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Maison Chapoutier (Rhône) avec Michel Chapoutier PDF Drucken E-Mail


La Maison Chapoutier

présentée par Michel Chapoutier

 

Grains Nobles le 10 décembre 2010


Présentation du domaine :

La Maison Chapoutier a été créée en 1808. Une fois n’est pas coutume : c’est en mars 1990 que la transmission saute une génération, Michel Chapoutier rachetant le vignoble de son grand-père, un vignoble au bord de la faillite. Vinificateur au domaine depuis 1988, Michel était à la fois amoureux de vin (et de gastronomie) et convaincu que son père ne l’était pas assez pour redresser la maison. Et les références de Michel Chapoutier ne trompent pas : loin d’être un amateur de vins lourds et boisés, il préfère nous dire son admiration pour la minéralité des grands Riesling alsaciens et pour l’expression fidèle du terroir, sans pour autant négliger le rôle que jouent les hommes dans la construction des vins.
Aujourd’hui, cette philosophie se traduit aussi bien à la vigne qu’en cave. Le domaine Chapoutier est ainsi le plus grand domaine viticole « bio » (y compris en achat de raisin) et même biodynamique (pour les raisins du domaine). Cette volonté est à la fois le signe d’une grande exigence et d’un savoir-faire marketing, coccinelles et labels sur l’étiquette rappelant ces choix au consommateur… Il faut néanmoins souligner l’attention, rare chez les vignerons, que porte Michel Chapoutier à l’expérimentation. Avec rationalité, le « laboratoire » du domaine cherche à comprendre le fonctionnement de la vigne, à faire le tri entre ce qui marche et ce qui ne marche pas et à progresser sans cesse, depuis la production et la sélection des plants jusqu’à la mise en bouteille.
Chaque dimension du vin doit confiner à l’excellence. Le respect du sol est évidemment essentielle, mais également celui des levures indigènes qui sont une caractéristique fondamentale du terroir : les oligoéléments du sol influent sur la nature de la population levurienne. Il en va de même des cryptogames, présents dans la terre, qui jouent un rôle dans la pédogenèse à condition de ne pas les nourrir d’engrais et donc de ne pas déséquilibrer l’écosystème (au risque de voir la plante attaquée). La vigne ne doit pas être bouturée sans cesse au risque de subir une érosion génétique dommageable à cette syrah dont l’origine est désormais établie à quelques kilomètres au sud de l’Hermitage. D’après les réflexions du domaine, il faut repartir du matériau végétal et la faire réagir à l’environnement et aux maladies pour, ensuite, la sélectionner. Une fois produits, les plants doivent être plantés serrés (7000 à 10000 pieds/ha) et les rendements maîtrisés (20 à 30 hl/ha chez Chapoutier). C’est aussi dans ces conditions que l’on peut maintenir des plants âgés, à l’image des vignes préphylloxériques de 120 à 140 ans qui se trouvent autour de la Chapelle (et composent la cuvée « Hermite »). Les raisins sont alors travaillés dans des cuves en bois ou en béton. Les vins de presse ne sont pas incorporés au vin final afin de garder des tannins fins, soyeux et stables.
Enfin, si les climats (macroclimat et millésime), la vigne et le raisin doivent être respectés, le talent du vigneron est aussi une donnée capitale, comme en atteste cette dégustation…


LES CUVEES DEGUSTEES
La dégustation s’organise autour d’une horizontale du très grand millésime 2005 et d’une verticale de Saint-Joseph « Les Granits » (blanc).
Notons, en passant, que 2006 sera, selon Michel Chapoutier, le plus grand millésime des 15 dernières années.
Les cuvées dégustées sont des sélections parcellaires.

Crozes-Hermitage – Varonniers 2005 (***(*))
Le terroir sur lequel ce vin est élaboré est très exposé au vent qui a érodé les sols, laissant la vigne directement sur une roche de granit pur.
Robe brillante. Au nez : beau fruit rouge gourmand et boisé très subtil, avec des notes mentholées. La bouche est dense mais droite, les tannins sont fins. La fraîcheur domine ce très beau vin concentré. Belle longueur. Un vin de grand plaisir qui peut-être bu dès aujourd’hui et qui devrait être à son apogée dans 5 à 10 ans.

Saint Joseph – Les granits (rouges) 2005 (***(*))
Nez moins mentholé que pour le Crozes-Hermitage, bouche plus dense, davantage marquée par les fruits noirs. Très léger creux en finale. Un très beau vin.

Côte rôtie – La mordorée 2005 (****)
Cette cuvée est monocépage de syrah sur schistes.
Vin assez fermé. On trouve au nez des notes d’olive noire et de bacon selon Michel Chapoutier. La bouche est caractérisée par une très grande droiture, des notes d’eucalyptus. La finale est plus longue que sur les vins précédents, avec des notez de zan et une belle pureté aromatique.

Ermitage – Les greffieux (rouge) 2005 (*****)
L’Hermitage est une petite appellation de 123 ha composée de 4 types de terroirs. Cette parcelle est constituée de dépôts sédimentaires qui donnent naissance à des vins aux arômes de cassis et de violette.
Nez évoquant la réglisse à la violette. Vin très concentré aux tannins serrés mais très fins et très soyeux. Le vin est puissant et la finale très longue avec une pointe d’amertume. Un coureur de fond. Un très grand vin.

Ermitage – Le Méal (rouge) 2005 (****(*))
Un peu empyreumatique souffré/réduit au premier nez. Ces arômes disparaissent à l’aération et laissent place à un vin concentré et construit sur une grande acidité en bouche (même si ce n’est pas le cas analytiquement, nous dire Michel Chapoutier). La bouche offre des notes de confiture de cassis. Finale un peu coupée, à ce stade, par des tannins très présents. A attendre au moins 10 ans et sans problème 20…

Ermitage – Le pavillon (rouge) 2005 (*****)
Nez très dense de fruit mûr et de réglisse. Les tannins sont très denses, un peu asséchants à ce stade. La bouche présente une pointe d’amertume en finale. Très long. Mais à attendre au moins 10 à 15 ans… Comme le souligne Michel Chapoutier, cette cuvée produite sur des sols composés de granite et de roche magmatique et métamorphique se caractérise(ra), selon les stades de l’évolution du vin, par des arômes d’encre de Chine, de suie de cheminée, de tourbe, de goudron et de zan.

Hermitage – Chante Alouette (blanc) 2005 (***)
Nez élégant, un peu austère. Très beau gras en bouche, légères notes de coing. Assez long.

Ermitage – De l’Orée (blanc) 2005 (***(*))
Belle fraîcheur, arômes plus floraux mais en retenue (fleur de tilleul, acacia). Un vin qu’il faudra attendre quelques années pour en tirer le meilleur.

Saint Joseph – Les granits (blanc) 2005 (****)
Vin plus droit, perlant, sur le fruit, complexe. Arômes plus mentholés et anisés (fenouil) mais aussi de rhubarbe qui signent ce terroir granitique.
Selon Michel Chapoutier, un homard, une langouste, ou un saumon cuits 5 minutes à la vapeur d’alcool s’accordent à merveille avec ce type de bouteille… Une œuf de 100 ans, également.
Composé de 100% marsanne, ce vin est vinifié en demi-muids, bâtonné, élevé sur lie et pressuré en vendange entière avec pas ou peu de soutirage. Ces vins évoluent vers des arômes d’amande grillée après 8 à 10 ans. Issu de sols sédimentaires, il se caractérise notamment par des arômes de coing qui signent ce type de terroirs.

Saint Joseph – Les granits (blanc) 2006 (****)
Vin avec des arômes de levures, bouche un peu plus amère mais bien équilibrée. Le vin, au beau potentiel, a besoin d’un peu de temps pour prendre ses marques.

Saint Joseph – Les granits (blanc) 2001 (***(*))
Plus foncé. Nez sur le coing. Bouche fraîche sur de beaux arômes acidulés de coing. Finale assez longue.

Saint Joseph – Les granits (blanc) 1999 (***)
Nez de pomme fraîche et de coing. Bouche fraîche mais moyennement dense et complexe. Un vin à boire sans trop tarder.

Saint Joseph – Les granits (blanc) 1998 (****)
Nez de truffe, de céleri et de fenouil. Bouche à la fois grasse et très droite et équilibrée. Finale assez longue.
Michel Chapoutier suggère d’essayer, avec ce vin, un os à moelle recouvert de truffe sur des tranches de pain grillée, en toute simplicité.

Au final, c’est une excellente soirée, à nouveau qui caractérise cette dégustation au caveau « Grains Nobles ». Une dégustation de vins à la fois de grand plaisir, de grande pureté et de belle complexité. Des vins qui donnent faim et qui n’attendent qu’à être servis à table. Si nous avons préféré les rouges, absolument superbes, les blancs, du moins dans les meilleurs millésimes, révèlent de très beaux atouts.

C.R. : David Flacher.

 
 
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