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Master Class de Michel Bettane – Le millésime 1989 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

 Master Class de Michel Bettane
le millésime 1989




Grains Nobles le lundi 20 octobre 2008


Introduction

1989 se place dans les "trois glorieuses" (1988 à 1990), succession de grands millésimes. Ces années restent les meilleures en rapport qualité/volume de tout le 20ème siècle. Chacune dispose de sa propre personnalité. En 1989, la floraison s’est déroulée sans problème. L’été a été extrêmement chaud et sec, ce qui a entraîné un stress hydrique dans certains cas, notamment sur les sols sablonneux et filtrants. Les vendanges ont souvent présenté des taux de sucre important, mais la maturité n’était pas toujours complète. En tout cas le choix de la date de vendange était très important. Les raisins cueillis tôt à Saint Emilion et Pomerol ont permis d’élaborer de très beaux vins, alors que ce n’était pas la même situation rive gauche. La Bourgogne avait des sols encore trop chargés en potasse à ce moment. Les pH étaient souvent excessivement élevés. Les vins sont par conséquent assez instables. Il y a eu des montées d’acidité volatile et de nombreux domaines ont  réacidifié les vins après vinification. Le Rhône a réussi dans la partie Nord, alors que Châteauneuf-du-Pape par exemple a souffert de la sécheresse. Le Languedoc-Roussillon était en plein renouveau de la viticulture. Certains vins, comme les Banyuls du Dr Parcé, sont de grandes réussites. La Loire a bénéficié, de part sa situation septentrionale, d’une année idéale. Quelques blocages de maturité sont toutefois apparus. Les vins rouges de 1990 apparaissent plus réussis que les 1989. Les blancs ont vu plus de passerillage que de pourriture noble. Le millésime a été abondant et généreux. La Champagne a ainsi pu constituer de bon stock. 1989 a parfois été commercialisé après 1988 et c’était très probablement une erreur. Les 1989 et 1990 se sont toujours bien présentés.
La fin des années 1980 est une période durant laquelle la viticulture a retrouvé le chemin vers un travail plus propre. Les évolutions œnologiques ont également été importantes, notamment avec un meilleur contrôle des fermentations et des élevages. Le problème majeur reste dans la qualité des bouchons de liège, avec de nombreuses déviations dues aux molécules de chlore. Pour les vins rouges, les raisins ont produit des jus colorés et riches en tannins. Le risque d’acidité faible et d’arômes brûlés était présent.


Les vins de la dégustation

Champagne Bollinger Brut Grande Année 1989
Ce vin a subi un très long vieillissement après dégorgement, puisque la mise en bouteille est estimée à 1994 ou 1995. Michel Bettane rappelle que la Maison Bollinger, située à Aÿ, est de taille moyenne, puisqu’elle dispose d’un vignoble propre de 165 à 170 hectares. Ceci correspond à 2/3 de ses approvisionnements. Le style est très marqué par les grands pinots noirs de la vallée de la Marne. Pour cette cuvée millésimée, seuls les pinots noirs en propriété sont utilisés.
La robe a des reflets or légèrement cuivrés. Le nez est splendide, sur une base d’abricot sec, de cuir, de cire et de fruits confits. Les notes d’autolyse des levures, avec des accents de boulangerie, sont saisissantes. L’impression de vin tendre en bouche est trompeuse, car suite au velouté du dosage apparaît une très belle acidité qui relève la finale et lui donne une grande longueur. C’est le grand style de pinot fin et aérien d’Aÿ.

Savennières Cuvée Spéciale Château d'Epiré 1989
Cette cuvée spéciale est issue d’une parcelle jouxtant la Coulée de Serrant. Elle jouit d’une exposition parfaite. Les schistes sont foncés et correspondent à la fin du substrat armoricain. Le vin a été vinifié à l’ancienne, c'est-à-dire sans fermentation malolactique et sans barrique neuve.
Le premier nez est fortement marqué par le soufre, et il faudra patienter quelques minutes pour percevoir le coing, le fumé (vrai minéral schisteux) et une touche de miel d’acacia. En bouche, on trouve une véritable vibration du chenin avec une belle tension et des amers parfaitement aboutis. La longueur est remarquable et la finale dévoile des arômes de silex.

Bourgogne Côte Chalonnaise Domaine de l'Evéché 1989
Les vignes sont proches de Givry. Le paysage de la vallée du Vaux est époustouflant de beauté. Ce vin a été élevé en cuve.
Malheureusement la bouteille est bouchonnée. La fraîcheur et la jeunesse du vin se remarquent toutefois en bouche.

Chablis Grand Cru Blanchots Domaine Raveneau 1989
Le vin dispose toujours d’une couleur très claire, d’eau de roche que l’on retrouve au nez d’une classe transcendante. L’huître ressurgit littéralement du verre avec un extrait kimméridgien parfait. La finesse et la noblesse aromatique sont géniales, avec à l’aération des notes de truffe, miel et poire. La tension est énorme, dévoilant un côté salin en finale et une longueur sublime. Le vin paraît encore très jeune en bouche et est doté d’une fraîcheur inouïe. C’est l’archétype d’un très grand Chablis.

Meursault Limozin Domaine Henri Germain 1989
Le domaine Henri Germain dispose d’une superbe parcelle de Meursault village Limozin puisqu’elle touche le renommé 1er cru Les Genevrières.
La robe est dorée. Le nez s’ouvre sur une palette aromatique très pure et cristalline de beurre frais, citron, menthol et noisette grillée. La tenue du vin est remarquable. Il dispose d’une belle acidité, d’une matière vivante et fraîche. Son seul point faible est lié à son ordre de passage derrière un immense grand cru de Raveneau. Mais cela ne nous empêche pas de l’apprécier à sa juste valeur, bien supérieure à de très nombreux crus du village.

Pessac-Léognan Grand Cru Classé Château Carbonnieux 1989
Le Château Carbonnieux est marqué par la disparition récente d’Anthony Perrin. C’était un "homme droit et honnête", comme le rappelle Michel Bettane. La particularité du Château est de disposer de vignes (une vingtaine d’hectares) sur une partie calcaire, ce qui explique sa vocation à produire des blancs.
Le vin accuse une certaine évolution, déjà visible à sa couleur or-orangée. Le nez montre des notes riches et puissantes de miel, d’ananas, de vieux bois et de cire d’abeille. La bouche est dissociée et manque de netteté. Le bouchon montrait un traitement au peroxyde (traces blanchâtres).

Hermitage Chante Alouette Chapoutier 1989
Ce vin est également bloqué par la dose de soufre trop élevée lors de la mise en bouteille, en avril 1991 (mentionnée sur le bas de l’étiquette). Il montre toutefois des arômes de menthe, de cire, d’agrumes, de citron vert et de fleur d’abricot. L’entrée en bouche est plutôt grasse, mais dès le milieu de bouche le vin s’affine et termine sur une touche plutôt légère. C’est un vin rhodanien par définition, large et généreux.

Beaune Grèves 1er cru Domaine Michel Lafarge 1989
La vigne du domaine Lafarge se situe sur la partie haute des Grèves, appelée "Sur les Grèves". C’est le seul des trois vins rouges de Bourgogne a ne pas avoir été réacidifié. Sa robe est légèrement évoluée, avec un disque tirant vers l’orange. Le nez est plutôt rustique, fumé, réglissé avec des notes de tabac et une quasi absence de fruit (à peine une pointe de kirsch). Il se présente plus velouté en bouche avec des fruits rouges, mais la finale reste austère.

Volnay Champans 1er cru Domaine Comtes Lafon 1989
Le domaine des Comtes Lafon a la chance de détenir la partie la plus noble des Champans. Le vin présente une couleur rubis avec des reflets violacés. La violette se retrouve au nez avec un boisé encore présent et noble. La matière est assez impressionnante et le fruit est fin. Une très légère astringence marque la finale.

Gevrey-Chambertin 1er cru Les Combottes Domaine Leroy 1989
Les vignes des Combottes ont été récupérées du domaine Rémy à Morey Saint Denis. Elles sont à la limite du Clos de la Roche, donc parfaitement situées.
Ce vin, issu de vendange entière, montre un fruit éclatant aux accents de framboise et une note de rose superbe. La touche boisée est encore présente mais s’est bien intégrée. Le toucher de bouche est très délicat et remplit de finesse.

Bordeaux Supérieur Château Grand-Village 1989
Ce Bordeaux Supérieur dispose de vignes en limite de l’appellation Fronsac. Il appartient au propriétaire du célèbre Château Lafleur (Pomerol).
Le vin est encore très jeune, légèrement truffé, fin et élégant. Le merlot livre sa maturité par sa touche chocolatée, qui se retrouve en bouche avec des tannins mûrs et sans excès. C’est une très belle bouteille de Bordeaux offrant un rapport qualité/prix remarquable.

St-Emilion Grand Cru Classé Château Larcis Ducasse 1989
Le vignoble de Larcis Ducasse se situe dans le prolongement de Pavie, sur une côte exposée plein Sud. A l’époque les raisins provenaient majoritairement de la partie basse de ce coteau, alors que depuis le Château dispose de parcelles plus intéressantes en milieu de pente. Le vin a séjourné pour 1/3 en barrique et 2/3 en cuve.
Le nez est plutôt terreux et manque de netteté. Le volume en bouche est important, mais la note terreuse ressort et les tannins sèchent.

St-Emilion Grand Cru Classé Château Villemaurine 1989
Le terroir de Villemaurine est semblable à Trottevieille. Il se trouve sur le plateau avec des sols peu profonds.
Le vin dévoile des arômes de fruits rouges et une belle maturité. L’élevage est nettement plus noble, avec moins de ‘brett’ (bretanomyce) et plus de précision aromatique. La bouche est plus linéaire et moins puissante. La finale montre toutefois une belle longueur et une finesse appréciable.

St-Emilion Grand Cru Classé Château Troplong-Mondot 1989
Trolong-Mondot est le vignoble le plus haut de l’appellation Saint Emilion, riche en argile.
Le nez libère des notes de prune, cassis, réglisse avec une pointe fumée. Le vin est puissant et la matière imposante, sans toutefois être déséquilibré. Il est encore jeune et a du potentiel.

Pomerol Château La Violette 1989
Les 5 hectares du Château sont situés entre Trotanoy et Le Pin.
L’originalité du terroir a donné le nom, et ce 1989 libère effectivement un intense arôme de violette accompagné d’épices douces et de framboise. Ces beaux parfums se combinent harmonieusement et le vin montre une belle sensualité, avec souplesse et raffinement.

Margaux 2ème Cru Classé Château Rauzan-Ségla 1989
D’importants travaux de drainage ont été effectués dans l’appellation Margaux au milieu des années 1990 grâce notamment au Château Rauzun-Ségla.
Ce vin de rive gauche se distingue par son expression du cabernet sauvignon, désormais plus boîte à cigare, cuir, mûre et épices. Le fruit très mûr marque la bouche, avec un stress hydrique reconnaissable à l’assèchement des tannins.

Saint-Julien 2ème Cru Classé Château Gruaud Larose 1989
Gruaud Larose produit des vins avec une très grande capacité de vieillissement. Ce 1989 est marqué par les notes de brett donnant un côté légèrement animal, auquel s’ajoutent une touche de volatile, de menthol et de tabac. Le tannin est encore serré et donne une vision stricte de ce vin à la puissance encore fougueuse.

Hermitage Domaine Marc Sorrel 1989
Cet Hermitage est issu de la parcelle du Gréal. Malheureusement la bouteille est bouchonnée et ne laisse pas percevoir le vin.

Bandol Château Pradeaux 1989
Etablies sur la commune de St Cyr sur Mer, les vignes du Château Pradeaux sont plantées sur un coteau calcaire avec un sous-sol de manganèse. La sélection de mourvèdre est à petits grains.
Le nez est sublime avec des accents de vieux foudres, d’herbe aromatique, de laurier, lavande, violette et myrtille. La matière est colossale et la puissance des tannins est frappante. C’est un vin bâti pour la garde et Michel Bettane le voit comme le successeur du 1970. C’est une bouteille splendide qui montre un très grand Pradeaux. Avec le Château Rayas, il s’inscrit dans l’archétype du grand vin du Sud.

Château Chalon Domaine Berthet-Blondet 1989
Ce jeune vigneron (à l’époque) a eu le courage de reprendre de vieilles vignes difficiles à travailler. Le secret du Château Chalon réside dans son long élevage sous voile.
Le nez est puissant et exhale des notes de morilles, curry, de poivre blanc et une pointe fumée. La bouche est par contre d’une très grande délicatesse avec des épices plus douces et une grande finale.

Alsace Riesling Clos Sainte Hune Vendanges Tardives Hors Choix Trimbach 1989
Le Clos Sainte Hune fait parti du grand cru Rosacker sur la commune de Hunawihr. Sur la partie gauche en haut de l’étiquette figure en rouge la mention : ‘Hors Choix’. Le millésime 1989 n’a pas vu de production de Clos Sainte Hune sec. Il y a par contre eu deux Vendanges Tardives, une régulière et celle-ci issue de la meilleure sélection que nous avons le plaisir et la chance de goûter ce soir.
La robe montre des signes d’évolution vers une teinte cuivrée. Le nez est absolument magnifique, avec une expression de poire, d’ananas confit, de céleri et surtout de quina (rapprochant son expression à celle des très grands rieslings du Rheingau). Le vin a la pureté de l’eau de roche (provenant du magnésium), avec un botrytis très noble et apportant encore une sensation de sucre résiduel. Ce vin très rare est au tout début de son immense potentiel. Un grand merci à Michel Bettane pour ce véritable cadeau!

Coteaux du layon St-Lambert du Lattay sélection rive gauche Domaine des Maurières 1989
Cette sélection provient de vieilles vignes sur une petite partie du vignoble. La présence de soufre masque le premier nez. Le vin est puissant, sur des notes de coing et de citron, avec une belle tension et un soupçon de raideur. Il apparaît plus passerillé que botrytisé en finale, avec une pointe de massepain.

Compte-Rendu : David Rayer
 
 
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