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Ecole de Dégustation de vins
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Domaine Kientzler (Alsace) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail


  Domaine André Kientzler
 
Alsace 

Dégustation présentée par André Kientzler

 



André Kientzler est propriétaire viticulteur à Ribeauvillé. Il représente la 6ème génération de ce domaine familial. Ses deux fils travaillent désormais à ses côtés. Il possède un peu plus de 12 hectares de vignes : 0,5 hectares sont situés à Bergheim, 1,5 sur la commune de Hunawihr et le reste à Ribeauvillé, dont les trois grands crus (Kirchberg, Osterberg et Geisberg). Le domaine dispose de bâtiments pour la cave et le stockage en dehors de Ribeauvillé depuis 1972. C’est une double chance. En effet 5 ans plus tard un plan d’occupation des sols a interdit toute construction sur cette ancienne parcelle de vignes, et l’accès y est rapide, alors que le centre ville a été transformé en zone piétonne avec la présence de nombreux touristes, ce qui aurait posé des problèmes pour déposer les raisins récoltés.
Les vendanges sont manuelles. Les raisins sont pressés entiers, grâce à deux pressoirs pneumatiques de petite taille, quitte à vinifier séparément et à assembler plus tard les lots. Les cuves Inox sont utilisées et permettent, comme par exemple pour 2003 (début des vendanges le 25 août), de refroidir rapidement les jus et d’éviter les départs en fermentation précoce. Après débourbage, les jus clairs sont mis sur lies fines dans de vieux foudres pour la fermentation et le stockage. Certaines cuves Inox sont également utilisées pour faire le complément. Un autre soutirage se fait généralement au mois d’avril lorsque les températures de cave remontent. Il n’y a jamais de collage, juste éventuellement de légères filtrations.
La majeure partie du vignoble est exposé Est, sauf les deux grands crus Kirchberg (dont le domaine possède 1,30 ha) et Geisberg (1,50 ha) qui font face au Sud. Tous les cépages sont représentés dans la gamme du domaine Kientzler, hormis le pinot noir.


Chasselas 2006
Le chasselas est un très bon raisin de table. Il permet de produire des ‘vins de soif’. Il existe deux parcelles différentes, dont l’âge des vignes se situe entre 20 et 25 ans. 2006 a été un millésime difficile à cause d’orages et de pluies apparus en début de vendange. Ce cépage est beaucoup utilisé en Suisse pour la production de Fendant. André Kientzler regrette juste de voir trop souvent la fermentation malolactique effectuée sur ce type de vin, ce qu’il exclut personnellement.
La robe est très claire, aux reflets légèrement argentés. Le nez est expressif, sur le pomelo, la menthe, l’anis, les agrumes, la pomme verte et une touche végétale. Le vin est léger, fin et présente une bonne acidité. Il sera parfait à l’apéritif, surtout à l’approche des beaux jours sur les terrasses ensoleillées.

Pinot d’Alsace 2005
L’étiquette mentionne bien Pinot d’Alsace. C’est en fait un assemblage de pinot blanc et auxerrois, ce dernier étant très largement majoritaire. Il a la particularité d’être plus aromatique que le premier. Les vins sont en général plus gras et il a une acidité plus faible que le chasselas. La vigne a 35 ans. Ce vin présente entre 3 et 4 g/l de sucre résiduel.
Le nez est plus fermé avec une pointe citronnée, plus amande et ananas à l’aération. Son ampleur nous ravit. Le gras en milieu de bouche donne une densité au vin et la longueur est plus sérieuse que le chasselas. Il sera plutôt à apprécier sur une entrée.

Muscat Kirchberg Grand Cru 2004
Le muscat Ottonel est planté sur le Kirchberg. Il a un fruité moins violent que le muscat d’Alsace et permet de produire des vins plus fins sur ces terres argilo-calcaires. La vigne a 40 ans.
Tout en ayant une certaine puissance aromatique, le nez présente une très belle finesse avec des notes d’eau de rose, d’anis et de fleurs blanches. Le vin n’a pas une grande structure mais la tension en finale est remarquable. Une légère amertume est toutefois perceptible.

Muscat Kirchberg Grand Cru 1997
Les techniques et l’élevage de ce 1997 sont comparables au 2004. Le vin a été carafé pendant une heure.
La robe est encore jeune, brillante et claire avec des reflets or. Le nez développe des senteurs de rose, mangue (à peine mûre), gingembre et menthe, avec une belle palette d’épices orientales. On retrouve ces notes épicées en bouche avec un gras et une matière harmonieuse. C’est un bel exemple de muscat ayant développé des arômes secondaires.

Riesling Geisberg Grand Cru 2004
Les vignes du domaine sont en terrasses sur le Geisberg. Elles ont une soixantaine d’années. Le sol est plus caillouteux que dans le Kirchberg.
Cette bouteille vient nous rappeler la noblesse du riesling. Le nez est splendide, avec une pointe citronnée, presque de zeste, son côté floral et ses agrumes. Mais c’est en bouche qu’on trouve toute l’intensité du grand cru. Il se dégage une véritable énergie, libérant une puissance interne tout en gardant beaucoup de finesse et d’élégance. La longueur est impressionnante et finit tendue sur une note de pomelo. C’est assurément un très grand vin qu’il faudra attendre quelques années.

Riesling Geisberg Grand Cru Cuvée Exceptionnelle 2004
André Kientzler nous évoque la naissance de cette cuvée, qu’il qualifie d’accident de parcours dû au millésime. Les raisins du vin précédent ont été récoltés un vendredi. Puis la pluie est apparue samedi et dimanche. Les deux premiers jours de la semaine suivante ont permis aux raisins de sécher, mais il a recommencé à pleuvoir ensuite, empêchant la vendange. Il a donc fallu être patient quelques jours. Les raisins ont bien tenu, puis ont été atteint par la pourriture noble. Il n’y a pas eu besoin de faire de tri. Le vin au final pourrait être une vendange tardive (VT), mais le vigneron est obligé de faire la déclaration avant la récolte, ce qu’André Kientzler n’avait pas prévu. Il l’a donc nommé cuvée exceptionnelle. Le vin a 20 g/l de sucre résiduel et a l’équilibre du riesling VT 1989.
La maturité des raisins se devine aux tons orangés que prend la robe de ce vin par rapport au précédent. Son nez exhale des notes de citron confit et une légère évolution vers les fruits exotiques, notamment le fruit de la passion. Une pointe fumée du botrytis est présente. En bouche le vin est très mûr avec une fine liqueur. Le tout est encore riche à ce stade, mais ne manquera pas de s’affiner et de se minéraliser avec le vieillissement pour donner une très belle bouteille dans une dizaine d’années. C’est assurément une belle VT de riesling au rapport qualité/prix quasiment imbattable à ce niveau.

Riesling Geisberg Grand Cru 2005
Le millésime 2005 a été idéal pour tous les vignobles, et l’Alsace ne fait pas exception.
Le nez est initialement timide, et ce n’est qu’après quelques minutes qu’il libère des notes de fruits secs, du citron et des agrumes dans un registre plutôt riche et mûr. Cette maturité ‘poussée’ se retrouve en bouche, avec une certaine puissance, des arômes de pêche et d’agrumes allant vers l’abricot. Le tout paraît, surtout à côté du Geisberg 2004, légèrement chaud et surtout riche en alcool. Ce vin est très jeune, et il faudra impérativement attendre que cette matière ‘brute’ se fonde. D’ailleurs cette bouteille n’est pas encore commercialisée.

Riesling Geisberg Grand Cru 1988
Les deux bouteilles ouvertes pour la dégustation ont été carafées en même que le muscat 1997. André Kientzler nous indique qu’il observe des récoltes plus précoces depuis le millésime 1989.
La robe est d’un bel or brillant. Le nez rappelle l’encaustique (cire), les fleurs jaunes, la mirabelle, les épices douces, dont la cannelle, et une pointe terpénique. La complexité aromatique est remarquable et joue la finesse. Cette caractéristique revient en bouche, d’une harmonie splendide et d’une grande longueur. La finale est plus tendue grâce à un retour d’acidité appréciable.

Gewurztraminer 2006
La cuvée ‘basique’ de gewurztraminer est issue d’un assemblage de plusieurs parcelles. Le millésime 2006 a produit un vin avec 10 g/l de sucre résiduel.
Un quart d’hectare de ce cépage est planté sur le grand cru Osterberg.
Quelques reflets or laissent deviner la maturité des raisins. Le vin présente des notes florales et épicées intenses, avec une touche de coing se développant avec l’aération. Les fruits exotiques ressortent en bouche et le tout présente un bel équilibre.

Gewurztraminer Vendange Tardive 2005
Les tris pour cette vendange tardive ont été faits sur deux parcelles.
Beaucoup plus pur et fin que le vin précédent, ce 2005 est une petite merveille avec la concentration de la vendange tardive et une grande noblesse de parfums. La bouche est une véritable délicatesse, avec un beau toucher sans aucune amertume. Le vin a une grande persistance.

Gewurztraminer Vin de Glace 1993
Les vins de glace sont habituellement une spécialité allemande, mais dans certains millésimes les vignerons alsaciens peuvent en produire. Il est nécessaire de récolter et de presser les raisins gelés. Le point de congélation dépend de la concentration en sucre. En 1993, la richesse était équivalente à une VT. D’ailleurs les raisins récoltés après 8h45 (à des températures plus élevées que tôt le matin) ont produit une VT. Le vin a 170 g/l de sucre résiduel. D’autres millésimes de vin de glace sont par exemple 1985, 1986 et 1998.
La robe est relativement intense, orange légèrement cuivré. Le nez montre la richesse initiale des raisins avec des notes d’abricot, de coing confit et de framboise. La légèreté du vin de glace et sa fraîcheur se retrouvent bien, même si la puissance du botrytis est présente : datte, orange sanguine et fruits confits. C’est un vin de glace puissant et expressif.

Riesling Geisberg Grand Cru Sélection de Grains Nobles 2001
Le grand cru Geisberg est ‘trop bien’ exposé, et le riesling ne prend que très rarement le botrytis. Il faut donc attendre des années exceptionnelles comme 2001. En fait, il n’y a pas eu besoin de faire de ‘sélection’, tellement les raisins étaient parfaitement atteints. La précédente sélection de grains nobles produite au domaine était en 1989. Le vin a 175 g/l de sucre résiduel.
La robe est or clair, brillante. Le nez propose un botrytis absolument envoûtant, d’une perfection et d’une pureté remarquable : coing, confit léger et très fin, pointe citronnée, ananas. La liqueur en bouche est sublime, ronde, donnant beaucoup de gras et d’ampleur à l’ensemble tout en ayant une finesse et une élégance rare. L’équilibre est splendide et ce chef d’œuvre évoluera lentement pour atteindre son apogée dans de très nombreuses années.

Compte-rendu: David Rayer

 
 
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