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Ecole de Dégustation de vins
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Mas de Daumas-Gassac (Languedoc) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail


  Mas de Daumas-Gassac
Languedoc

Présenté par Roman Guibert
 


Grains Nobles le lundi 13 octobre 2008


Les origines :

L'histoire de ce domaine emblématique du Languedoc est bien connue. Mais peut-être ne réalise-t-on pas que, dans la succession des événements qui ont présidé à sa création, rien n'avait été prémédité.  Certes, Aimé Guibert était amateur de Bordeaux, de grands Bordeaux, et exprimait son âme d'agriculteur en soignant son potager, mais il était dans le cuir à Millau et y réussissait très bien. Le Mas abandonné, avec son vieux moulin, pratiquement sans vignes, en 1970, il l'achetait avec son épouse pour son agrément. Il avait convié son ami géographe Henry Enjalbert, Aveyronnais comme lui, à venir le voir, pour avoir un conseil sur l'utilisation du sol. Celui-ci eût vite fait de remarquer les grèzes glaciaires, et le microclimat en piémont sous le plateau du Larzac. Une situation qui rappelait par certains côtés les terroirs bourguignons, et par d'autres certains terroirs italiens: la bonne utilisation du terrain, c'était y planter la vigne. La situation plus au sud de Daumas Gassac appelait cependant à utiliser d'autres cépages … et Aimé Guibert aimait les Bordeaux ! La première vigne, avec encépagement bordelais, fut plantée en 1973. Aimé Guibert lit les oeuvres d'Emile Peynaud, essaie de contacter ce dernier, sans réponse. C'est par le plus pur des hasards qu'un ami de la famille se retrouve à côté d'Emile Peynaud … chez le coiffeur ! et le décide à superviser la vinification d'un domaine où tout était à faire.

La relation avec Emile Peynaud devait être très marquante: comprendre et respecter le terroir. Aujourd'hui encore ses principes inspirent directement les choix du Domaine. La première récolte en 1978 fut de 17000 bouteilles, dont 2000 gardées comme témoins pour des dégustations futures. L'année 1982 marque la reconnaissance du Domaine par les médias. En 1986 devait apparaître la première cuvée de blanc; en 2001 est introduite la cuvée Emile Peynaud, qui ne sera pas faite tous les ans, pour lui garder son caractère d'exception.

A l'époque, la situation du Languedoc n'est pas très brillante. Touché très tôt par le phylloxéra, le vignoble avait été replanté de variétés prolifiques, en plaine. Avec un succès bien éphémère profitant de la quasi-absence des autres vignobles touchés à leur tour: la replantation de ceux-ci, Bordeaux en particulier, avait vite plongé le Languedoc dans un marasme dont il ne s'est, dans les années 1970, toujours pas sorti. Les débouchés sont essentiellement tournés vers les colonies, il n'y a quasiment pas de vins de caves particulières dans les restaurants, un nombre infime (un seul ?) de domaines sortent du lot. Un étranger qui arrive et plante des vignes en parcelles éparpillées dans la garrigue: taré ? simplement "innocent" ? certainement original ! La réussite du Domaine, bien soutenu par une clientèle privée de plus de 80 % les premières années, a notoirement contribué à encourager la mutation du Languedoc vers le travail de qualité. Mais malgré ce succès, ce domaine emblématique, plus de 30 ans après sa création, n'a dans son genre guère eu d'émule: effet "terroir" dû à l'alliance de la géologie et des vents frais descendant la nuit du Larzac ? encépagement de variétés anciennes (ces petites baies qui mûrissent si lentement …) maintenant introuvables ?


Le Mas de Daumas Gassac aujourd'hui.

Aimé et Véronique Guibert ont eu cinq enfants. Trois travaillent et dirigent le domaine depuis les années 2000 : Samuel, Gaël et Roman Guibert.

Le Mas de Daumas Gassac a eu la chance de pouvoir planter sur des terres vierges de tout engrais chimique, un acquis précieux qui a été préservé. Les vignes forment des îlots de l'ordre d'un hectare entourés de garrigues, soit 50 ha dans un environnement naturel qui en fait le double. Une situation qui assure la défense contre les invasions et limite fortement les traitements. Les travaux à la vigne sont adaptés à chaque parcelle, avec une attention spéciale pour préserver la longévité des ceps. Les labours sont superficiels, manuels, à la pioche, pour éviter de casser le système radiculaire profond. Les vendanges sont entièrement manuelles.

Le Domaine a toujours recherché la diversité dans la commercialisation, par prudence. La clientèle privée représente 40 % des ventes; les professionnels français 30 %; le reste est réservé à l'export.


Les vins dégustés :

Moulin de Gassac blanc

Eraus

100% Sauvignon. Vigne très ancienne, en coteau, sauvées de la campagne européenne d'arrachage, sur un terroir proche de l'Hérault. Production: 20 000 bouteilles.

Jaune paille, très limpide. Nez frais, ample qui révèle une bonne maturité. Rhubarbe, angélique. Pamplemousse aussi après aération. Attaque ronde, belle acidité en milieu de bouche. Un vin que relève cette alliance entre fraîcheur et gras.


Daumas Gassac blanc

Vignes sur roches lutétiennes blanches. Des cépages issus des quatre coins de la France, Viognier, Petit Manseng, Chenin et Chardonnay, essentiellement, agrémentés de bien d'autres du monde entier, assurent la complexité de la palette aromatique. Macération pelliculaire à 10° pendant quelques jours, fermentation lente, puis élevage en cuves inox (plus de barrique depuis 1998); filtrations. Production: de 45000 à 60000 bouteilles.


Daumas Gassac blanc 2007

Jaune clair. Nez bien ouvert, très aromatique, abricot, poire: le Viognier ? peut-être aussi le Muscat ! Gras et dense à l'attaque, légère surmaturité trahie par de belles notes médicinales. Beaucoup de caractère. Long.


Daumas Gassac blanc 2001

Robe d'un beau jaune bien soutenu. Nez gras, rond, avec des arômes de confit et de pain d'épice. La bouche confirme bien le nez: attaque ample, moelleuse, avec une pointe d'acidité qui assure une grande présence. Les notes épicées reviennent. Un vin d'une grande finesse, charmeur, fondu, très long. Belle amertume en finale, notes de cire (le Chenin ?).



Moulin de Gassac rouge
Le Mazet du Levant 2007

Cabernet Sauvignon, Grenache, Merlot. Vinification bordelaise pour le Cabernet Sauvignon et le Merlot, macération carbonique pour le Grenache. Un vin de plaisir immédiat, qui se garde quelques années. Premier millésime du Domaine. 10 000 bouteilles.

Rubis assez clair. Nez profond, fruits rouges, fumé. Bouche: aimable, belle concentration, intéressante fraîcheur.


Sol de Landoc 2007

Syrah, Grenache; recherche de la surmaturité, sans être dominé par l'alcool.

Robe rouge sombre. Nez fumé, épices, thym, confit. Rond à l'attaque, très bel équilibre acidité-tannins-matière. Un beau vin, expressif, gourmand.



Daumas Gassac rouge

Sur ces grèzes glaciaires ocres si caractéristiques, les plants de Cabernet Sauvignon non clonés d'avant-guerre (de 1914 !) retrouvés chez un pépiniériste, avec leurs petits raisins à peaux épaisses, assurent des rendements bas, 35 à 40 hl/ha. Ils sont la nature même du "Daumas Gassac", accompagnés pour un quart d'une brochette de cépages classiques du bordelais et du sud-ouest, et plus symboliquement –en complantation- du monde entier. Les Rouges sont vinifiés à la médocaine: cuvaison de trois semaines, élevage de 12 à 15 mois en barriques de 1 à 7 ans, voire en cuve, avec un boisé qui respecte le vin; collage léger sans filtration. Typiquement de 120 000 à 140 000 bouteilles (2 000 pour la cuvée Emile Peynaud).


Daumas Gassac rouge 2007

Rubis sombre. Nez ample, plein, discret boisé. En bouche, la trame acide guide la dégustation. Un vin droit, d'une grande finesse, bien présent. Bonne amertume finale agrémentée de quelques notes rappelant le poivron, mais aussi les épices. De très beaux tannins. Un vin élégant et racé.


Daumas Gassac rouge 2006

Robe dense. Le nez laisse présager une grosse maturité: fruits noirs, épices, garrigue. Splendide équilibre en bouche, ample, belle matière agrémentée par ce qu'il faut de fraîcheur. Senteurs méditerranéennes.


Daumas Gassac rouge 2005

Nez de pain grillé, profond, avec beaucoup de caractère. Un vin sauvage, qui a encore une certaine austérité. Grosse matière que respectent des tannins bien présents, ponctuée par ce qu'il faut de fraîcheur. Un vin aux facettes multiples.


Daumas Gassac rouge 2004

Nez ample, fondu. En bouche, prune; très beaux fruits en finale. Bon compromis matière-acidité. Beaucoup de charme. Un équilibre dans la finesse.


Daumas Gassac rouge 2003

Nez ample, complexe. Confit, cire, cannelle, un peu cuit, la marque du millésime. En bouche, imposante matière embellie par un soupçon de fraîcheur. Des tannins gourmands bien présents. Très belle évolution du millésime: aucun signe de faiblesse.


Daumas Gassac rouge 1998

Robe encore peu évoluée. Nez de petits fruits rouges, sous-bois; notes empyreumatiques. Une typicité presque bordelaise. Importante trame tannique, assez étonnante. Un vin harmonieux, très présent tant en début qu'en milieu ou en fin de bouche. Beaux arômes de garrigue avec une finale soutenue par la richesse du vin.


Daumas Gassac rouge 1997

Nez giboyeux, arômes fumés; un fin boisé en agrémente la profondeur. Bouche somptueuse, avec des tanins fondus. Très long: une symphonie d'arômes, magnifiquement soutenus par un soupçon d'acidité volatile. Un vin prêt.


Daumas Gassac rouge 1996

Premier millésime de la dégustation avec une robe évoluée. Nez gourmand avec beaucoup de fruit. En bouche, pruneau, mais aussi toute la gamme des senteurs de la garrigue, embellie par une fraîcheur à remarquer. Long et puissant.


Daumas Gassac rouge 1988

Un vin qui à l'oeil ne fait pas son âge. Nez intense; cerise au kirsch, petits fruits rouges, mais aussi épices et cuir. Attaque soyeuse, ample. La garigue est toujours là ! Très belle tenue, long. Un équilibre somptueux.


Compte-rendu: Richard Schaeffer

 

 
 
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