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Master Class de Michel Bettane : Vins blancs d’Allemagne Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Master Class de Michel Bettane

Vins blancs d’Allemagne
Présentée par Michel Bettane

 


Grains Nobles le lundi 30 juin 2008

Michel Bettane était lecteur à Oxford pendant ses études. Il y a découvert une importante cave, notamment en vins allemands et a compris la finesse de ces grands blancs ainsi que des vins de Bourgogne. A son retour à Paris, il a trouvé des vins allemands aux caves Nicolas, qui proposait encore quelques 1959, 1961 et 1964. Les livres avec des connexions historiques montraient la grandeur des vins allemands pendant les siècles précédents. Mais tout s’est arrêté à la seconde guerre mondiale.
Après avoir débuté sa carrière de journaliste du vin, une occasion s’est représentée voilà 15 ans de goûter les vins de l’Union des grands crus de Bordeaux avec l’élite de la production allemand regroupée dans le VDP (Verband deutscher Prädikats- und Qualitäts- Weingüter).
Michel Bettane rappelle ensuite à quel point les vignobles allemands sont magnifiques, notamment les pentes vertigineuses de la région Mosel-Saar-Ruwer. Les conditions de travail sont difficiles et interdisent par conséquent toute forme de fainéantise.
Une très forte relation existe entre l’Allemagne et la Loire. Pour preuve, la présence du cépage ‘Orléanais’ avant le riesling dans le Rheingau. Aujourd’hui quelques vignerons le cultivent, dont le réputé domaine Georg Breuer à Rüdesheim. Un document attesterait de la présence du riesling dans le Bas-Rhin (France) bien avant l’Allemagne, où il ne serait apparu sur les bords du Rhin qu’à partir du 17ème siècle.
La popularité des vins allemands est surtout difficiles à cause des noms. Le gouvernement a voulu légiférer en 1971, mais la loi a été mal perçue. Pourtant elle n’est pas si mauvaise. Deux catégories sont intéressantes : QbA et QmP. Cette dernière s’applique à la qualité des raisins et se divisent en six sous-catégories :
- Kabinett : vin de réserve pour les meilleures occasions, littéralement cabinet en français,
- Spätlese : vendange retardée, les raisins étant généralement sains,
- Auslese : sélection de raisins
- Beerenauslese : sélection de grains, botrytisés,
- Trockenbeerenauslese : sélection de grains flétris,
- Eiswein : vin de glace, récolté à une température inférieure à -7°.
Les trois premières catégories correspondent à 95% des vins QmP produits. Il faut bien garder à l’esprit que ce n’est pas une question de qualité, mais de quantité de sucre initiale, les moûts ne devant pas être chaptalisé.

Michel Bettane nous explique ensuite le principe de lots. En effet, de très nombreux domaines font des petites quantités de foudres, et les mettent en bouteille séparément pour garder ces différences de vendanges, de terroirs et d’expressions. Il se peut donc que vous trouviez deux vins du même terroir avec le même niveau de QmP. Les étiquettes seront semblables à l’exception du numéro de lot, faisant parti du numéro AP.

En plus de ces mentions obligatoires, le vigneron peut ajouter des termes pour indiquer le côté sec ou demi-sec de ses vins : trocken, halbtrocken ou feinherb. Il y a une volonté récente du VDP pour hiérarchiser les meilleurs crus et y faire de grands vins secs. C’est la notion de Erstes Gewächs/Grosses Gewächs (EG/GG).

Les caves sont en général très fraîches, les vendanges assez tardives et le milieu fermentaire du riesling est très difficile car pauvre en azote. La chaptalisation n’est donc pas exclue pour terminer les sucres. Les EG/GG sont donc produits sous la mention QbA.

Le riesling est le cépage le plus noble, rendant à merveille les moindres nuances de terroir. La dégustation est par conséquent axée autour de ce cépage dans les plus belles régions de l’Allemagne. J’indiquerai pour chaque vin la région d’origine, ainsi que le degré alcoolique lorsque celui-ci est disponible.
Michel Bettane rappelle juste avant de débuter la dégustation la manière de lire une étiquette. Le premier élément correspond au village, souvent avec –er à la fin. Puis vient le nom du cru, le cépage, le nom du domaine et le millésime.
Sur notre premier vin par exemple, il s’agit du cru Pittermännchen situé dans le village de Dorsheim. Le vin est produit avec du riesling par le domaine du Schlossgut Diel sur le millésime 2002. La région est la Nahe et le vin titre 12,5% d’alcool.


Les Vins Secs

Dorsheimer Pittermännchen riesling Schlossgut Diel 2002
Nahe, 12,5%
Le producteur de ce vin est Armin Diel, également critique de vin et auteur avec Joel Payne du  guide Gault Millau sur les vins allemands.
Le vin a une robe claire, parée de léger reflets jaunes pâles. Le nez est floral, avec des accents de pêche mûre et de menthol. La bouche est faite de rondeur, avec un sucre résiduel bien apparent et ne libérant pas la finale. La matière est un peu en retrait et le vin apparaît léger. Il s’affine toutefois en bouche à l’aération, mais ne perd pas son caractère mûr.

Forster Jesuitengarten riesling Spätlese trocken JL Wolf 1999
Pfalz, 13,5%
La Pfalz (Palatinat) est une régions aujourd’hui victime du réchauffement climatique. Elle produit les vins les plus riches en sucre. La partie centrale est la meilleure région, la vigne se trouvant sur des sols à substrat marneux avec des coulées de basalte. Le domaine JL Wolf est dirigé par le célèbre Ernst Loosen (du Weingut Dr Loosen en Mosel).
Le nez présente une légère réduction, que certains interprètent à tort par du soufre. Il dévoile ensuite des notes terpéniques fines (pétrole) associées à un beau floral blanc, la fleur d’abricot et la poire. Le vin est marqué par une belle matière, mais le pressurage a été un peu fort et fait ressortir une amertume assez puissante en finale.

Deidesheimer Hohenmorgen riesling Spätlese trocken Dr Von Bassermann Jordan 2000
Pfalz, 12,5%
Le nez est superbe, libérant des arômes de pêche, melon, cire allant vers le miel d’acacia. Il n’a pas la transparence des meilleurs crus, et se distingue par sa richesse et sa matière. La finale est retendue grâce à une belle acidité citronnée. C’est une belle réussite pour ce délicat millésime.

Forster Kirchenstück riesling Spätlese trocken Dr Von Bassermann Jordan 1999
Pfalz, 13%
Voici une interprétation du même domaine, sur un beau millésime et surtout un cru très réputé : le Kirchenstück. Il fait parti des terroirs les plus chers d’Allemagne, avec le minuscule Doctor à Bernkastel. Le sol est principalement composé de basalte.
Le vin est plus noble et complexe que les précédents. Il libère d’intenses notes épicées, de gingembre, cannelle, d’abricot et de poire (presque fermentaire). La bouche est dotée de beaux amers, avec une longueur, une tension et une harmonie superbe.

Rüdesheimer Berg Schlossberg Breuer 1999
Rheingau, 12,5%
Le Berg Schlossberg est un vignoble très pentu, ayant une exposition parfaite au Sud. Il se trouve dans la partie basse, proche du Rhin. C’est le seul vignoble de Rheingau avec un schiste, très pur. A noter que le domaine, comme le château Mouton Rothschild, dispose un tableau d’artiste chaque année sur son étiquette.
Le nez a un caractère très racé, de fleur de vigne, d’anis et d’acacia. Il a une complexité splendide et la pureté est transcendante. L’extrait sec est absolument remarquable, mais le vin reste toujours d’une grande finesse. Sa tension et sa longueur sont exceptionnelles. C’est une des plus belles expressions de riesling au monde.

Winkeler Jesuitengarten Prinz Von Hessen 2001
Rheingau, ?%
La vigne se situe à côté du Schloss Vollrads. Les sols sont composés de loess, d’alluvions sableux et sont plus légers. C’est le dernier millésime d’August Kesseler au domaine Prinz Von Hessen.
Les agrumes et le floral blanc dominent. Les amers sont plus présents en bouche, et le vin termine très sec et légèrement maigre. Il soufre bien sûr de son passage après le Breuer.


Les Vins de type ‘fruité’

Pour ce type de vins (nous goutterons principalement la catégorie Spätlese), les fermentations sont arrêtées avec un degré alcoolique acquis faible, souvent autour de 7,5°. Le vin conserve alors un fruité incomparable. Les sols sont composés de schiste très ancien du Devonien. Les différentes caractéristiques de chaque cru et village sont liées à la friabilité de ces schistes.

Brauneberger Juffer Sonnenuhr riesling Spätlese Fritz Haag 1999
Mosel, 7,5%
Les fermentations sont faites en cuve inox. Le gaz carbonique est souvent présent.
Le nez repose sur la pêche et l’abricot, avec un style très marqué par le fruit pur. L’acidité est présente dès l’entrée de bouche, donnant un équilibre idéal avec les quelques sucres résiduels. Le vin est marqué par un fort acide malique. Il reste tout de même assez filiforme et fin, sans doute trop pour la catégorie.

Ürziger Würzgarten riesling Spätlese Dr Loosen 1999
Mosel, 8%
Les vignes sont ici franches de pied. Les élevages se font en grands foudres de bois.
La qualité de fruit est plus marquée que pour le Fritz Haag, avec une dominante de pêche. Le côté épicé du cru n’apparaît qu’en toute fin de bouche, d’une belle allonge. Le style est toutefois plus crémeux et plus dense.

Berncasteler Lay riesling Spätlese Wwe Dr H Thanisch 1998
Mosel, 8%
La parcelle du Lay se situe à la sortie de Berncastel, en direction de Graach. C’est un cru très solaire, touchant le mythique Doctor.
Les épices sont subtiles, et le minéral des schistes (fumé) est clairement marqué. Ce riesling est cristallin et délicat. Sa pureté de l’eau de roche sublime la fin de bouche, d’une grande délicatesse. La tension est idéale, avec une légère amertume, et un fruité sur l’orange amer et le quinoa.

Dorsheimer Goldloch riesling Spätlese Schlossgut Diel 2002
Nahe, 7,5%
Les sols du Goldloch sont de type métaphorique.
Le sirop d’orgeat domine le premier nez. Apparaissent ensuite le côté exotique, la mangue et la bergamote. La bouche est plus large, riche et dense. Le sucre en finale est encore assez présent. C’est un signe de la région, la Nahe, et il faudra quelques années de plus pour que la minéralité ressorte.

Hallgartener Jungfer riesling Spätlese Prinz 2001
Rheingau, 8,5%
C’est l’un des vignobles les plus élevés du Rheingau. Il est pentu et riche en marne. Fred Prinz était le chef de cave du Kloster Eberbach. Il a commencé avec 1 hectare.
Le vin est précis avec des arômes de peau d’abricot et de fruit de la passion. Il est fin et élégant. La pêche se développe notamment en bouche. L’équilibre est superbe, avec une fraîcheur grâce à une belle tension en finale.

Scharzhofberger riesling Kabinett Egon Müller 1990
Saar, 10%
La Saar est plus froide que la région Mosel. La famille d’Egon Müller a toujours recherché à faire de la pourriture noble. Les vins de type Kabinett sont construits avec plus d’alcool acquis, à l’image de nombreux vins du Rheingau.
La bouteille a malheureusement un léger défaut de netteté, car elle exprime des notes végétales et de pastille vichy. L’acidité saline est toutefois bien remarquable et la longueur est superbe.
Voici donc ma précédente note de dégustation : "La robe est d’un or fin, encore jeune. Cette bouteille est une introduction parfaite aux vins du Scharzhofberg. Le nez est très typique, et donne le potentiel de ce terroir. La complexité des schistes apportant une minéralité fine, avec une pointe de pétrole, le jeu avec les fruits, la pêche, l’abricot frais, la mirabelle et une touche floral (fleurs jaunes) est caractéristique. Le menthol et l’acidité du citron apporte de la fraîcheur et équilibre ce vin désormais à maturité. La note de salinité des vins de Saar est ici présente".

Les vins Auslese

Ockfener Bockstein riesling Auslese Sankt Urbans-Hof 2004
Saar, 8%
Une légère réduction apparaît, mais elle est bien gérée. Puis arrivent les notes d’agrumes et de pêche mûre. La touche de salinité se retrouve ici, signant à nouveau la région de la Saar. Malgré la concentration plus poussée des raisins, le vin présente une grande finesse, une pureté d’arômes et un côté aérien. Le millésime apporte en plus une superbe fraîcheur.

Kiedricher Gräfenberg riesling Auslese Robert Weil 2002
Rheingau, 7,5%
Kiedrich se trouve légèrement sur les hauteurs. C’est une très ancienne propriété francophile, d’une grande réputation au début du 20ème siècle. Elle a été rachetée par le groupe japonais Suntory. Le terroir de Gräfenberg a le pouvoir de développer rapidement le botrytis.
Le nez montre effectivement une maturité bien plus accomplie et une touche importante de botrytis. L’acidité volatile est légère, et le nez se montre sous des accents rôtis, de coing, d’orange et d’ananas. La perfection du fruit exotique en bouche est marquante, avec une liqueur assez puissante. La longueur est splendide.

Scharzhofberger riesling Auslese GK Reichsgraf Von Kesselstatt 2001
Fuder 10, Saar, 8%
Avec 8 hectares sur le Scharzhofberg à Wiltingen, le domaine Von Kesselstatt est le plus important propriétaire de ce célèbre cru.
La capsule dorée, ainsi que le numéro de foudre, indique un lot spécial. En effet, les raisins avaient été récoltés avec du botrytis et avaient commencer à légèrement dessécher. Ceci se traduit par une note caramélisée et de crème brûlée, accompagnée de senteur de rose et d’un côté pâtissier. La liqueur est plus fine que pour le vin précédent et le vin plus élégant.

Wiltinger Gottesfuss riesling Auslese Van Volxem 2001
Saar, 11,5%
Roman Niewodniczanski a repris ce grand domaine de Saar en 2000. Il se passionne pour les vins secs et élabore à ce titre des vins avec plus d’alcool acquis. Pour cela, il adopte une viticulture rigoureuse et baisse les rendements.
Le vin est épicé, et libère des arômes de quinoa. Il s’avère puissant, tendu et doté d’une acidité pointue.

Berncasteler Doctor riesling Auslese Wwe Dr H Thanisch 2001
Mosel, 8%
On retrouve dans cette bouteille toute la finesse des schistes sombres de Bernkastel (le nom du village s’écrit avec un k). Le nez a plus de race, grâce au terroir, mais également à l’effet du botrytis. Comme toujours avec l’âge, l’arôme de laurier signe ce vin magique, pur comme de l’eau de roche et cristallin jusqu’à la finale aux parfums d’agrumes.

Wehlener Sonnenuhr riesling Auslese Dr Loosen 2001
Mosel, 7,5%
Le terroir du Wehlener Sonnenuhr est à juste titre le plus réputé de Mosel. Si nous le comparions à la Bourgogne, ce serait sans doute le Musigny qui lui serait le plus proche, par sa finesse, son élégance de bouquet et sa féminité. Les parfums de ce vin sont effectivement splendides, allant de la pêche à la fleur de vigne, en passant par l’abricot. Son apparence caressante et aérienne est magique. La finale donne l’impression de ne plus avoir de liquide en bouche mais elle est d’une énorme complexité.

Erdener Prälat riesling Auslese GK Dr Loosen 1999
Mosel, 8%
Le terroir du Prälat, dont toutes les étiquettes (de chaque producteur) portent un moine assis entrain de boire un verre, est très accidenté et solaire. Il se trouve en bas de pente, proche de la rivière. Le vin est marqué par une légère réduction et il est produit avec des raisins plutôt passerillés. Les notes exotiques, de maracuja et de caramel dominent. Cette richesse se retrouve en bouche, d’une texture crémeuse et opulente. Il manque la magie du vin précédent et cette bouteille devra encore être attendue quelques années pour gagner en équilibre.

Westhofener Morstein Scheurebe Beerenauslese Keller 2007
Rheinhessen, 6,5%
Klaus Peter Keller, jeune vigneron de Rheinhessen, nous a transmis ces deux demi-bouteilles pour notre dégustation. Le Scheurebe est un cépage allemand, de l’école de Geisenheim. Il a été créé en 1916 par le professeur Scheu d’un croisement de riesling et d’un ancien cépage.
Le vin se distingue des vins précédents par son aromatique très puissante et primaire, due au cépage mais également au millésime. Il est très fruité, avec des notes de cassis et de fruits exotiques. La liqueur est fine et le vin garde une belle fraîcheur.

Oberrotweiler Eichber Rülander Eiswein Salwey 2001
Baden, ?%
Le cépage est le pinot gris. Il est planté sur des sols volcaniques de cette partie du Kaiserstuhl. Ce vin de glace développe un nez de coing confit et de caramel fin. L’acidité est maintenue et donne un vin plutôt agréable à boire.

Compte-rendu : David Rayer

 
 
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