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Ecole de Dégustation de vins
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Domaine Leroy & Leroy S.A. (Côte d’Or) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail


  Maison Leroy & Leroy S.A. (Côte d'Or)

Présentée par Michel Bettane
 


Jeudi 5 juin 2008

Les vins de la dégustation de ce soir ont été choisis par Madame Lalou-Bize Leroy. Elle n’a jamais beaucoup aimé faire des présentations et consacre l’essentiel de son temps (en dehors des vignes et de la cve) à ses distributeurs.
Henri Leroy crée la maison de négoce Leroy. Il s’occupait également de la distillation de Grande Champagne, Cognac et Brandy dans les années 1930/1940. Il a ainsi pu s’enrichir ce qui lui a permis de prendre la moitié des parts du Domaine de la Romanée Conti.
Madame Leroy débute en faisant un stage au domaine des Comtes de Saint Quentin à Gevrey Chambertin. Elle y apprend la vinification et l’élevage des vins, mais surtout la dégustation. Elle est par ailleurs dotée de dons naturels magnifiques pour la dégustation, tout en faisant un travail important. Elle se passionne très tôt pour l’alpinisme, qu’elle partage avec son mari Marcel.
Elle prend la suite de son père au Domaine de la Romanée Conti. Toutefois des divergences de point de vue et de gestion commerciale apparaissent avec la famille de Villaine, détenant la moitié des parts, et sa sœur. Madame Leroy achète le domaine Noellat à Vosne Romanée. Les vignes s’ajoutent au domaine familial qui comprenait deux hectares à Auxey Duresses, en appellation Chambertin et Musigny. Avec cette acquisition comprenant des parcelles en Richebourg et Romanée Saint Vivant, elle se trouve en porte à faux avec le Domaine de la Romanée Conti. Elle donnera sa démission en tant qu’administrative.
Puis certaines vignes du domaine Louis Rémy à Morey Saint Denis sont acquises, dont les Chambolle Charmes, Latricières Chambertin et Clos de la Roche. S’ajoute ensuite de très belles parcelles de Corton Charlemagne, Corton Renardes, Mazis Chambertin et Bonnes Mares.
Le domaine fait le choix extrêmement judicieux de se lancer dans la viticulture biodynamique suite à une rencontre capitale avec François Bouchez (Saumur). Madame Leroy se lie d’amitié avec la femme de Monsieur Bouchez. Celle-ci est pharmacienne et fournit encore aujourd’hui le domaine de produits et préparations. La viticulture a des résultats spectaculaires sur la vigne. Les raisins ont le meilleur goût de toute la Bourgogne.
L’activité de négoce est ralentie, mais continue tout de même dans toutes les appellations de la région. L’achat de lots en bouteille est privilégié (les vins sont débouchés et rebouchés avec les propres bouchons), sauf pour le Bourgogne rouge et blanc.
Madame Leroy est aujourd’hui une gardienne des vieux millésimes de Bourgogne, même si les prix rendent les vins difficilement accessibles.

Les vins de la dégustation :

Bourgogne rouge 1999 (négoce)
Le fruité initial de ce Bourgogne générique rappelle une expression de gamay, et Michel Bettane n’exclue pas l’apport de ce cépage dans l’assemblage final. Le nez développe ensuite des notes sanguines et de rouilles, sur un support de fruits rouges et de kirsch. Le vin est rfais, gourmand et léger. La longueur est moyenne.

Pommard 1er cru 1999 (négoce)
D’une robe bien plus soutenue que le vin précédent, ce Pommard 1er cru libère d’intenses parfums grillés, de menthol et de vieille rose. Ce côté à l’ancienne avec du mercaptan grillé vient des lies. L’élevage est semblable à celui de Dominique Laurent avec une pointe de gaz, ce qui permettra au vin de vieillir longtemps. L’expression est puissante, terrienne avec une matière imposante et des tannins expressifs et réglissés.

Volnay 1er cru Santenots 1978 (négoce)
Nous goûtons volontairement les vins les plus anciens en premier, car ils n’ont pas la puissance des vins jeunes.
Le nez libère des notes de bonbon de cassis, de fourrure et de cannelle. Le côté solaire est bien marqué et révèle la chaleur de ce terroir orienté plein Sud. La bouche est initialement plus souple grâce à l’âge du vin, mais les tannins présentent une amertume légèrement gênante.

Volnay 1er cru Santenots du Milieu 1998 (domaine)
Les raisins ont toujours beaucoup de couleur grâce à la maturité. La réduction est légère et renforce la note empyreumatique. Les arômes de framboise et de cassis sont fins et nobles. La saveur et le velouté en bouche sont assez remarquables. Puis apparaît le côté solaire, avec une richesse importante notamment en matière. Le grain de tannin est beau et puissant.

Nuits Saint Georges 1er cru Aux Boudots 1978 (négoce)
La robe claire de ce vin est signe de légèreté. Le nez est agréable sur les fruits rouges et d’une grande finesse. Les épices rappellent que la parcelle de Boudots est au Nord du village, donc en limite de Vosne Romanée et de ces grands crus mythiques. La fraîcheur est tout à fait remarquable et ce vin reste jeune dans son expression.

Nuits Saint Georges 1er cru Aux Boudots 1998 (domaine)
La réduction est fine, moins marquée que sur le Volnay. Le nez est dominé par la cerise au chocolat, la mûre et la pivoine. La matière est de première qualité, avec un boisé encore assez présent. Les tannins sont ‘pointus’ et précis. L’acidité apporte une grande longueur au vin et lui donne un côté racé et aérien.

Clos de Vougeot grand cru 1978 (négoce)
Le premier nez évoque immanquablement des grandes expressions de Barolo, avec une nette complexité par rapport aux vins précédents. Il libère des notes animales (lièvre), de ronce, d’iris et de réglisse. Toujours d’une grande jeunesse, les tannins sont serrés et ajoute à la sensation terrienne si connue dans le Clos de Vougeot. La matière est encore imposante et donne une belle longueur.

Clos de Vougeot grand cru 1998 (domaine)
Ce grand cru est toujours très lent à vieillir, et nous le goûtons bien sûr trop tôt ce soir. Il reste timide au nez, dominé par les fruits noirs et la marque de son élevage en fût. Ce n’est qu’en bouche qu’il révèle sa véritable nature, avec une grande tension. Les tannins sont parfaitement mûrs et donne un superbe velouté à la bouche.


Bourgogne Blanc 1997 (négoce)
La robe est relativement dorée. Le nez est tout d’abord dominée par une pointe citronnée avant d’évoquer la noisette et le beurre blanc. La bouche est toutefois un peu lourde, grasse et sans grande fraîcheur. Ce vin est probablement à son meilleur niveau et ne gagnera pas à être conservé en cave.

Chassagne Montrachet 1er cru Morgeot 1997 (négoce)
Le vin est plus étincelant que le Bourgogne générique. La réduction apporte une note grillée assez marquée, se développant vers le café, légèrement torréfié, le beurre et le chocolat blanc. La matière et la longueur sont plus significatives. Le prix est toutefois dissuasif et ridiculement élevé pour cette qualité.

Corton Charlemagne grand cru 1997 (domaine)
Seul vin blanc produit au domaine Leroy, cette vigne de Corton Charlemagne produit très peu de bouteilles mais d’une qualité irréprochable. Son nez est envoûtant, d’une complexité rare et noble. Les arômes se comptent par dizaine, et c’est une expérience unique pour tous les dégustateurs présents. Finement réduit, minéral au sens véritable du terme, citronné, chèvrefeuille et grand floral jouent une parfaite symphonie de cet ensemble raffiné et très racé. La bouche a la capacité d’être à la fois expressive et aérienne. Ce grand vin a clairement sa place dans le panthéon des légendes et nous envoûtera de longues années.

Compte-rendu : David Rayer

 
 
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