• Français
  • English
  • German formal - Sie
Ecole de Dégustation de vins
Accueil arrow Carnet de notes arrow Alsace arrow Découverte d'un vignoble : Rosés des Riceys et Coteaux Champenois
 
Ecole
Accueil
Dernière minute !
Programme des dégustations
S'inscrire aux dégustations
Carnet de notes
Soirées spéciales
 
Découverte d'un vignoble : Rosés des Riceys et Coteaux Champenois Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Découverte d’un vignoble :
Rosés des Riceys et Coteaux Champenois

Par Vincent Morin





Grains Nobles Lundi 23 Juin 2008

___________________


Les Coteaux Champenois, ou « vins natures de Champagne », sont issus d’une très ancienne tradition bourguignonne de vins tranquilles, qu’ils soient rouges, blancs ou rosés. L’AOC ne date pourtant que de 1974 et n’a jamais vraiment intéressé les grandes maisons de Champagne qui gardent des volumes de production plutôt réduits. Moët a par exemple arrête sa production de Château de Saran, célèbre blanc tranquille. Seul Bollinger perpétue le mythe avec sa « cote de Enfants ». En revanche ; de nombreux petits producteurs maintiennent la tradition, qui permet aussi des rentrées de trésorerie plus rapides. C’est essentiellement une production de vin rouge, centrée sur la Montagne de Reims et sur ses pinots noirs vineux et fins.
Les rosés des Riceys est un sous-ensemble de ces vins, issus de la Cote des Bar (Aube), autour des trois villages des Riceys (Riceys Bas, Hauts et Hautes Rives). Une quinzaine de producteurs se partagent une cinquantaine d’hectares, les 300ha restants servant a la production de raisin pour du vin effervescent. Les vinifications sont courtes, bloquées dès qu’apparaît ce fameux goût caractéristique ; dit ‘goût des Riceys’. Les vins passent devant une commissions d’agrément qui opère une sélection plutôt drastique ; avec 15% de la production rejetée. Ces vins sont toujours millésimés, mais ne sont pas produits tous les ans. Il faut les servir frais et les boire plutôt sur leur fruit, dans leur jeunesse (avant 10 ans).
 

Rosé des Riceys Veuve Devaux 2005
Un bon vin pour débuter, jeune simple et caractéristique des Riceys. 100% pinot noir, issus de vignes exposées au sud, vinifié en vendanges entières et élevées en petites cuves inox puis sous bois. Très clair, sur les fruits rouges et peu complexe, d’une bonne fraîcheur mais au boisé un peu trop marqué.
12 /20

Rosé des Riceys Morel Père & Fils 2004
Issus de vignes plus âgées (30 ans), ce vin issu d’une production assez large pour la région (10000 bouteilles) suit à peu près les mêmes méthodes de vinification que le vin précédent. Le résultat est cependant plus homogène et plus typé, avec une belle fraîcheur et plus d’allant.
14 /20

Rosé des Riceys Olivier Horiot « En Valingrain » 2004
Rosé des Riceys Olivier Horiot « En Barmont » 2004


Deux vins dégustés simultanément, issus d’un seul et même producteur, Olivier Horiot, qui est également le seul à effectuer des sélections parcellaires sur ses vins. Les deux vins sont remarquables, Valingrain est plus rond, avec plus de matière et plus de gourmandise, Barmont est plus fin et élégant, avec un profil plus Bourguignon et une belle finale mentholée. C’est lui qui remporte le plus de suffrages parmi les dégustateurs présents.
15 /20 et 16/20 respectivement

Rosé des Riceys Alexandre Bonnet 2002
Produit par l’autre grande maison de la région (après Devaux) , c’est un vin plus âgé que les autres. Le millésime présentait une grosse matière qui a bien évolué. Les fruits rouges ont fait place à des notes plus fines, avec une jolie amplitude, démontrant que ces vins peuvent avoir un potentiel de garde. La bouteille manque toutefois de caractère par rapport aux deux vins précédents.
13/20
 
Coteaux Champenois Alexandre Bonnet 2002
Même maison, même terroir (lieu-dit La Foret) mais ici la vinification est plus longue et les vignes plus anciennes (40 ans). La cuvaison est plus longue, avec pigeage, suivie d’un élevage en fut. Plus structuré que le vin précédent, plus ambitieux aussi, c’est un joli vin sombre, de matière souple et avec des tannins déjà bien intégrés. Une réussite technique mais sans caractère particulier. Un vin bien fait, toutefois.
14/20

Coteaux Champenois Vendange 2003 Veuve A. Devaux

Dernier vin rouge issu de la région des Riceys, un vin issu du millésime atypique 2003. le vin parait plus mûr que les précédents, avec des notes plus évoluées, autour du pruneau, des épices et des fruits compotées. Le vin est agréable maintenant et ne semble pas destiné à une garde plus longue. Pas de défauts majeurs mais pas non plus de coup de cœur.
14/20

Coteaux Champenois Sillery Rouge Grand Cru François Secondé
Nous quittons les Riceys pour la montagne de Reims et plus précisément pour Sillery. Le parti pris de François Secondé est différent, avec une approche plus bio, des vignes âgées de plus de 40 ans et un élevage assez long en fut. Le résultat en au rendez-vous avec une bouche très vineuse, montrant une belle matière. En revanche, le nez est un peu plus brouillon et met du temps à se stabiliser. On est plus sur la corde raide et le vin ne fait pas l’unanimité. D’autre part, les deux bouteilles ne sont pas au même niveau. 
13/20

Coteaux Champenois Mareuil Rouge VV Roger Pouillon
Situé à Ay, ce vigneron fait des vins rouges dans la droite ligne des grandes maisons de la commune. Il y a dans ce vin une très belle recherche de maturité et de vinosité, avec peut-être un petit déficit d’acidité selon certains dégustateurs. Je fais partie des défenseurs de ce style de vin et il m’a beaucoup plu.  Attention, carafage indispensable, le vin se présentant plutôt mal a l’ouverture.
15/20

Coteaux Champenois Bouzy Rouge Benoît Lahaye

Le coup de cœur de nombreux dégustateurs de cette soirée est allé vers ce Bouzy. La encore, un élevage bio et un air de famille avec certains grands, comme les vins d’Egly-Ouriet. Beaucoup de noblesse et une précision extrême en bouche comme au nez, avec notamment une belle vinosité et un fruit croquant sans être compoté. De plus, le rapport qualité/prix est absolument remarquable. Une grande réussite.
17/20

Coteaux Champenois Bouzy Rouge Grand Cru Paul Bara 2000
Un vin un peu plus ancien et évolué que le précédent, mais qui reprend les mêmes caractéristiques. Un terroir noble 100% classé en Grand Cru, une robe brillante, beaucoup de fraicheur de vivacité, avec des notes de réglisse et de violette. Peut-être un peu moins de personnalité que le précédent, mais une confirmation de l’excellence du terroir de Bouzy et de ses vignerons.
16/20

Coteaux Champenois Cumières Rouge Premier Cru Georges Laval 2004
Changement de communes,  changement de style avec un vin issu de Cumières, avec l’arrivée de pinot meunier dans l’assemblage. Même recherche de maturité et de vinosité, mais le terroir de Cumières livre un vin plus minéral et plus terrien, un peu comme si l’on était passé de Volnay a Pommard.
15/20

Coteaux Champenois Cumières Rouge René Geoffroy 2004

La encore, un vin très fin, minéral, élégant.  Les 13 hectares de pinots noirs orientés sud-est sont récoltés très murs et ne subissent pas de fermentation malo-lactique.  Elevage de 10 mois en fut, léger collage, pas de filtrage. Le vin s’exprime parfaitement sur ses aromes de jeunesse et transmet a merveille ses aromes fruités (griotte) et sa fraicheur.  Au moins au niveau du précédent, une petite note de plaisir en plus ce soir-la.
16/20

Coteaux Champenois Vertus Premier Cru Larmandier-Bernier 2005
Nous quittons temporairement la Montagne de Reims pour une excursion chez un vigneron de la Cote des Blancs avec, une fois n’est pas coutume, un vin 100% pinot noir issu de vieilles vignes. Ici, le pari est visiblement de faire un vin de garde, exprimant un grand terroir. Et c’est gagné, avec ce vin ample, rond, épicé, fruite, déjà profond et dont le boisé, encore sensible à ce stade, ne demande qu’a se fondre pour atteindre encore un peu plus de noblesse (après 18 mois de fut, quoi de plus normal ?)
17/20

Coteaux Champenois Ambonnay Egly-Ouriet 2004

La référence du Coteaux  Champenois moderne chez le vigneron emblématique du pinot noir en champagne. Des vignes de 50 ans, une robe très claire, des notes de rose et de cerise, une bouche fraiche et une persistance superlative pour cet exemple de pinot noir tranquille. On pense immanquablement à la Bourgogne et en particulier aux vins de Dominique Laurent. Un grand vin à garder patiemment en cave au moins 3 à 5 ans.
18/20

Coteaux Champenois Bollinger Cote aux Enfants 1999
Vin surprise de la soirée, un grand classique de la maison Bollinger, hélas en voie de disparition ! L’air de famille avec le vin précédent est évident, mais dans un style plus classique et un peu plus austère, avec moins de prise de risque sur la vinification. Un magnifique vin issu d’un très grand terroir. A garder encore quelques années.
18/20

Coteaux Champenois Blanc Olivier Horiot “En Valingrain” 2005
Dégusté a l’aveugle, un très rare exemple de Coteaux Champenois blanc, qui plus est issu d’une sélection parcellaire (nous avons déjà évoqué le rouge de la même parcelle plus haut). Sur une base de chardonnay, un vin très vif, très gourmand, équilibré, encore un peu domine par son élevage sur bois… on se croirait sur un Premier Cru de Chablis. Un vin très réussi qui clôt joliment la soirée.
16/20

En résumé, les Coteaux Champenois se sont mieux goutés que les Roses des Riceys, avec une mention particulière aux plus beaux terroirs de pinot noir de la montagne de Reims (Ay, Bouzy, Ambonnay, Cumières). Une mention spéciale toutefois pour les magnifiques sélections parcellaires d’Olivier Horiot, l’une des découvertes de la soirée.


CR : Vincent Morin



 
 
Boutique
 
Commandes de vins
Verres et carafes
Salons des vins