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Ecole de Dégustation de vins
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Château La Mission Haut-Brion (Pessac-Léognan) avec Jean-Philippe Delmas Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail


  La Mission Haut Brion (Pessac Léognan)

Présenté par Jean-Philippe Delmas
 



Jeudi 29 mai 2008


Le château La Mission Haut Brion fait partie du domaine de Clarence Dillon, au même titre que le château Haut Brion et Laville Haut Brion. Son histoire est longue et complexe. Alors que de nombreux vins du 18ème siècle portent le nom de leur propriétaire, les vins de la Mission Haut Brion étaient déjà connus. Après une succession de propriétaires depuis la Révolution Française, La Mission Haut Brion est acquise par la famille Woltner en 1919. Celle-ci a réussit à faire classer le vignoble de La Tour Haut Brion en 1953 puis 1959, même si ce château a toujours été le second vin de la Mission Haut Brion. Les vignes sont depuis 2006 inclut dans le vignoble de la Mission Haut Brion, et le nom du premier n’existe plus. Depuis 1991, le second vin de La Mission Haut Brion (issu de sélections) est appelé la Chapelle de la Mission Haut Brion, vin par lequel nous commencerons notre dégustation.
La famille Dillon acquiert le château en 1983 des héritiers Woltner. Elle possédait le château Haut Brion depuis 1935. Clarence Dillon était un financier new-yorkais.
Le grand père de Jean-Philippe Delmas (Georges) était régisseur de Haut Brion de 1923 à 1961, puis son père (Jean-Bernard) jusqu’en 2003. Jean-Philippe Delmas a débuté à Haut Brion en 1994. Il est aujourd’hui directeur des châteaux de la famille Dillon.
Il rappelle que sa grande tante a travaillé à Montrose, et Bouygues a racheté ce château très récemment. Son père Jean-Bernard Delmas a été réengagé, alors qu’il était pourtant parti en retraite, pour remettre à niveau Montrose.
Le Château La Mission Haut Brion dispose désormais de 26,6 hectares. Il est situé en face de son illustre frère, aux portes de la ville de Bordeaux. Cette partie bénéficie d’un microclimat. L’enclavement dans la ville accentue aujourd’hui le phénomène, mais il existait déjà depuis toujours. Pour preuve, Jean-Philippe Delmas nous rapporte que des archives du 14ème siècle prouve qu’en 1394 Haut Brion avait fini les vendanges alors que les cloches du village sonnait le ban des vendanges.
La densité de plantation est de 10.000 pieds/ha. Les cépages se répartissent entre le merlot (45%), le cabernet sauvignon (45%) et le cabernet franc (10%). Il existe trois niveaux de sélection, à hauteur généralement de 60% de la production (La Mission Haut Brion), 30% (La Chapelle) et 10% (vendu au négoce). En 2007, les sélections ont été beaucoup plus sévères : seuls 31% de la récolte donneront le premier vin (avec 2/3 de cabernet sauvignon et 1/3 de merlot), 26% le second et le reste est vendu. La Mission Haut Brion est élevé sous 80% de bois neuf, et La Chapelle sous 20%.
Les rendements moyens sont de 50 hl/ha. Le terroir est composé d’une première couche sablo graveleuse sur un sous-sol d’argile.

Les vins de la dégustation :

La Chapelle de la Mission Haut-Brion rouge 2005
Les grands millésimes sont réussis sur toutes les appellations. L’année 2005 est pour Jean-Philippe Delmas un excellent exemple.
Cette Chapelle possède une robe soutenue, profonde avec de légers reflets rouges en bordure. Son nez développe des arômes de mûre, de fumé et de noyau de cerise. La touche boisée  ressort après quelques minutes, apportant une complexité supplémentaire. La bouche est encore compacte, puissante en milieu, avec une masse tannique mûre et plutôt veloutée. Les épices, le fruit noir, la réglisse et la cerise au chocolat marque la finale d’une belle longueur. C’est manifestement une grande réussite pour un second vin, signe de l’excellent millésime.

La Chapelle de la Mission Haut-Brion rouge 2004
D’une couleur plus pourpre et légère, ce 2004 libère des notes de sarment fumé, une touche de poivron vert avec un très léger côté animal, des fruits macérés et une pointe chocolaté. A l’aération, il développe des arômes de fraises écrasées et de café (non moulu). La bouche est plus souple, légèrement dissociée initialement, mais gagnant à l’ouverture. Les tannins présentent une légère amertume. Ces défauts ressortent, surtout parce qu’il souffre de son passage après le très beau 2005, mais il ne faut pas le sous-estimer car il gagne en harmonie à l’aération. Ce vin peut s’apprécier dès à présent, après un léger carafage.

Château La Mission Haut-Brion rouge 2003
Les vendanges ont commencé le 18 août à La Mission Haut Brion, alors que les premiers raisins (blancs) ont été récoltés dès le 13 août. Malgré les très fortes chaleurs, la vigne n’a pas réellement manqué d’eau. Mais son cycle végétatif s’est brusquement bloqué entraînant la décision de vendanger. Le merlot a le plus souffert car il n’a pas finit sa maturité. En conséquence, l’assemblage final du grand vin comporte une majorité de cabernet sauvignon, ce qui est extrêmement rare pour ce château.
La robe, rubis et transparente, est étonnante. Le premier nez est encore fermé, sur le kirsch, le cèdre et l’encens. Il évolue ensuite vers la violette et le moka, en restant très subtil. Il a également un "côté exotique", comme l’ajoute Jean-Philippe Delmas. La bouche est dense, droite, légèrement terreuse par sa masse tannique. Les tannins sont en effet serrés et réglissés. La longueur est belle et libère une pointe d’alcool en finale, signant la maturité du millésime.

Château La Mission Haut-Brion rouge 2002
L’année 2002 a été compliquée. L printemps a été capricieux avec des pluies lors de la floraison. Il y a par conséquent eu de la coulure, et la mauvaise fécondation a entraîné des raisins avortés et à différents stades d’évolution. Les tris lors de la vendange ont été nécessaires et importants.
D’une robe assez soutenue et mate, ce Mission Haut Brion est épicé, avec une dominante de fruits rouges et une touche végétale. Le début et le milieu de bouche sont assez denses, mais la fin de bouche n’est pas d’une grande longueur. Il finit épicé avec des tannins en légère sous maturité.

Château La Mission Haut-Brion rouge 2001
Le millésime 2001 est à très large dominante de merlot (65%). Ce cépage était bien mûr, vendangé début septembre.
Le nez est très racé, sur le poivre et le chocolat amer. La bouche est encore bien droite, les tannins sont bien mûrs mais tendus. La longueur est remarquable. Le jeu entre le fruit, la puissance et la finesse est splendide. C’est un grand vin de plaisir !

Château La Mission Haut-Brion rouge 2000
Ce 2000 s’impose par sa complexité : aérien, fin, violette, truffe, bois précieux. Les tannins, tout en étant encore bien présents, sont très mûrs et veloutés. Le corps est magistral, fluide et d’une grande race. C’est assurément une immense réussite.

Château La Mission Haut-Brion rouge 1999
La robe est plus claire, sur des tons rubis brillants. Le nez évoque la noisette, le sarment (non fumé) et le havane. Le vin est pulpeux grâce à un beau jus. La souplesse lui confère un côté "agréable, prêt à boire". Les tannins apparaissent également en légère sous maturité et la finale est d’une longueur moyenne.

Château La Mission Haut-Brion rouge 1998
La robe de ce 1998 montre déjà son austérité, par sa densité. Le nez est effectivement très peu évolué, plutôt fermé. La note fumée des Graves est ici très présente, accompagnée de mûre, de prune et de violette. La matière est imposante, tannique et puissante. Le volume du vin est impressionnant. Il a la chaire mais pas l’harmonie du 2000. Il finit long et tendu.

Château La Mission Haut-Brion rouge 1996
Nous passons désormais sur un vin plus évolué que les précédentes, avec des arômes de développement secondaire, voire tertiaire. Le poivron rouge domine au premier nez, puis la complexité se précise : fumé (fin), cuir et léger grillé. Le vin est droit, avec une belle finale aux tannins à peine un peu secs.

Château La Mission Haut-Brion rouge 1995
Le 1995 présente des notes viandées, fumées, de pain grillé et d’épices noires. Il apparaît plus mûr que le 1996 avec plus d’harmonie à l’heure actuelle. Ce vin a désormais atteint une apogée, où il restera très certainement de nombreuses années.

Château Laville Haut-Brion blanc 2005
Le vignoble historique de ce château a appartenu au Chevalier Laville, qui lui a donné son nom. La particularité de Laville Haut Brion avec Haut Brion blanc est d’être les seuls vins blancs secs de Bordeaux à dominante de sémillon. Pour Haut Brion, les vignes sont plantées à 60% en sémillon et 40% en sauvignon blanc, alors que Laville Haut Brion est à grande majorité de sémillon (85%) complété de sauvignon blanc. Les plantations sont à 10.000 pieds/ha.
La production sur les 3 hectares n’est que de 6.000 bouteilles par millésime. La moitié est conservée au château.
Le pressurage se fait en raisins entiers. Puis les jus sont mis directement en barriques, pour moitié neuve, pour les fermentations alcooliques. A l’issue de celle-ci le vin est sulfité et la température est baissée. La fermentation malolactique n’est pas effectuée. Le bâtonnage est régulier et l’élevage se fait sur 12 mois.
Jean-Philippe Delmas précise qu’il trouve des similitudes entre le Laville Haut Brion et certaines expressions de chardonnay en Côte de Beaune, grâce notamment au gras du vin.
Ce 2005 libère d’intenses notes de cire, de pomelos et de fruits exotiques frais après avoir perdu sa légère réduction initiale. Il montre sa haute maturité mais garde de la fraîcheur sur une superbe pointe citronnée. La marque du bois est encore présente. La bouche est grasse, riche et présente une sensation tannique. L’acide malique est très intelligemment présent et apporte tension et fraîcheur à la finale. Très longue, elle est encore puissante et pleine de fougue. Ce vin aura besoin de quelques années de garde et vieillira admirablement bien sur plusieurs décennies.

Château Laville Haut-Brion blanc 2004
D’une robe plus étincelante et claire que le 2005, ce 2004 peut se résumer par sa pureté transcendante. Si Jean-Philippe Delmas parle souvent d’une ressemblance avec le chardonnay, je dirais que ce 2004 a le côté cristallin du riesling. Le nez développe des arômes de citron vert, de fruits à chaire blanche et de pêche de vigne. Il n’y a aucune trace de bois, et il évolue vers des notes salées et iodées rappelant l’Atlantique. La finesse est remarquable en bouche, d’une tension absolument remarquable et vibrante. Le vin se goûte déjà divinement bien, mais il saura très certainement évoluer lentement grâce à son support acide.

Compte-rendu: David Rayer

 
 
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