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Ecole de Dégustation de vins
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Clos Naudin (Vouvray) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Clos Naudin
Vouvray 

présenté par Philippe Foreau

 

Grains Nobles, le jeudi 10 avril 2008

L’appellation d’origine contrôlée Vouvray est l’une des plus anciennes de France (1936). Sept communes ont le droit à cette appellation. Le vignoble se situe sur la rive droite de la Loire, à une dizaine de kilomètres en amont de Tours. Il couvre 2.100 hectares. La majeure partie des vignes est située sur le plateau. Le sous-sol est calcaire. Le sol est composé d’argile de différentes compositions (ferme ou de texture délicate). A certains endroits le calcaire ressort (Aubuis) alors que d’autres voient une présence importante de silex (Perruches). Les premiers donnent des vins moins retenus, alors que les seconds engendrent des vins austères dans la jeunesse, libérant une minéralité et des épices avec l’âge. L’unique cépage est le chenin blanc. Il est plus tardif que le sauvignon d’une quinzaine de jours. Il permet aux vins de conserver une fraîcheur subtile. Lors de rares millésimes, généralement deux par décennies, il prend la pourriture noble. Son principal défaut est la compacité des grappes, empêchant la circulation d’air entre les grains, point délicat en cas d’humidité.
Philippe Foreau possède 12 hectares de vignes, sur les sols de Perruches. Les différentes parcelles ne sont pas de vrais clos, comme pourrait le laisser penser le nom du domaine. Elles sont relativement homogènes.  Les rangs sont espacés de 1,5 mètre, et les pieds de 1 mètre. La vigne est travaillée mécaniquement pour éviter les levées d’herbe. Les produits systémiques ne sont pas utilisés car il passe directement dans la sève. Philippe Foreau ne revendique pas le label bio car il souhaite se laisser une certaine liberté. Il cite l’exemple du millésime 2007 qui a vu une importante pression du mildiou. Il fallait alors être capable de traiter la vigne.
La philosophie du domaine est l’assemblage. Certaines vignes sont certes mieux situées, plus vieilles et donnant de meilleurs résultats. Mais Philippe Foreau préfère offrir une gamme homogène à ses clients. Les vins sont élevés en barriques. Le parc se compose d’une centaines de fûts de 300 litres, dont à peine cinq sont neufs chaque année. Il est opposé à la fermentation malolactique pour ses vins. Celle-ci fait chuter l’acidité, apporte des arômes lactiques peu souhaités et donne un goût plus commercial.


Vouvray sec Clos Naudin 2007 (échantillon pris sur fût)
Les échantillons ont été prélevés le matin de la dégustation sur plusieurs barriques pour être représentatif de l’assemblage final. La mise en bouteille se fera le 6 et 7 mai prochains. Les secs ont généralement moins de 5 g/l de sucre résiduel au domaine. Celui-ci a 3 grammes.
Les vendanges en 2007 se sont étalées du 20 septembre au 11 octobre. Le millésime a été délicat et généreux, car les rendements ont été de 45 hl/ha contre 38 habituellement. C’est le type même de vin de garde car la malo n’est pas faite et le terroir est fort. Après la fermentation alcoolique le vin est directement soutiré. De plus une filtration stérile est opérée pour empêcher le départ de cette seconde fermentation. Elle épure le milieu de bouche et donne de la tension en finale. Il faut surtout ne pas monter en pression lors de cette manipulation. Ce vin a 13,1° naturel.
La robe est encore très claire, avec des reflets verts. Le nez est expressif, sur les fleurs blanches, la pomme, la poire, les épices telles le girofle, la cannelle et l’anis. A l’aération apparaissent des notes de mirabelle et de prune. La bouche est dotée d’une belle tension, sur des arômes de pierre à fusil, de pomme et d’épices plutôt puissantes. La longueur est remarquable.
Ces vins s’apprécient au mieux entre 7 et 15 ans d’âge.

Vouvray sec Clos Naudin 2002
Exceptionnellement Philippe Foreau a produit deux cuvées différentes de cette référence. Celle avec le moins de sucre résiduel (3g/l) a été vendue en France, et les bouteilles présentées pour la dégustation ont été destinées à l’export (5g/l). Le millésime 2007 ressemble à 2002, et le degré naturel est 13.
La robe est encore jeune, avec des nuances d’or fin. Le premier nez est fortement fumé, puis se distingue par ses notes de truffe blanche, citronnées, de mandarine et d’iode. Le côté iodé a tendance à prendre le dessus après quelques minutes. En bouche, le vin présente un côté ‘patiné’, épicé avec une pointe de coing. L’acidité reste tranchante et saline. La longueur est très intéressante.

Vouvray sec Clos Naudin 2005
L’état sanitaire parfait signe la perfection du millésime. L’arrière saison a favorisé la maturité et l’apparition de botrytis. Toutes les catégories de Vouvray ont été produites. L’évolution sera lente, à condition de stocker les bouteilles de manière idéale.
Le premier nez est fermé, légèrement austère. Il laisse doucement apparaître des notes épicées et d’amande fraîche. C’est en bouche que l’on trouve actuellement le potentiel du vin, avec une matière charnue et pleine. La densité est tout simplement impressionnante, le vin termine fumé et très long.

Vouvray demi-sec Clos Naudin 2007
La mise en bouteille de cette cuvée est programmée le 7 mai. Elle possède 12,9° et 16 g/l de sucre résiduel.
Le nez est porté par les agrumes, le litchi, l’eau de rose. La pureté du fruit est superbe, surtout lorsqu’on se rappelle des conditions difficiles du millésime. En tout cas rien n’apparaît dans cette bouteille d’une exemplaire définition et fraîcheur. Le fruité est encore primaire, avec des notes de mandarine et de pomelos. En bouche, le côté doux est déjà bien contrebalancé par un côté ‘zeste’ très intéressant, apportant fraîcheur et longueur à l’ensemble.
Philippe Foreau conseille de toujours rester sur un accord marin, mais d’ajouter ici une sauce aux agrumes, type beurre et orange.

Vouvray demi-sec Clos Naudin 2005
Ce 2005 est en limite de définition d’un demi-sec, avec 20 g/l de résiduel et 13,5° acquis.
Le nez est sur la fermeture. Il a un côté puissant sur l’amande et des notes d’agrumes. La bouche est d’une jeunesse primaire, dense, profonde, dotée d’une exceptionnelle dynamique, aussi vivante que vibrante. La longueur est époustouflante et promet une grande bouteille pour ceux qui sauront être patient plusieurs années.

Vouvray demi-sec Clos Naudin 1996
Le millésime 1996 a engendré un sec que Philippe Foreau juge être le plus grand jamais produit au domaine. Un demi-sec ainsi qu’un moelleux ont également été produits. Le sucre résiduel est ici de 20 g/l.
Le vin est désormais à maturité. Sa robe est plus dorée, légèrement orangée. Le nez est complexe et ouvert. Il développe d’intenses parfums de safran, de truffe blanche, de coing et d’orange amère ainsi qu’une pointe fumée. Les épices ressortent plus fortement en bouche. La tension acide équilibre parfaitement le vin, donnant une impression de vin sec. Il manque certainement de densité, surtout face au 2005 précédent, mais charme par sa patine et son développement aromatique. Il accompagnera à merveille un homard grillé aux épices.

Vouvray moelleux Clos Naudin 2005
Les raisins permettant de produire ces vins moelleux sont sphériques, très dorés, souvent avec un degré potentiel supérieur à 16, mais ne dépassant toutefois pas 17,5 car il manque l’attaque du  botrytis. C’est du passerillage sur cep.
Le vin possède 13,2° et 60 g/l de sucre résiduel. Sa couleur est encore très primaire et ne laisse même pas deviner la richesse potentielle des raisins. La note d’amande apparaît au premier nez, comme pour les autres vins du millésime, véritable signature. La poire (fermentaire) et les agrumes sont accompagnés par une pointe saline.

Vouvray moelleux Clos Naudin 1995
Ce 1995 a désormais développé les arômes de terroir. Il dégage des senteurs de safran, fumées, minérales intenses, iodées et salines. Il est également doté d’une légère ‘caramélisation’. Le fruit réapparaît plutôt en bouche, grâce à l’orange amère et le coing (à peine confit). La finale présente un jeu intéressant sur l’amertume (gentiane) apportant une certaine fraîcheur (50g de sucre résiduel).

Vouvray moelleux Clos Naudin 2003
2003 peut se comparer au millésime 1976. Philippe Foreau avoue toutefois qu’il le dépassera. 90% de la production est constitué par des moelleux (le reste est en demi-sec). Les vins se sont toujours bien présentés, et ne connaîtront vraisemblablement pas de phase de fermeture. C’est assurément un grand millésime qui ira loin.
La robe est or, intense. Le nez présente des notes de pomme au beurre, de coing et d’abricot. La bouche est riche, dense et puissante. La finale fait apparaître une pointe ‘brûlée’, signe du millésime sans toutefois être dérangeante. Le sucre résiduel est important, puisqu’il atteint 75 g/l.

Vouvray moelleux Réserve Clos Naudin 2003
La cuvée moelleux Réserve est produite avec des raisins botrytisés. Ce phénomène permet la concentration des arômes et des sucres, sans perdre en acidité. Le milieu fermentaire étant très riche, les levures ont beaucoup de difficultés à travailler. Le vin ne possède que 11,8° acquis, et 150 g/l de sucre résiduel.
La robe or, riche, est naturellement plus prononcée que le vin précédent. Le nez est un peu sur la réserve, mais après une lente agitation il libère des arômes exotiques intenses et purs. Le fruit de la passion et la mangue dominent un bouquet aux saveurs multiples et complexes. L’apport du botrytis est nettement favorable, et produit une liqueur d’une grande ampleur en bouche. La mirabelle et la prune apparaissent. Malgré la concentration, le vin reste équilibré, frais et d’une très grande finesse. Le toucher de bouche est absolument unique.

Vouvray moelleux Réserve Clos Naudin 1989
Cette année a vu les vendanges les plus longues de l’histoire du domaine. 3 cuvées de moelleux ont été produites : moelleux (110 g/l résiduel), ce moelleux Réserve (150 g/l) et un moelleux 1ère trie (180 g/l).
Ce vin se présente timidement, avant de libérer des notes de kumquat, d’épices orientales, de datte et de coing confit. La minéralité des silex prend ensuite le dessus, accompagnée de pêche de vigne. La bouche joue le registre de la finesse et de l’élégance.

Vouvray moelleux Réserve Clos Naudin 1990
La robe de ce Réserve 1990 est relativement évoluée, sur des tons orangés voire cuivrés avec des reflets brillants. Le nez est superbe de complexité, avec une aromatique dominante de framboise, cerise et orange. La liqueur est d’une grande richesse et d’une complexité étonnante. Le vin est dense, tout en restant fin et pur. C’est l’élégance ultime de ce type de moelleux. Il possède 220 g/l de sucre résiduel et 10,5° d’alcool.
De nombreux vins de Vouvray de ce millésime commencent à être sur la pente descendante, mais celui-ci reste jeune et frais. Il avait une couleur relativement évoluée dès sa jeunesse en raison du botrytis important.


Philippe Foreau nous a transporté ce soir dans l’univers des très grands chenins de Vouvray. Les sols de Perruches ont un fort impact sur la minéralité, les épices et la texture en bouche des vins du Clos Naudin. Le talent de vigneron mais également de vinificateur de Philippe Foreau permettent de produire des vins d’une très grande constance et homogénéité. La gamme des vins jeunes, incluant les millésimes 2003, 2005 et 2007 montrent un nouveau pas franchit au domaine, avec des vins encore plus purs, plus profonds et plus denses. Ils restent des vins de garde qu’il faudra savoir laisser vieillir quelques années en cave pour en tirer une grande complexité aromatique.

Compte-rendu: David Rayer

 
 
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