 : (40 % fûts neufs)
    1,2 hectares de chardonnay sont cultivés par le domaine Prieur dans ce climat, sur des sols de marnes blanches.
    La robe est assez proche, brillante, tirant légèrement plus vers le jaune paille. Ce vin est assez ouvert aromatiquement, vanillé, exotique, marqué par la surmaturité, avec peut-être moins de distinction orthodoxe, mais davantage de sensualité, que le précédent. La bouche est fraîche, quasi acidulée, d’une longueur correcte.

Meursault 1er cru Santenots 2004 :
    Le climat Santenots, situé sur Meursault donne lieu à l’appellation Volnay 1er cru pour des vins rouges (voir le 2ème vin de la dégustation) et à l’appellation Meursault 1er cru pour des vins blancs. C’est ainsi que le domaine Prieur a planté une partie de ses Santenots en chardonnay, et le millésime 2004 correspond à une 4ème feuille.
    La couleur est légèrement plus prononcée, d’un joli jaune doré. Le nez est marqué par quelques notes grillées, associées ici aussi à des évocations exotiques témoignant d’un niveau de maturité élevé. Beau volume en bouche, corps puissant et ample, finale légèrement alcooleuse. Vin surprenant et appellation à suivre dans les années à venir !

Puligny-Montrachet 1er cru Combettes 2004 :
    Le terroir des pucelles se situe à la limite nord de Puligny, en continuité des Charmes de Meursault. Il s’agit d’un endroit assez confiné, où il peut faire très chaud comme nous l’explique Martin Prieur.
    Robe jaune paille, limpide et éclatante. Nez ouvert, fruité, avec notamment des arômes d’agrumes, mûr et exotique. L’attaque est marquée par quelques notes de gentiane, puis on décèle des fruits jaunes, des raisins de Corynthe, du menthol. L’ensemble est dominé par une impression de haute maturité, donnant un vin ample et chaleureux, avec un retour aromatique fruité et séduisant.

Meursault 1er cru Perrières 2004 :
    La parcelle du domaine, d’une superficie de 0,33 hectares, est située d’un seul tenant, dans le secteur des Perrières Dessous, qui est le plus qualitatif du climat le plus célèbre de Meursault. Les vignes ont en moyenne entre 25 et 30 ans.
    L’intensité de la couleur est plus élevée, et ce degré supplémentaire se retrouve également au niveau de la définition aromatique. Des fines notes de grillé, de fleur de vigne, de citron contribuent à la complexité d’un nez évoquant la maturité d’un raisin de noble origine. L’attaque en bouche est puissante, mais l’équilibre est remarquable. Une impression de salinité apparaît dès le milieu de bouche, allant jusqu’à la sensation de croquer un grain de sel en finale ! La pureté, la personnalité, la longueur de ce vin en font une expression très distinguée d’un terroir de premier choix. Remarquable !

Montrachet (grand cru) 2004 :
    Le Montrachet du domaine Prieur, issu de deux parcelles, est généralement vendangé tardivement, afin d’atteindre des niveaux de maturité très poussés (coupé le 4 octobre en 2004).
    La robe est teintée d’un jaune soutenu, aux reflets dorés. Le nez est complet, très puissant, tellement puissant qu’il est difficile d’isoler et de décrire les arômes le composant, même si une nuance de miel semble se dégager. La texture en bouche est très dense (elle fait penser, selon Martin Prieur, à la texture d’un vin rouge), la puissance et l’onctuosité de ce vin sont impressionnantes, ce qui le rend en l’état encore peu accessible, mais lui promet un brillant avenir, d’autant plus qu’il demeure très pur et net.

Chevalier-Montrachet (grand cru) 2000 :
    Le domaine ne produit en général que deux pièces sur cette parcelle de taille très modeste (0,14 ha).
    Robe jaune paille, limpide. Arômes de nougatine, d’amande, avec une pointe grillée qui témoigne de quelques années de bouteilles supplémentaires. Le volume en bouche est important, renforcé par des arômes de miel, mais la finale est fraîche, et se construit autour de nobles saveurs amères. Il est à noter que le vin évolue favorablement avec l’aération, ce qui laisse présager quelques années d’attente supplémentaires pour atteindre son apogée !

Corton-Charlemagne (grand cru) 2000 :
    Petite production là aussi avec généralement 4 pièces, provenant de la partie située en haut du coteau, au-dessus du village de Ladoix-Serrigny.
    D’un jaune assez pâle, ce vin révèle des arômes de fruits blancs, mais aussi de mangue et de coing, complétés par des notes de pierre humide. La bouche est assez serrée, distinguée, tendue et longue, ce qui en fait un vin aérien et pur, qui n’est pas encore prêt à livrer tous ses secrets !

Conclusion :

    Cette dégustation nous a conduit à effectuer une passionnante promenade initiatique au sein des plus fameux crus de la côte de Nuits et de la côte de Beaune, à travers différents millésimes récents.
Les rouges, colorés, charnus, brillent en 2005 par une densité remarquable, tandis que les blancs apparaissent purs, savoureux, et sous-tendus par une suavité immédiatement séductrice quoique trompeuse, tant leur capacité à affronter les années semble évidente.
Ainsi, nous avons pu apprécier l’homogénéité de la gamme présentée par le domaine Prieur, dont les vinifications expertes permettent de tirer le meilleur de raisins récoltés à haute maturité, et ayant fait l’objet tout au cours de l’année de soins particulièrement méticuleux, afin de révéler toutes les potentialités de leurs prestigieux terroirs d’origine.

Compte-rendu: Axel Marchal

 
 
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